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Mamadou NIANG ou L'Eloge de La Persévérance

Par RICHARD MILLA à Paris

NOM : NIANG
PRENOM : MAMADOU
DATE DE NAISSANCE : 13/10/79
LIEU De NAISSANCE : MATAM (SENEGAL)
TAILLE/POIDS: 1,78m/83kg
POSTE : ATTAQUANT
NATIONALITE : SENEGALAIS
CLUB ACTUEL : R.C. STRASBOURG (depuis 2003)
PARCOURS : LE HAVRE, FRILEUSE, LE HAVRE, TROYES, METZ
ST ANDRE LES VERGERS (FRANCE)
SELECTION : A SENEGAL
PALMARES :
Laissé pour compte dans les catégories de jeunes, au point de renoncer au football pendant un an, l'avant-centre sénégalais de Strasbourg ne doit sa réussite actuelle qu'à son immense abnégation. Débarqué au Havre à douze mois avec mère, frères et sœurs afin de rejoindre un géniteur parti quelques années plutôt de Matan (Sénégal) dans l'espoir d'améliorer l'ordinaire des siens, "Mamad" comme le surnomment les initiés n'a jamais vraiment eu l'impression de quitter l'Afrique. Maliens et Sénégalais sont en effet légion dans la cité portuaire de la Basse Normandie, si bien que le quartier où il grandit a tout simplement été baptisé le "petit Dakar". "Entre prières et jeux, j'ai toujours baigné dans le milieu et la culture africaine", se remémore-t-il. "C'est une des raisons d'ailleurs pour lesquelles mon jeu s'apparente à celui des joueurs du continent, car j'ai appris à jouer dans la rue, là où j'ai certainement marqué mes plus beaux buts." Il faut croire que le gamin râblé possède quelques prédispositions intéressantes pour taper dans l’œil des techniciens havrais, puisqu'il intègre le centre de formation de la ville. Rien à voir cependant avec les interminables parties entre copains et cousins sur les terrains vagues, aucune commune mesure entre l'insouciance, l'improvisation qui prévalent dans la cité par rapport à l'apprentissage rigide et à la froide discipline dispensés au Havre Athlétique Club. "J'y ai connu une mauvaise période, des moments très difficiles", confesse Mamadou. "Les gens n'avaient pas confiance en moi et se permettaient de me tirer dans le dos. C'est ainsi que j' ai été amené à effectuer une totale remise en question qui m'a décidé à arrêter le football."
Par chance pour lui, l'entraîneur du centre de formation havrais, Carlos Lopez, quitte le club un an plus tard et lui propose de le suivre dans l'Aube. L'amour du ballon rond est si fort qu'au bout d'une année blanche, le jeune retraité se laisse convaincre et abandonne non sans tristesse le cocon familial. Une saison à Saint André les Verge Ries en DHR lui permet de se replonger dans le bain avant de poser son baluchon à Troyes où il lui faut franchir tous les étages : licence amateur, équipe C, équipe réserve où il cire plus souvent qu'à son tour le banc de touche. Le déclic se produit toutefois après six mois où il en bave mais s'accroche vaille que vaille. La suite ? Vingt titularisations dans l'élite et huit buts à son compteur. Son esprit de compétiteur, sa pointe de vitesse, ses appels en profondeur, sa protection et sa conservation de balle, ainsi que sa redoutable percussion attisent dès lors les convoitises. Metz et son entraîneur Jean Fernandez (Photo) ne s'y trompent pas, ils font le forcing pour l'enrôler au mercato dernier. Résultat des courses ? Douze matches disputés, cinq buts de marqués et une ascension en Ligue1 pour l'équipe lorraine. "C'est véritablement là-bas que j'ai pris mon envol. J’y ai rencontré l'un des meilleurs entraîneurs de France et un super président. Et sur le terrain, avec "Manu" (Adebayor), on s'entendait comme larrons en foire."
Dans l'intervalle, les premières sélections nationales avec les Lions ont récompensé ses louables efforts. C'est si vrai qu'il passe tout près de l'expédition historique en Asie. "J'avoue que sur le coup, j'ai été dégoûté tant je me sentais proche de la liste des 23. Ce fut une grosse déception. Mais j'en suis certain, l'occasion se représentera." D'autant plus sûrement qu'à vingt-quatre ans, Mamad a franchi un nouveau palier en signant en début de saison au Racing Club de Strasbourg où ses brillantes prestations émaillées de nombreux buts (huit) lui confèrent désormais un nouveau statut. Malheureusement, le duo d'attaque qu'il formait avec le Monténégrin Ljuboja et qui affolait les défenses de l'Hexagone dans la première partie du championnat ne sera certainement pas recomposé à la reprise. "C'est clair que je ne souhaiterais pas qu'il parte. Maintenant, si ça devait se faire, il m'appartiendrait de garder mon niveau, de jouer le maximum de matches et d'aider au maintien de Strasbourg en L1. Tout en pensant à toutes les autres échéances qui m'attendent avec l'équipe du Sénégal."
Comme on y revient. Un sujet qui lui tient à cœur et sur lequel Mamad se montre intarissable. Que ce soit sur la prochaine CAN et les éliminatoires de la Coupe du monde 2006, en passant par d'éventuels (et inespérés?) renforts liés aux nouvelles dispositions de la FIFA et de sa complémentarité avec El Hadji Diouf. "Je suis arrivé sur la pointe des pieds dans une sélection déjà bien en place. Mon seul souci consiste à me défoncer et à tout donner quand le Sénégal fait appel à moi. Pour ce qui est de la prochaine CAN en tunisie, nous allons afficher nos souhaits, c'est-à-dire la remporter. En ce qui concerne 2006, on n'a pas à se plaindre de notre tirage, comparé à celui de certains autres ténors africains. Avec les mesures prises par la FIFA, le groupe peut encore gagner sur le plan qualitatif. Edouard Cissé notamment aurait pu nous apporter beaucoup. On l'aurait accueilli à bras ouverts. Je pense qu'il a tort de décliner la sélection sénégalaise. Cela dit, c'est son choix. Je comprends plus Patrick Evra qui possède de solides chances de jouer pour la France, car la concurrence à son poste est moindre. Moi, j'aime bien le jeu de El Hadji Diouf, qui mouille toujours le maillot. C'est un super joueur et je crois qu'à la pointe de l'attaque avec lui, on peut occasionner pas mal de dégâts dans les défenses adverses. D'ailleurs, je m'entends très bien avec lui." Il est vrai qu'entre deux si bons disciples d'Epicure, le contraire eût étonné...
Richard Milla à Paris

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