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Et si on faisait le point !

Par Jacques Tidji.
Il y a deux viatiques pour affronter l’incertitude d’une compétition comme la CAN. Le premier c’est l’ambition; le second, c’est la stratégie. A condition d’avoir ou de s’en donner les moyens. Après la deuxième journée de la CAN, le moins qu’on puisse dire est que le paysage du football africain est en pleine mutation. On observe une recomposition salutaire. Ambitions et stratégies s’opposant ici et là. Et tout d’abord, la plus belle satisfaction de ce début de compétition : le Mali de l’excellent Kanouté, qui aura certainement fait un choix déterminant et surtout intelligent de rejoindre la sélection malienne au détriment de l’équipe Espoirs de France où son avenir était teinté d’incertitude. La pleine conscience de l’incertitude est devenue la pleine conscience d’un pari pour le buteur malien. Ces Aigles là volent vraiment très haut !
Bien bas, volent en revanche les autres Aigles, les verts, les «Green Eagles» nigérians qui ont perdu leur entame de compétition face à des Marocains très entreprenants, bien décidés à aller loin dans cette compétition. Les Lions de l’Atlas rugissent fort et ils n’ont pas fini d’étonner. Si Badou Zaki, le sélectionneur marocain prouve qu’un Africain peut être une excellent sélectionneur national, les vieux démons ont ressurgi du côté de la sélection du pays de Stephen Keshi, dont l’absence se fait cruellement sentir au sein de l’encadrement technique. Malgré les cris d’orfraie de la star de Bolton, Jay-Jay Okocha, la formation nigériane semble bien balbutiante, comptant sur la providence pour espérer une hypothétique qualification au second tour. Un second tour qui verra les Tunisiens, maîtres chez eux. Vainqueurs à deux reprises, ces Aigles ont pris leur envol de bien belle manière. Sauf accident, les poulains de Lemerre iront loin, voire…très loin. A condition que, Dos Santos, le buteur de service soit en forme.
Une forme que le Cameroun du «serial buteur» Patrick Mboma semble avoir retrouvé après son match nul de Sousse face à des Algériens euphoriques. Les Lions indomptables ont repris du poil de la bête face aux modestes, mais surprenants Zimbabwéens. Ils ont marqué cinq buts, mais en ont pris…trois. Une défense tatillonne, un Rigobert Song moyen, très moyen dans un axe qui ressemble à un boulevard. Dans les buts, le jeune Idriss Carlos Kameni est curieusement passé à côté de son sujet. On se demande pourquoi ne pas avoir aligné le libéro Mettomo, pourtant utile dans l’axe défensif camerounais. La réponse : «il semblerait le capitaine Song et Lucien Mettomo sont à couteaux tirés». Sacrés Camerounais! A la hauteur de leur réputation… Une réputation que l’Algérie a réussi l’espace d’un match à mettre à mal, en contraignant les quadruples champions d’Afrique à un match nul peu glorieux. Des Algériens qui ont réglé un vieux contentieux avec l’Egypte d’un Mido aphone. Une victoire fêtée dans les rues d’Alger comme il se doit. Mais, attention, la compétition n’est pas terminée, elle ne fait que commencer. Question de stratégie…
Une stratégie qui a cruellement fait défaut au Sénégal, d’un Diouf, dont les chevilles et la tête ont «tellement enflé» ces derniers temps qu’il en devient un poids pour ses coéquipiers des Lions de la Téranga. On l’a vu le Diouf, moyen et penaud après le modeste nul concédé aux valeureux Burkinabé. Heureusement que le second match contre la très moyenne formation kenyane composée de quelques touristes et d’éclopés, gagné 3 buts à 0 a permis de garder quelque espoir pour la suite. Une suite que ne connaîtront pas les Léopards de la RD Congo. Quel gâchis ce carton rouge de Lualua contre la Tunisie. «Stupide», reconnaîtra l’intéressé qui s’est enflammé et traité de tous les noms les organisateurs tunisiens avant de faire son mea culpa. Sûr qu’il leur manque cruellement, Shabani Nonda. Question d’expérience.
De l’expérience de la haute compétition, elle en n’a pas tant que ça la sélection guinéenne. Et pourtant, la bande des quatre : Souma-Titi-Mansaré-Feindounou est redoutable. Ce Sylli, c’est du bon cru. Il ne demande qu’à se bonifier. Une bonification qu’on espère pour les Béninois du président Martin Adjagodo. Jeunes, volontaires, ils ne demandent qu’à mûrir et s’aguerrir. Ils sont sur la bonne voie, mais, leur manque de compétition à l’image de la sélection du Zimbabwe se fait sentir. L’Afrique du Sud voisine, qui assure en coulisses un lobbying de haut niveau pour sa candidature à l’organisation de la Coupe du Monde 2010 gère avec intelligence son parcours dans cette compétition. En clair, l’essentiel n’est pas de participer, il faut…gagner ! La Tunisie, le Mali, le Cameroun et l’Afrique du Sud l’ont compris. La Guinée, le Sénégal, l’Algérie et le Maroc rêvent aussi du sacre. Pour le Rwanda, Burkina Faso, l’Egypte et le Nigeria, les espoirs sont encore permis. Quant au RD Congo, au Kenya, au Zimbabwe et au Bénin, sauf miracle, c’est la CAN des illusions…perdues. Tout est question d’ambition et de stratégie disions-nous.
Jacques Tidji.

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