La Finale de la CAN 2004 Archives
Finale CAN 2004 : Les «Aigles de Carthage» survolent l’Afrique

Par Charly Mouna à Radès

Samedi 14 février 2004

Stade de Rades, spectateurs : 60 000
Tunisie Maroc 2-1 (1-1)
Arbitre: Ndoye Falla (Sénégal)
Buts : Dos Santos (4ème ), Jaziri (51ème) pour la Tunisie
Mohktari (38ème) pour le Maroc
Avertissements: Maroc: Roumani (21ème), Naybet (76ème )

Tunisie : Boumnijel-Trabelsi, Jaidi, Hagui, Clayton- Chadli, Bouazizi, Nafti (Mnari 46ème), Benachour (Ghodbane 56ème)-Jaziri (Mhadhebi 70ème ), Dos Santos

Entraîneur : Roger Lemerre (France)

Maroc : Fouhami-El Karkouri, Ouaddou, Naybet, Roumani (Zairi 73ème )- Regragui, Safri (El Yagoubi 62ème ), Kissi, Mohktari- Chamakh, Hadji

Entraîneur : Badou Zaki.

Les 60 000 spectateurs, qui avaient pris d’assaut les travées du Stade de Radès, n’ont pas été déçus. La grande finale attendue entre les deux meilleures équipes du tournoi a bien eu lieu. Au bout d’une partie pleine et intense, la Tunisie a battu le Maroc par deux buts à un. Un succès mérité pour les «Aigles de Carthage» qui se sont battus becs et ongles pour ravir le trophée, face à un adversaire hésitant et fébrile en défense.
Pris à la gorge d’entrée de jeu par des joueurs tunisiens plus agressifs, les Marocains allaient se replier devant le but de Fouhami. Mal leur en avait pris, puisqu’ils allaient concéder un but d’entrée de jeu (4ème minute) par Santos. L’attaquant, qui signait son quatrième but dans la compétition, reprenait un centre en drope de Nafti, venu de la droite. La fébrilité des joueurs de Zaki ne faisait aucun doute. A deux reprises, les Tunisiens auraient pu inscrire le but du break, par Jaziri (6ème minute), puis à nouveau par le remuant Santos (14ème minute). Las de subir, Safri et sa bande passèrent enfin à l’attaque. A la 16ème minute, Chamakh devançait de la tête la sortie de Boumnijel. Mais l'essai du jeune attaquant n'était pas cadré. Les «Verts» du Maroc continuaient à se montrer fébriles en défense. Chadli (25ème minute) se retrouva étrangement seul dans la surface de réparation. Mais son tir était trop enlevé. L'équipe de Tunisie, qui avait entamé la partie pied au plancher, se permettait de relâcher la pression qu’elle exerçait alors. On la pensait totalement maîtresse de la situation, lorsque se produisit un coup de théâtre. Le Maroc réussissait l’égalisation, au grand dam du public de Radès.
Sur un mouvement venu de la droite, Hadji servit intelligemment Mohktari en retrait. Ce dernier reprit d’une tête plongeante (38ème minute). Le Maroc allait dès lors montrer un meilleur visage, en monopolisant le ballon au milieu du terrain. Une reprise de Chamakh était même difficilement repoussée par Boumnijel des deux poings (41ème minute). Ce sont les locaux qui allaient cependant se créer la dernière occasion de la première période, par Hagui de la tête.
Après qu’Okocha, le funambule nigérian, eut reçu son trophée de meilleur joueur du tournoi, la seconde période pouvait enfin commencer, avec un changement côté tunisien. Nafti, auteur d’une passe décisive, cédait sa place à Mnari au milieu. Comme en début de rencontre, les Tunisiens allaient à nouveau allumer les premières mèches. 51ème minute : Clayton, comme en début de rencontre s’avança et tira à ras de terre. Fouhami le gardien, pourtant bien placé, relâchait. Mais Jaziri, à l’affût, reprenait (2-1). Le même Jaziri récidiva trois minutes plus tard, mais l’arbitre annula son but pour hors-jeu. Le public tunisien, un peu crispé depuis le but marocain, retrouvait de la voix. Mais le match baissait quelque peu en intensité (comment pouvait-il en être autrement?). Toujours est-il que Badou Zaki lança ses dernières armes dans la bataille, en incorporant El Yagoubi, puis Zairi en attaque. Roger Lemerre avait déjà choisi de jouer le contre, en propulsant le véloce Mhadhebi à la place de Jaziri, sans doute le meilleur homme du match, avec son gardien, Boumnijel. L’intensité monta encore d’un cran. Mais avec la fatigue, le jeu était toujours alerte, mais plus haché. Badou Zaki avait beau donner de la voix, ses protégés butaient sur une défense bien organisée. Les hommes de Roger Lemerre allaient puiser dans leurs ressources pour conserver ce résultat. La Tunisie devenait championne d’Afrique pour la première fois de son histoire !
Charly Mouna à Radès

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