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Sarr
Boubacar : «J’ai toujours eu un faible pour le Cameroun,
parce que c’est une équipe de compétiteurs»
Par Marcel Amoko à Lyon |
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| Sarr Boubacar
fait partie de c es
hommes qui ont énormément apporté à l'intégration
et surtout à la reconnaissance des footballeurs africains sur
l'hexagone. Après une carrière bien remplie à Marseille
et au Paris Saint Germain (pour ne citer que ceux là), "Bouba"
ou "Locotte" s'est essayé à la chanson en lançant
un tube qui marcha très fort du côté de la Canebière.
Aujourd'hui, il occupe un poste dans l'encadrement du PSG, après
été entraîneur sélectionneur des Lions de
la Teranga. Africafoot.com l'a rencontré à Lyon afin d'avoir
son point de vue sur la prochaine coupe d'Afrique des Nations en Tunise.
Entretien! |
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Africafoot.com
: Vous aviez été encadreur de l’équipe
des Lions de la Teranga. La Coupe d’Afrique des Nations se profile
à l’horizon, beaucoup de personnes annoncent une nouvelle
bataille entre les Lions Indomptables et les Lions de la Teranga. Est-ce
également votre pronostic ? |
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Sarr
Boubacar : Je pense que nous aurons droit à une belle
Coupe d’Afrique des Nations en Tunisie contrairement à
tout ce que l'on raconte. Les favoris seront présents, j’ai
toujours eu un faible pour le Cameroun, parce que c’est une équipe
de «compétiteurs» qui représente le favori
numéro
un. Les Lions de la Teranga progressent, nous prenons également
exemple sur le Cameroun, auquel nous ne pouvons tout de même pas
nous comparer, les Lions Indomptables ayant gagnés beaucoup de
titres. Nous recherchons ces titres, et je pense que nous sommes sur
la bonne voie. Nous avons une très bonne génération
de footballeurs, nous avons fait une bonne Coupe d’Afrique des
Nations au Mali, une Coupe du Monde satisfaisante. En bref, nous progressons
régulièrement, et nous avons bien entendu très
envie de remporter la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Et
si les choses se déroulent comme je pense, retrouver le Lion
du Sénégal et celui du Cameroun en finale, donnerait une
belle affiche qui soulèverait beaucoup de passion et d’intérêt.
Ce jour là, personne ne voudra manquer cela autour du globe.
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Africafoot.com
: Entre la dernière Coupe du Monde et la prochaine Coupe
d’Afrique des Nations est intervenu ce changement d’encadrement
des Lions de la Teranga, avec le départ de Bruno Metsu qui a
été remplacé par Guy Stephan. Comment cela se passe-t-il
chez vous? |
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Sarr Boubacar :
Après le départ de Bruno (Photo), ce fut un peu difficile
pour les joueurs qui
étaient habitués à lui, mais l’avantage que
les Lions de la Teranga ont eu est que Guy Stephan, en arrivant, n’a
pas bouleversé leur mode de fonctionnement, il a su s’adapter
et apporter son expérience à cette équipe. Il a
été l’adjoint d’Aimé Jacquet et de
Roger Lemerre, il est très compétent, il connaît
bien son sujet et son métier. Depuis qu’il est là,
ça se passe très bien. Les éliminatoires de la
CAN se sont bien déroulées, l’équipe a été
qualifiée. Ce sera sa première Coupe d’Afrique des
Nations, il est très motivé et a l’intention d’amener
les Lions de la Teranga jusqu’au bout. C’est tout le mal
qu’on lui souhaite car la presse est difficile au Sénégal
et les critiques sont de rigueur au moindre faux pas, car ils ont tous
soif de victoire en ce moment. |
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Africafoot.com
: Guy Stephan a-t-il réussi aussi bien que Bruno Metsu
à s’intégrer dans cette société sénégalaise
? |
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Sarr Boubacar :
Bruno Metsu était devenu Africain, il avait réussi l'intégration
parfaite. Il a d’ailleurs même épousé une
Sénégalaise. Guy Stephan (Photo) s’adapte très
bien également au Sénégal; depuis qu’il a
pris en main la destinée des Lions de la Teranga, il a été
adopté par les supporters sénégalais, cela se passe
très bien, et je souhaite que cela continue. Mais vous le savez
comme moi, en football, les rapports changent vite et les amis d’hier
sont de potentiels ennemis de demain. |
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Africafoot.com
: Les supporters sénégalais sont très exigeants.
Au moindre faux pas, ils changent littéralement de camp. Est-ce
exact ? |
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Sarr
Boubacar : Les supporters sénégalais sont très
difficiles, un peu comme les supporters d e
Marseille ou du Paris Saint-Germain, où tout le monde se sent
un peu entraîneur. Ils adorent le football et le suivent de très
près. Ils pensent tous que le Sénégal remportera
la Coupe d’Afrique des Nations. J’espère que nous
y arriverons cette fois. Dans le cas contraire, il faut savoir se rappeler
que dans le football, il n’y a jamais de logique, il faut garder
son calme, son sang-froid, supporter et soutenir l’équipe,
savoir accepter les défaites. Vous savez, il n'y a pas que les
supporters qui sont exigeants au Sénégal, il y a aussi
la presse locale qui est impitoyable. Guy devra apprendre à faire
avec, car Bruno a eu maille à partir avec eux. Je suis persuadé
que c'est un professionnel qui sait communiquer, il s'en sortira.
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Africafoot.com
: Il y a eu également des changements à la tête
de la Fédération Sénégalaise de Football
récemment. Pensez-vous que ces changements soient bénéfiques
? |
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Sarr
Boubacar : C’est difficile à dire de loin, n’appartenant
pas moi-même à la fédération. Je n ’ai
pas en ma possession les informations nécessaires. La fédération
précédente avait mené l’équipe nationale
à la CAN et au Mondial. Les résultats étaient donc
très positifs et j’ignore ce qui s’est passé
au sein de la Fédération qui ait pu instruire ces changements.
Nous allons laisser les nouveaux dirigeants faire leur chemin, ils pourront
certainement apporter de l’eau au moulin, qui sait ? Je pense
que les changements ne sont importants que s’ils apportent des
modifications dans le fonctionnement et ensuite que les résultats
suivent dans la positivité, sinon, ce n’est pas la peine.
Dans ce cas, il faut laisser la main. |
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Africafoot.com
: S’agit-il toujours de ce fameux mélange entre
football et politique en Afrique ? |
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Sarr
Boubacar : C’est quasi-incontournable. En Afrique, nous
ne sommes pas encore des professionnels, il y aura donc toujours ce
mélange
entre les autorités politiques et les dirigeants du sport, car
ce sont les autorités qui financent le sport, ils ont donc logiquement
un droit de regard et de contrôle sur ce qui se passe à
l’intérieur de ces fédérations. Il faut à
présent attendre les résultats pour conclure que ces changements
auront ou non été bénéfiques. Le jour où
le football pourra se prendre en charge, alors le politique s’en
détachera, mais nous en somme encore loin et c’est dommage. |
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Africafoot.com
: Projetons-nous en finale de la Coupe d’Afrique des Nations
en Tunisie en janvier prochain. Assisterons-nous à un match Sénégal
– Cameroun ? |
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Sarr
Boubacar : Pourquoi pas ? Ce serait l’occasion d’une
revanche pour le Sénégal. Mais attention, ce sera cette
fois-ci très difficile pour les Lions Indomptables, malgré
leur bonne santé actuelle. Les Lions de la Teranga ont un bon
groupe qui avait besoin de repères, je pense que les garçons
les ont trouvé. Ils a uront
à coeur de bousculer tout le monde sur leur passage. Mais il
faudra être vigilants et ne pas se laisser griser par la vanité,
car la vérité du terrain est souvent cruelle. Rappelez-vous
la finale à Bamako. Du côté des Lions Indomptables,
je crois qu'avec les changements qui se sont opérés au
sein du groupe, notamment ponctués par les arrivées des
nouveau, ils auront probablement du mal à trouver leur marque.
Mais avec les Camerounais, rien n'est gagné d'avance, c'est ce
qui fait leur force, ce sont des guerriers qui me font souvent penser
aux lutteurs de mon pays. Par contre, si jamais ils trouvent le cap,
ils seront difficiles à battre, le vrai ennemi du Cameroun, c'est
tout simplement le Cameroun lui-même. Il n'y a qu'à voir
tout ce qui se passe autour d'eux pour le comprendre, mais j'avoue que
j'ai toujours eu un faible pour eux. |
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| Marcel Amoko, envoyez spécial à Lyon | |||
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