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Slim
Chiboub : "Il est grand temps que les gens apprennent à
mettre la main dans la poche, que ce soient les télévisions,
les radios et du côté des spectateurs, sinon le football
africain va mourir" Entretien Jacques Roux et Louis-Claude MOUNZIEOUD KOUMBA à Tunis |
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| Selon le Président
du COCAN 2004, Monsieur Slim Chiboub, la Tunisie est particulièrement
fière d’organiser la 24ème Coupe d’Afrique
d es
Nations de Football (CAN 2004), qui se trouve être le grand rendez-vous
de l'élite du football du continent. C’est la troisième
fois dans l’histoire de ce pays que la plus prestigieuse des compétitions
de la CAF s’y installe. Il faut reconnaître aux dirigeants
de ce pays leur évolution sur le plan des infrastructures et
la capacité des organisateurs à fournir de bonnes prestations
et un service adéquat à toutes les catégories sociales.
Les Tunisiens ont prouvé par le passé, leur sens de l’organisation,
c’est pour cela qu’ils méritent toute la confiance
de la CAF… et après le tirage au sort du 20 septembre 2003
à Tunis, celle des observateur s
et invités présents à l’hôtel Renaissance.
Cette organisation a été confiée à la même
équipe qu'en 1994 avec à sa tête, un homme, Monsieur
Slim Chiboub, le président de l’Espérance de Tunis.
Monsieur Chiboub a prévenu, «il faut que tout le monde
paye car je ne braderai pas cette Coupe d’Afrique des Nations…
il faut arrêter de dire que nous n’avons pas d’argent».
Lors de cette 24ème édition de la CAN, il ne sera
fait de cadeau à aucun média, jusqu’aux spectateurs,
car le Président du COCAN veut un retour à l’investissement,
comme tout homme d’affaires. AFRICAFOOT et la radio panafricaine,
AFRICA
N°1, sont allés à sa rencontre afin de
vous permettre de mieux comprendre ce qui attend tous les amoureux de
la CAN, comme le doyen Dominique Colonna qui ne rate jamais une seule
édition. Entretien ! |
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Africafoot.com
& Africa
N°1 : Monsieur le Président du COCAN, votre
comité est-il prêt à accueillir la 24ème
Coupe d’Afrique des Nations ? |
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Slim Chiboub :
Je vous souhaite d’abord la bienvenue en Tunisie. Notre comité
a commencé les travaux assez tard car comme vous
le savez, la CAF confie l’organisation à un pays quatre
ans avant, mais vous savez aussi que le Zimbabwe ne pouvant plus organiser,
nous avons été désignés pour 2004. Après
les différentes visites effectuées, vous avez dû
vous rendre compte que nous sommes en avance par rapport au calendrier
établi par la Confédération Africaine de Football.
Il faut savoir que nous avons choisi la solution la plus difficile,
celle de jouer sur six sites, ce qui n’était pas le cas
en 1994 où nous étions sur Tunis et Sousse seulement.
Aujourd’hui, nous avons Bizerte, Monastir, Sfax qui sont nouveaux.
Nous avons réhabilité certains stades et d’autres
ont été remis à niveau afin de pouvoir accueillir
convenablement cette prestigieuse compétition. |
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Africafoot.com
& Africa
N°1 : Peut-on avoir
le coût de réalisation des travaux, même si en 2001,
vous avez accueilli les Jeux Méditerranéens et que l’on
peut dire qu’il n’y a plus grand chose à faire ? |
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Slim
Chiboub : Il faut savoir que tous les stades ont besoin d’aide |
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Africafoot.com
& Africa
N°1 : Lors de la CAN de
1994, nous avons vu que le public avait déserté
les stades après l’élimination des Aigles de Carthage.
Avez-vous prévu de garder le public au stade quel que soit le
désagrément sportif de la sélection nationale ?
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Slim Chiboub
: Ecoutez, je n’ai pas de recette magique lorsqu’une
population est abattue et surprise par le résultat de son éq uipe
de football. Je crois que ce n’est pas seulement le cas de la
Tunisie, nous ne sommes pas comme en Europe et encore, même là-bas,
le public déserte souvent les stades quand les résultats
de son équipe sont mauvais. Il ne faut pas comparer les deux
public non plus car avec l’éloignement des pays africains
et le coût du transport, les supporters ne suivent toujours pas
leurs sélections nationales sur les compétitions, ce qui
aurait permis de pallier à ce genre de situation. Nous sommes
donc obligés de compter sur le public local et je crois que vous
vous rappelez bien en 1994, cérémonie d’ouverture
contre le Mali, match perdu (0-1) mais logique. Et du coup, toute la
population a reçu un coup de massue, par la suite, cela devenait
pénible de regarder les autres matches de la compétition.
Cela a eu des répercussions sur les sportifs qui ont été
au creux de la v ague
pendant longtemps. Il a fallu attendre que l’Espérance
gagne une coupe d’Afrique pour constater que nous ne sommes pas
aussi nuls que cela et enfin en 1996, la Tunisie a atteint la finale
de la Coupe d’Afrique des Nations à Johannesburg en Afrique
du Sud. Les choses étant revenues dans l’ordre, la confiance
s’étant installée entre la sélection nationale
et le public, nous avons décidé de construire du solide.
En Tunisie, avec les poules de quatre, il est difficile au pays organisateur
de ne pas passer le premier tour, à moins qu’il ne soit
vraiment nul. Je sais donc d’entrée que la Tunisie fera
au moins un quart de finale, ce qui est bon pour notre organisation
parce que nous tablons aussi sur les recettes de stades. |
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| Africafoot.com
& Africa
N°1 : Vous savez
comme nous que le football est une fête, or les coûts élevés
des billets font souvent reculer les spectateurs. Avez-vous trouvé
une solution pour faciliter l’accès au stade? |
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Slim Chiboub : Oui,
nous avons pensé à tout cela. Vous pensez bien que cela
fait partie de nos préoccupations. Je ne peux pas encore e n
dire plus sur le sujet car ce qui nous intéresse aujourd’hui,
c’est la cérémonie d’ouverture sur les sites
où le club Tunisie n’est pas impliqué. Nous devons
y apporter de l’animation comme dans la capitale, à Bizerte,
à Sfax, Monastir, Sousse, pour que tout le monde aille au stade
voir ses idoles du Cameroun, du Maroc, du Sénégal etc.
Ce que je sais, c’est que les prix seront abordables mais il faut
que les gens sachent que je préside une entreprise économique.
Je dois sur le plan financier, équilibrer mes comptes. Je ne
braderai pas le spectacle, je ne braderai pas cette compétition
de Coupe d’Afrique des Nations. Il est grand temps que les gens
apprennent à mettre la main dans la poche, que ce soient les
télévisions, les radios et du côté des spectateurs,
sinon le football africain va mourir. Vous voyez très bien ce
qui se vit à travers
le monde, nous allons pas toujours dire que, nous n’avons pas
les moyens, il faut faire des sacrifices, nous ne pouvons plus faire
de spectacles sans contre partie. J’ai une idée sur la
cérémonie d’ouverture, nous allons vendre le premier
match entre la Tunisie et le Rwanda et la cérémonie d’ouverture
en même temps. Les tarifs ne seront pas les mêmes que ceux
d’un match de football. Nous voulons faire une sélection
par les prix pour que l’organisation soit parfaite. Cela ne sert
à rien d’entasser les gens parce que c’est le premier
match et que tout le monde a envie d’y assister. Je pense que
sur les soixante mille places qui seront disponibles à Radès,
nous avons fait une étude sur des échantillons représentatifs,
nous avons comme résultats, trois billets pour une place disponible.
Ce qui signifie que nous allons augmenter les prix car vous l’aurez
compris, l’offre est supérieure à la demande, nous
appliquons ce qui s’impose pour une bonne organisation. |
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| Africafoot.com & Africa N°1 : Qu’avez-vous prévu pour les supporters qui se manifestent de plus en plus du côté de l’Europe ? | |
Slim
Chiboub : Notre souci sera de faciliter la tâche
a ux
supporters africains. Nous n’avons pas, par exemple, de liaisons
aériennes avec plusieurs pays africains, à part des villes
comme Dakar, Alger, Le Caire, Casablanca. Par contre, pour ceux qui
est de l’Europe, pas besoin de nous impliquer ou d’organiser
quoi que ce soit car il y a tous les jours, une cinquantaine de vols
vers l’Europe. Les Africains et amoureux du football de notre
continent n’auront pas de soucis pour venir à Tunis. Nous
avons une moyenne de six vols par jour sur Paris, Rome, Madrid, Genève,
Zurich, Londres, Francfort, etc. |
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Africafoot.com
& Africa N°1 : Qui voyez-vous
champion d’Afrique au soir du 14 octobre 2003? |
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Slim Chiboub :
C’est l’équipe qui aura le plus grand potentiel et
surtout le mental pour contenir la pression le plus longtemps possible.
Je pense au Cameroun, Sénégal, un outsider comme l’Algérie,
et à cette équipe de Tunisie qui, sur quatre vingt dix minutes
à Tunis, peut battre n’importe quelle équipe. Elle
l’a déjà démontré en battant le Maroc,
le Sénégal, la Côte d’Ivoire, si nous arrivons
en demi-finale, ce ne sera plus difficile après, l’essentiel
c’est d’arriver justement à cette demi-finale. |
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| Africafoot.com & Africa N°1 : Pensez-vous avoir une équipe pour remporter cette Coupe d’Afrique des Nations ? | |
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Slim Chiboub :
A la différence des ténors africains, nous av ons
un bon groupe. Si nous obtenons un résultat, ce sera sur la qualité
collective de ce groupe. Nous n’avons pas les individualités
ivoiriennes, camerounaises, sénégalaises et autres, nous
avons un groupe. Nous pouvons compenser par un peu plus de cohésion,
de solidarité et d’esprit collectif qui fait d’ailleurs
la force de certaines nations. |
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