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Ramla Mehiri : «Des émissions sportives à la télévision de mon pays sont de plus en plus animées par des femmes et c’est très encourageant»


Par Jacques Roux à Tunis

Première femme journaliste sportive en Tunisie, Ramla Mehiri n’est pas arrivée dans ce milieu par hasard. Elle est issue d’une famille de sportifs et toute petite, elle vivait en permanence avec le sport à la maison. Avec son sourire enchanteur et sa parfaite maîtrise de la langue de Molière, elle n’a eu aucun mal à faire tomber les masques des hommes tout en muscles que sont les sportifs. Nous l’avons rencontrée au service de presse du COCAN qu’elle dirige de main de maître sous la direction de son mentor qui n’est autre que, Amor Ghouila, le Président de la Commission des Médias.
Africafoot.com : Comment êtes-vous arrivé dans cet environnement de machos ?
Ramla Mehiri : En fait, je viens d’une famille de sportifs, j’ai grandi dans cet amour, cette passion du sport. Tout le monde dans ma grande famille aime le sport et le football en particulier, mes parents, mes oncles, mes cousins, mes frères, mes oncles étaient dirigeants sportifs en Tunisie, j’ai donc toujours gravité dans ce domaine. Après mes études de littérature et de langues en Tunisie, ensuite en France, j’ai pris le chemin du Journalisme par un pur hasard. Mon père travaillait dans le domaine de l’information et un beau jour, il m’a demandé si cela m’intéressait car un poste venait de se libérer à l’agence tunisienne de presse. Et je peux vous dire que j’étais ravie de me retrouver au service de rédaction et en plus l’on m’a dirigée au sport, j’étais aux anges. Je savais qu’en m’orientant vers le service des sports, j’allais découvrir un monde qui était celui de mes rêves, un monde formidable. Le journalisme sportif m’avait toujours intéressée. Toute jeune, j’étais toujours fascinée par ces reporters qui couvraient tout événement sportif, c’est un rêve qui s’est réalisé.
Africafoot.com : Avez-vous rencontré des difficultés pour exercer ce métier au début ?
Ramla Mehiri : Les difficultés existent dans tous les domaines, bien sûr. Vous ne débarquez pas le premier jour et l’on vous déroule le tapis rouge. Du côté des confrères, c’était la surprise, je me rappelle encore mon arrivée au stade El Menzah, je devais couvrir une rencontre de coupe d’Afrique des clubs… ils ne m’ont pas fait de cadeaux. Tout le monde s’est retourné, une femme venait de franchir l’entrée de la tribune de presse. A ce moment là, vous restez ou vous partez, je suis restée et j’ai fais mon travail.
Africafoot.com : Quel est l’événement sportif qui vous a le plus marquée?
Ramla Mehiri : La coupe du monde de 1998 en France, c’était un événement haut en couleurs, il s’est passé beaucoup de choses fortes lors de cette coupe du monde. C’est un de mes plus beaux souvenirs. Il y aussi la coupe du monde de handball en Islande, la Tunisie y participait et s’était qualifiée pour la première fois en 1/8ème de finale, c’était extraordinaire pour moi qui vivais cela. Il faut avouer que j’aime beaucoup le handball, mais un des moments les plus intenses de ma vie de journaliste, c’est l’invitation du CIO pour un séminaire que j’ai animé à Abidjan en Côte d’Ivoire, qui avait pour thème, «Le sport et la femme» avec Fékrou Kidane. J’avais apprécié ces trois jours passés à parler de l’implication de la femme dans la vie sportive. J’ai évoqué ma petite expérience de journaliste en Tunisie et cela avait plut aux femmes qui assistaient au séminaire.
Africafoot.com : Avez-vous rencontré une personne dans ce milieu qui vous a apporté… un guide?
Ramla Mehiri : En fait, mon mentor, mon maître, mon professeur, n’est tout autre que monsieur Amor Ghouila qui est le responsable de la rédaction sportive à l’agence TAP et qui est aussi l’actuel président de la commission des médias au COCAN. J’avais démarré avec lui en 1994 lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations que la Tunisie a organisée, et je suis son second dans cette nouvelle aventure que nous avons tous, le souci de réussir.
Africafoot.com : Vous êtes donc la doyenne des journalistes sportifs féminins, combien y a t-il de femmes qui ont choisi la même voie que vous ?
Ramla Mehiri : Il y en a de plus en plus en Tunisie, ce n’est plus comme avant, elles doivent atteindre une quinzaine. Plusieurs d’entre elles sont à la télévision, des émissions sportives à la télévision de mon pays sont de plus en plus animées par des femmes et c’est très encourageant, bref, c’est bien comme cela. Vous savez, la femme en Tunisie se retrouve dans tous les domaines et plusieurs rédactions dans mon pays sont dirigées par des femmes. Il faut encore déblayer ce terrain afin de permettre une plus grande autonomie à la gente féminine dans le milieu du sport et du football en particulier.
Jacques Roux à Tunis

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