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DIAKITE Seydou, Président de la Fédération Burkinabé de Football : «Les rencontres de football ont toujours permis une amorce de négociations vers la paix.»

Par Jacques Roux à Gammarth

Africafoot.com : Pensez-vous avoir eu la main heureuse après ce tirage au sort ?
DIAKITE Seydou : Pas du tout, nous sommes dans une poule relativement compliquée. Et puis, toutes les poules sont difficiles, n’oublions pas que ce sont les seize meilleures nations du continent qui se retrouveront en Tunisie à partir du 14 janvier 2004. C’est le grand rendez-vous de la famille sportive du continent et l’on ne se retrouve pas ici par hasard. Toutes les poules sont relevées à mon avis. Aucune nation ne viendra se tourner les pouces ici à Tunis, chacun viendra défendre ses chances, malgré la force du Sénégal qui passe pour être l’épouvantail du groupe. Il est vrai que c’est la sélection la plus expérimentée de notre poule, elle a de bons joueurs qui sont pétris de talents. D’un autre côté, nous avons un tournoi et chacun se préparera en conséquence.
Africafoot.com : Après l’organisation de la CAN 98 au Burkina Faso, nous avons remarqué une progression impressionnante de votre football à ce jour. Pensez-vous posséder les moyens humains pour remporter une coupe d’Afrique des Nations ?
DIAKITE Seydou : Je vois que cela fait sourire mon ami le président de la fédération royale marocaine, notre objectif n’est pas là. Nous allons nous battre pour aller le plus loin possible, d’abord en quart de finale, ensuite en demi-finale et ensuite nous verrons. Nous avons besoin de faire un bon parcours dans cette compétition.
Africafoot.com : Rwanda contre RD. Congo ?
DIAKITE Seydou : Vous savez, le football est un domaine où les gens les plus opposés se retrouvent souvent. Les rencontres de football ont toujours permis une amorce de négociations vers la paix. C’est un espace de tranquillité et de compréhension. Je me souviens encore en 1998, lors de la coupe du monde en France, tout le monde annonçait la rencontre entre l’Iran et les Etats-Unis comme un match à hauts risques. Il n’en a été rien, au contraire, les joueurs ont démontré autre chose et cela fut un match positif sur tous les plans. Dans des stades l’on a l’habitude de voir des nations qui se détestent avoir un autre comportement que celui affiché par les dirigeants. Je crois que ce tirage au sort n’est pas innocent, cela est peut-être l’amorce d’une réconciliation entre les deux peuples. Ce n’est pas le football qui oppose les hommes, c’est la politique. Je prie fort pour que ce soit un début de réconciliation entre le Rwanda et le RD. Congo. Ce que la politique ne peut pas faire, le plus souvent, le football le fait.
Jacques Roux à Gammarth

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