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Samba Africa… |
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Sénégal! Sénégal! Sénégal… Pour peu, on se serait cru sur une plage à Dakar ou Ziguinchor, entouré d’une foule de «Guindés» déchaînés… Pourtant il n’en était rien. Nous avions pieds sur le sable fin de Rio de Janeiro, au Brésil. A Copa Cabana, au Beach Arena Soccer, qui accueillait, comme il est désormais de tradition, l’élite mondiale. Un pèlerinage qui s’effectue, chaque année, depuis une décennie. Et les «aficionados» bigarrés, massés dans les travées de ce temple sacré (qui sort de l’ombre du Maracana, son grand voisin), n’avaient d’yeux que pour les Sénégalais. |
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Ces merveilleux «Lions de la Téranga» qu’ils avaient adoptés, vivaient le glas de leur aventure. Trois buts les séparaient, hélas, d’une équipe de France réaliste, retrouvée le temps d’un quart de finale. Durant le compte à rebours fatal, le public conquis, voulait encore croire au miracle. Sans doute l’idylle née dès les premiers instants du tournoi était poignante. Les «Cariocas» avaient succombé au charme des joueurs d’Ibrahim N’Diaye, bien avant leur faux pas devant les tricolores français. Le seul commis durant une semaine particulièrement intense et éprouvante. Dans leur groupe, les vices champions d’Afrique (qui arrivaient pour apprendre) avaient pourtant donné la leçon. Une démonstrat ion de réalisme et d’efficacité ! Une application de tout instant, ponctuée de gestes justes, qui a brisé bien des stéréotypes. Enfouis donc sous le sable de Rio, ces clichés qui assignent les équipes africaines à un jeu extrêmement physique, lorsqu’il n’est pas décrit comme dénudé de stratégie. L’instinct, quoi! Le Japon, l’Uruguay et l’Italie avaient sombré corps et biens, sous le diktat de Pape Koukpaki et ses partenaires, dans une ambiance festive. Champions d’Afrique en titre, les « Beach Eagles » du Nigeria n’étaient pas en reste. Les uns après les autres, leurs adversaires tels la France ou l’Argentine, habitués de la messe, avaient regardé, impuissants, le sable se dérober sous leurs pieds… |
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L’Afrique debout après le premier tour, tel ce « Pain de sucre » majestueux qui domine l’horizon, avait fière allure et bonne réputation lors de ce sommet mondial de Rio ! Tant et si bien que le Beach, «version réduite du foot» (disent encore les sceptiques), semblait lui aller comme une chevillière. Sénégalais et Nigérians, dans une quiétude déconcertante, ont marqué leur territoire, tout en collectionnant les bons points. On aurait juré, mordicus, voir à l’œuvre deux vieux briscards. En effet, très vite, ils avaient tout compris. Un jeu direct, et en première intention. Une efficacité maximale dans les déplacements. Difficile donc de les manipuler, voire de les contrer. A leur décharge tout de même, un déchet considérable sur les balles arrêtées, ainsi qu’un manque d’explosivité. Deux aspects fondamentaux, à travailler donc, et qui les séparent du sommet du Beach. C’est grâce à ses «phénomènes» tels Buru, Daniel, Bethino, capables de marquer à tout instant (et dans toutes les positions), que le Brésil s’est distingué du reste de la planète! |
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La réussite de nos fleurons ne doit pourtant rien au hasard. Tant le jeu de ballon, sur le sable, semble se confondre avec l’origine du football en Afrique. Depuis le Golfe de Guinée jusqu’au cap de Bonne Espérance, on joue au football sur les plages, toute l’année ! Sans le savoir, les jeunes Africains se sont façonnés, au fil des ans, aux exigences de ce sport. De manière tout à fait ludique, ils ont adapté leur corps et leur mentalité à la pratique du Beach Soccer. Dès lors, la réussite du Sénégal et du Nigeria à Rio devrait aider à répondre à une question émergente. Peut-on faire du Beach soccer sur le continent, un sport majeur, à l’instar de son grand frère, le football sur gazon ? Sans aucun doute. Et les arguments en sa faveur ne manquent pas. D’abord parce que le Beach est autrement moins exigeant sur le plan financier que son aîné. Pas besoin d’un entretien particulier de l’aire de jeu. Il fait beau toute l’année ! Les tribunes et gradins se montent facilement, et ce, dans un espace réduit. Il y a des plages à foison, peuplée par une jeunesse qui déborde de vitalité. Ce sport, tonique et captivant, serait même un petit coin de ciel bleu dans la grisaille qui perdure… |
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Le potentiel est donc là, sans limites, sous nos yeux. Reste à le structurer, le formaliser, pour en faire une force. L’exemple existe. Il vient aussi d’Afrique, certes d’une autre discipline. Mais, l’esprit et la volonté infaillible d’entreprendre transcendent toutes les barrières. Dans le rifle, les petits Kenyans se sont adaptés aux conditions de vie particulièrement difficiles. D’une calamité que le sort leur avait cruellement réservée, ils ont fait un atout considérable. Ces joyeux gamins parcourent parfois des dizaines de kilomètres pour se rendre à l’école. Sans le savoir, ils se sont forgé des corps et un moral d’athlète de haut niveau, qu’un encadrement sans faille est venu transformer en redoutables machines à courir. Aujourd’hui, les athlètes kenyans sont au sommet de la pyramide des courses de fond. Des références que le monde entier envie à l’Afrique. |
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13/11/07
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