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Martin ADJAGODO : «Les Scorpions de Madagascar seront mordus à Cotonou…»

Par BOB ASSANI CHAKOURI à Cotonou

A quelques heures de ce match fatidique entre le Bénin (Ecureuils) et Madagascar (Scorpions) comptant pour les préliminaires conjoints de la CAN et du Mondial 2006, la rédaction d'Africafoot.com a rencontré pour vous Martin ADJAGODO, Président de la Fédération Béninoise de Football. A travers l’interview exclusive qu’il nous a accordée, le président de la Fédération Béninoise de Football évalue les chances du Bénin devant Madagascar, celles à la CAN 2004 et le programme de préparation pour le rendez-vous de Tunis. Entretien.
Africafoot.com : Monsieur le président de la Fédération Béninoise de Football (FBF), après le 06 juillet dernier, tout le Bénin sportif attend encore de vous un autre défi. Celui de faire qualifier le Bénin pour les matchs de poule de qualification de la CAN et du Mondial 2006. Quelles sont les dispositions prises pour que, effectivement, ce rêve soit une réalité ?
Martin ADJAGODO : D’entrée, je puis vous rassurer, qu’il plaise à Dieu, aux mânes de nos ancêtres, les Scorpions seront mordus à Cotonou le 16 novembre prochain. Je le dis d’autant plus que, c’est vrai, le comité exécutif que je dirige, s’était engagé pour la qualification du Bénin à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2004 et / ou aux compétitions Junior - Cadet. Nous sommes heureux qu’aujourd’hui tous ces objectifs soient atteints. Naturellement, vous le savez, nous nous sommes qualifiés après notre victoire flamboyante sur la Zambie et sur les autres équipes de notre groupe. Nous sommes qualifiés d’office avec un bon score, c’est à dire un bon goal avec une certaine rage, qui autorise de dire que le meilleur buteur est béninois. Ainsi, il faut le dire, nous allons jouer le 16 novembre prochain contre Madagascar à domicile. Je crois que c’est une gloire à rendre à Dieu. Vous savez, ce n’est pas l’œuvre du hasard. C’est une manifestation de la volonté divine, sinon, dès lors que nous sommes qualifiés pour la CAN 2004, nous pouvons dormir sur nos lauriers, étant entendu que les objectifs ont été atteints. Mais il se trouve que nous avons su convaincre le gouvernement et un certain espoir est né au sein du peuple, par rapport au football, que nous n’avons plus le droit de trahir. C’est cette volonté manifeste du peuple que nous tenons à sauvegarder par une victoire à domicile. Vous convenez avec nous que, tenir en échec Madagascar sur ses propres installations, par un score nul de 1 but partout (1 – 1), suppose une victoire à domicile. Evidemment, le Football n’est pas une science exacte et rien, comme tout match, n’est gagné d’avance. Mais, à Cotonou, le 16 novembre prochain, qu’il plaise à Dieu, ce sera la victoire à Cotonou.
Africafoot.com : On apprend que l’équipe malgache vient d’être renforcée par d’autres professionnels. Etes vous sûr de franchir le Rubicon de Madagascar ?
Martin ADJAGODO : Je vous ai dit tantôt que l’objectif de la FBF, c’était de qualifier le Bénin à une phase finale de coupe d'Afrique de «pros». C’est d’abord une affaire de foi, de tout un peuple qui croit en quelque chose et qui a une volonté manifeste de changement qualitatif. Vous savez, ce n’est pas un coup de hasard. Lorsque nous avons pris en charge, le 2 juin 2001, le comité exécutif, c’est à dire les destinées de la FBF, c’était sur la base de la foi. Nous sommes partis, peut être de nulle part, mais vous voyez vous-mêmes le résultat auquel nous sommes parvenus. Ce n’est pas une Coupe d’Afrique (2004) ou une compétition d’âge, c’est à dire Junior et Cadet. Tous ces objectifs heureusement ont été atteints de par notre qualification pour la CAN - 2004 mais aussi par l’organisation de la coupe d’Afrique des Nations 2005 qui qualifie d’office le Bénin pour la CAN - junior. Mais au-delà de cela, quoi que Madagascar puisse faire, je puis vous assurer qu’il sera battu à Cotonou. Ce n’est l’œuvre du hasard, c’est une manifestation de la volonté divine d’un changement qualificatif renforcée par une volonté populaire, que nous essayons, à notre niveau, d’aiguiser. Nous avons deux objectifs: convaincre le gouvernement de nos objectifs et motiver l’opinion publique. Nous avons pu réussir cela aujourd’hui; nous rendons gloire à Dieu.
Africafoot.com : Vous êtes sûr de la qualification les Ecureuils, mais quelque part on constate que la FBF ne respecte pas souvent le programme de préparation. On avait en son temps annoncé une mise au vert à l’étranger, mais, au finish, cela n ‘aura pas lieu. Pourquoi ?
Martin ADJAGODO : Oui ! Monsieur le Journaliste vous avez raison, et il faut aussi donner raison à ceux qui le disent. Mais tout part des disponibilités. Vous savez, que ce soit vous et moi, nous n’avons pas l’expérience des grandes compétitions, encore moins l’Etat béninois. C’est une première pour lui. Et tout ce qui se passe aujourd’hui relève de la non-prévision budgétaire (je n’ose pas dire imprévision budgétaire ). Il faut louer la volonté politique du gouvernement, parce que ce n’est pas facile. Sortir des millions sans en avoir en retour, il faut avoir une grande motivation. Vous savez, pour rencontrer les équipes (pour des matches amicaux) c’est une question de préparation : Vous programmez. Et lorsque vous n’êtes pas intéressant, à l’étape, les gens ne vous croient pas. C’est à vous de sortir les moyens de votre politique pour convaincre l’opinion publique. Imaginez le Bénin à quelques mois, à quelques jours de la CAN, combien d’articles de publicité trouvez-vous dans la ville maintenant, qui chantent les gloires du Bénin ? Combien d’agences de voyages se sont offertes pour organiser le déplacement des Béninois ? Et il ne faut pas avoir peur de le dire, nous ne regrettons pas d’avoir à nous confronter aux équipes comme l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Maroc, parce que le monde entier reconnaît qu’il existe une équipe béninoise.
Africafoot.com : Concernant ces préparatifs, l’entraîneur se plaint du fait qu’il n’a pas le contact des joueurs évoluant à l’étranger. Qu’est-ce qui pourrait actuellement permettre d’avoir le contact de ces joueurs qu’il exige ?
Martin ADJAGODO : Moi, ce que je sais en tant que président du comité exécutif, il ne peut pas être mon rôle d’être au chevet de l’équipe nationale, mais de définir la politique de l’équipe nationale. Et à ce titre, je puis vous apprendre que nous avons mis en place une structure dénommée "commission des équipes nationales" que dirige d’ailleurs mon premier vice-président. Moi, je sais qu’à ce niveau là, les contacts sont pris avec les joueurs. C’est ce que je peux vous dire. Si l’entraîneur, ne l’a pas, il lui suffit de demander à l’encadrement (au secrétariat) la liste et les numéros, les contacts des joueurs. Il est normal qu’il ait le contact des joueurs, le contraire ne serait pas bon. Donc, si cette situation existe, moi, je la déplore, et je trouve qu’il revient à chacun de nous de jouer sa partition. A lui de demander et nous d’en donner.
Africafoot.com : Après Madagascar, quelle sera la suite, parce qu’il va falloir entamer le programme de préparation réelle pour Tunis 2004. Peut-on déjà avoir idée ?
Martin ADJAGODO : Vous dites cela comme si rien n’était fait. Je peux vous dire que quelque chose est fait. Maintenant, il reste à mieux faire encore. Je suis d ’accord avec vous que cela doit se poursuivre. Amis, la rencontre même du 6 novembre participe à la préparation de l’équipe nationale. Pour ceux qui ne le savent pas. Il est vrai que nous sommes en compétition pour les préliminaires de la coupe d’Afrique et de la Coupe du monde de 2006, mais il est vrai aussi que cela participe à la technique de l’équipe pour la CAN 2004, et en cela certifie que l’entraîneur que l’entraîneur est parfaitement conscient, et que tous les "pros" seront rappelés pour cause nationale.
Africafoot.com : Pourra –t-on assister à une probable mise au vert des Ecureuils à l’extérieur ?
Martin ADJAGODO : Je vous ai dit tantôt que tout part de la disponibilité budgétaire de l’Etat. Pour ce que je sais, l’équipe ne pourra pas se lever de Cotonou pour aller directement tomber Sfax, en Tunisie. C’est sûr que l’équipe devra se poser quelque part, et cela, je peux vous l’assurer. Les dispositions sont en train d’être prises, et en temps opportun nous vous en communiquerons les résultats.
Africafoot.com : Le président de la FBF sera –t-il présent au stade le 16 novembre prochain ?
Martin ADJAGODO : Oui. Je sais pourquoi vous posez la question : c’est parce que vous avez appris que je suis désigné comme commissaire de la FIFA. Oui, je suis commissaire de FIFA pour le match Ghana # Somalie, mais je serai au stade le 16 novembre prochain, contrairement à ce que vous pensez.
Africafoot.com : Monsieur le Président, le Bénin sera fortement représenté à la prochaine Coupe d'Afrique des Nations, non parce que nous sommes qualifiés, mais aussi par le sifflet béninois, à travers notre arbitre international "Bona" et aussi par le biais de LC2 International de notre compatriote Christian Enock LAGNIDE, qui a acquis les droits de retransmission de cette prestigieuse fête. Qu’est ce que cela vous inspire comme sentiments ?
Martin ADJAGODO : Je rends gloire à Dieu et je m’en félicite parce que je ne suis étranger à aucune des nouvelles que vous prétendez m’apporter. Je suis très heureux, surtout pour l’ami Christian LAGNIDE, mais aussi pour mon ami CODJIA qui fait la fierté de notre pays et qui, je le dis ici, mérite très bien le rôle qu’il joue. Mon souhait est que tous les autres essaient de se rallier et de suivre son exemple, de savoir que c’est dans la technicité qu’ils peuvent réussir. Ce n’est pas dans la tricherie, pour ce que j’en sais. L ’arbitre est le seul maître sur le terrain mais qui, à ce prix, refuse de se tromper. L’arbitre est seul maître sur le terrain, et pendant 90 minute, refuse de se tromper. C’est une légitime fierté pour moi et pour tout le peuple béninois, ce sont des gens que nous devons soutenir et auréoler davantage pour le travail élogieux qu’ils savent faire.
Africafoot.com : Un mot sur les adversaires des béninois à la CAN 2004. Je veux parler du Nigeria, du Maroc et de l’Afrique du Sud.
Martin ADJAGODO : Je les respecte tous, ces adversaires. Mais ils ne m’effraient pas. En réalité, je vous le dis, moi je n’ai pas peur d’eux. Le Bénin jouera d’égal à égal contre l’équipe de l’Afrique du Sud, celles du Maroc et du Nigeria. Je ne sais pas pourquoi on s’inquiète. Nous ne pourrons rencontrer que des grands. C’est indéniable. Et puis, je le dis ici publiquement, l’équipe du Bénin, est crainte. C’est nous qui ne savons pas ce que nous représentons. Les autres ont peur de nous. Si vous prenez l’Afrique du Sud, le Maroc et même le Nigeria, le Bénin fait peur parce qu’on ne le connaît pas. Quelle est cette équipe qui bat tout le monde par des scores incroyables de 3-0, 4-0 ? Quelle est l’équipe que vous avez vue venir ici nous battre ou que nous avons battue ici 1-0 ? Le score est toujours lourd et Madagascar ce sera encore plus ou moins pareil. Moi, je vous rassure que contrairement aux idées pernicieuses, le Bénin est dans un bon groupe et peut faire très mal.
Africafoot.com : Quel sera donc l’objectif ? Aller apprendre, ou franchir le premier tour, ou les 1/2 finales ou tenter de poser un baiser sur ce trophée continental ?
Martin ADJAGODO : L’objectif du bureau de la FBF, que je dirige depuis le 2 Juin2001, est de qualifier le Bénin à la CAN de 2004. Maintenant un certain espoir est né au sein du peuple. Et une certaine motivation au niveau de l’exécutif. Nous n’avons plus le droit de le trahir. C’est ça notre préoccupation aujourd’hui. Donc, il ne s’agira pas d’aller à Tunis dans l’objectif de vaincre mais d’accepter le résultat qui viendra, parce qu’il faut faire aussi la promotion du football béninois. Jouer contre l’Afrique du Sud en compétition, c’est une fierté pour le Bénin.Le monde entier saura qui est le Bénin. Jouer contre le Maroc qui est mondialiste, c’est une fierté pour le Bénin. Jouer contre le Nigeria, notre voisin, c’est une plus grande fierté encore pour le Bénin. L’essentiel est de faire connaître le Bénin à l’extérieur, notamment en matière de football. Dès lors, le monde entier saura qu’il existe un pays qui s’appelle le Bénin, puisque nous sommes peu connus à ce niveau et même sur l’échiquier du football africain. Le meilleur instrument diplomatique aujourd’hui, c’est le football. C’est le sport en général, mais le football en particulier. Et à ce niveau, si nous jouons bien, ce sera encore une grande fierté pour le Bénin.
Africafoot.com : A quelques jours de cette rencontre fatidique contre Madagascar, avez-vous un appel à lancer aux publics béninois qui attend encore beaucoup de votre comité exécutif?
Martin ADJAGODO : Ce que je souhaiterais dire au public sportif, c’est surtout comme par le passé, une adhésion populaire, mais aussi et surtout le calme, la sportivité, le fair-play. Nous devons savoir éviter l’agressivité, surtout contre l’adversaire. Il faut éviter de lancer des pierres, des bouteilles, des plastiques, éviter d’injurier. Il faut que la police libère les aires. Nous, au niveau du comité exécutif, nous effectuerons l’organisation de manière à éviter cela. Mais que le peuple y participe pour alléger la tâche de la Fédération, pour que l’extérieur, les organes de contrôle et autres officiels de la CAF qui seront présents, observent que nous avons de la maturité sportive et que nous sommes un véritable peuple sportif. C’est cela surtout ce que je souhaite, et qu’il plaise à Dieu, notre victoire sera effective le16 novembre prochain.
Propos recueillis par BOB ASSANI CHAKOURI à Cotonou

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