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Moussa Latoundji : «Nous sommes des petits aux dents longues»

Par Emmanuel Huesu à Londres

A 27 ans, Moussa Latoundji est un peu le doyen de l’équipe nationale du Bénin. International depuis l'âge de 19 ans, Moussa n’a jamais participé à une phase finale de Coupe d’Afrique des Nations, tout comme son pays. Le sociétaire de Energie Cottbus, un club de D2 en Allemagne, a mis son talent et ses expériences acquises au Julius Berger du Nigeria, à Metz en France et aujourd'hui en Bundesliga, au profit de la renaissance du football béninois. Apres de longues années de labeur avec les Ecureuils, voilà enfin la lumière au bout du tunnel pour le génial buteur qui piaffe d’impatience de vivre la grande messe du football en Tunisie au mois de Janvier 2004 (La CAN 2004 aura lieu du 24/01/04 au 14/02/04). Il faut avouer que le Bénin aura fort à faire devant de vieux briscards du football africains que sont ses adversaires de poule, le Maroc, L’Afrique du Sud et le Nigeria. Le Bénin est tombé dans "le groupe de la mort", mais Latoundji estime que le challenge n’inquiète pas les Ecureuils. La détermination du compagnon d’attaque de Oumar Tchamogo (Guingamp-L1 France) meilleur buteur de la phase éliminatoire de la CAN (5 buts), est sans faille. L' Ecureuil veut casser des noisettes à la CAN!
Nom : Latoundji
Prénom : Moussa
Date de Naissance : 13/08/78
Lieu de Naissance : Cotonou
Taille : 1,82m
Poids : 72kg
Statut : International A
Nationalité : Béninois
Club actuel : Energie Cottbus (Allemagne) depuis 1998
Parcours : FC Metz (France) Julius Berger Lagos (Nigeria),
Dragons de Ouémé (Bénin)
Palmarès :
Africafoot.com : Moussa, peut-on dire que le Bénin a eu la malchance de tomber sur de grosses écuries que sont le Maroc, L’Afrique du Sud et le Nigeria?
Moussa Latoundji : Je ne pense pas que ça soit une malchance. C’est plutôt une occasion pour nous de démontrer de quoi nous sommes capables et de prouver que nous n’avons pas volé notre qualification. Nous savions bien que nous ne pouvions éviter de nous frotter avec les grands si nous voulons vraiment progresser. Mais nous n’avons pas peur. Nous respectons juste nos adversaires qui sont les meilleurs du continent. Mais bon, la balle est ronde pour tout le monde.
Africafoot.com : Vous auriez quand même aimé éviter trois Mondialistes, non ?
Moussa Latoundji : Nous n’avions pas de choix, c’est la loi du tirage au sort. C’est vrai que c’est dur pour nous. Maintenant, qu’on ne nous enterre pas trop vite. N’oubliez pas surtout qu’on a éliminé la Zambie et le Soudan qui ont été une fois vice et champions d’Afrique. Nous irons en Tunisie décontractés, car nous n’avons rien à perdre. Les pressions, elles sont sur les épaules de nos adversaires. Si nous perdons nos trois matches de poule, personne ne criera au scandale. Par contre on peut réécrire une page de l’histoire du football africain en emmerdant ces trois équipes. La vérité est sur le terrain, pas en dehors...
Africafoot.com : Le Bénin peut-il vraiment surprendre?
Moussa Latoundji : Mais nous avons déjà surpris en battant la Zambie! Nous sommes des petits aux dents longues. Nous sommes une jeune équipe bourrée de talent et d’ambitions. Vous savez, nous voulons frapper un grand coup pour notre avenir et pour notre pays. Il y a dans le groupe beaucoup de jeunes qui veulent s’exprimer à cette Coupe D’Afrique. Je crois que nous aurons notre mot à dire dans notre poule, nous n'irons pas à la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2004) en victimes résignées.
Africafoot.com : Qu’est-ce qui fait la force des Ecureuils ?
Moussa : Latoundji : La solidarité, le travail et l’ambition. Nous avons un groupe uni et en plus un très bon coach... Le Ghanéen Atequayefio nous a beaucoup apporté. Il est sans doute le meilleur entraîneur africain en ce moment. Il nous a mis en confiance en créant une ambiance extraordinaire dans le groupe et nous appris à mouiller le maillot. Avec lui, nous sommes toujours super motivés.
Africafoot.com : Comment allez-vous préparer pour la CAN ?
Moussa Latoundji : Les dirigeants s’en occupent et je suis persuadé que rien ne sera laissé au hasard. L’état est prêt à déployer les moyens pour notre préparation. Quand le président Kerekou nous a reçus après notre qualification, il a promis de veiller à ce que nous ne manquions de rien. C’est un homme de parole. C'est une affaire de tout un peuple qui a attendu longtemps une participation de la sélection nationale en Coupe d'Afrique des Nations. Je suis sûr que nous aurons un soutien inconditionnel de toute la nation. Imaginez seulement notre qualification en quart de finale... ce sera la folie !
Africafoot.com : Faites-nous un pronostic. Qui remportera la CAN ?
Moussa Latoundji : Le Bénin ! Non je rigole (il éclate de rire). Nous sommes peut-être un peut trop tendres, mais il y aura des surprises, ça c’est sûr. Que les favoris du départ, qui sont le Cameroun, Le Nigeria et la Tunisie ne dorment surtout pas sur leurs lauriers, car les duels seront vraiment rudes. Qui aurait cru que le Rwanda et le Bénin seraient à la fête, alors que le Ghana, la Côte d’Ivoire et la Zambie sont condamnés à vivre la fête à la télévision devant le petit écran ? Voila un signe que le football africain ne cesse de progresser.
Africafoot.com : Il semble que tout baigne pour vous en sélection. Par contre, votre club connaît des difficultés…
Moussa Latoundji : Ah oui c’est vrai. Cottbus est descendu en deuxième division (D2) la saison dernière et les joueurs sont appelés à faire des sacrifices financiers. J’avais eu des propositions pour partir, mais j’ai décidé de rester pour aider le club à rebondir. Nous sommes bien partis, mais la saison est encore très longue. Moi je suis en forme et je joue tous les matches. C’est bon pour le moral.
Emmanuel Huesu à Londres

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