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Rigobert
SONG : «En pleine forêt, le Lion
devient très agressif et dangereux…»
Par Marcel Amoko à Lyon |
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NOM : SONG BAHANAG ![]() PRENOM : RIGOBERT DATE DE NAISSANCE : 01/07/76 LIEU DE NAISSANCE : NKENGLICOCK (CAMEROUN) TAILLE/POIDS: 1,81m/77k POSTE : DEFENSEUR NATIONALITE : CAMEROUNAIS CLUB : LENS (depuis 2002) PARCOURS : TONNERRE YAOUNDE (CAMEROUN) METZ (FRA) SALERNITANA (ITALIE) LIVERPOOL, WEST HAM (ANGLETERRE) COLOGNE (ALLEMAGNE) SELECTION : A CAMEROUN PALMARES : COUPE DE LA LIGUE France 1997, CAN 2000, 2002. |
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Africafoot.com:
Rigobert, nous sommes aujourd’hui de retour à Gerland,
un endroit qu’on ne peut pas oublier. Je pense en cet instant
à ce que vous aviez dit la dernière fois, lors du match
contre Lyon, où vous annonciez que vous retrouver sur le rong
central apportait beaucoup de souvenirs. Aura-t-on aujourd’hui
la même configuration ? |
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Rigobert
Song : Oui, il y a des choses dans la vie qui sont difficiles
à oublier. Ce qui s’est passé à Gerland lors
de la Coupe des Confédérations ne pourra pas être
effa cé,
malgré tout ce qui va encore se dérouler. Nous aimerions
tous revenir ici dans un autre contexte, c’est parfois difficile
à gérer. En effet, tout au long du match de championnat
contre l’Olympique Lyonnais, les images du drame survenues lors
de la rencontre avec la Colombie en Coupe des Confédérations
ne cessaient de défiler devant mes yeux comme un film. Je me
suis senti très mal et j’avais envie de sortir du stade
; il a fallu puiser dans mes réserves pour rester sur le terrain,
c’était terrible. Je sentais l’ombre de Marco, sa
présence et je me suis dit qu’il fallait continuer la partie,
il n’aurait probablement pas souhaité me voir abandonner
mes camarades sur le terrain, car lui ne l’aurait pas fait. Alors,
je suis resté. |
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Africafoot.com
: On constate aujourd’hui que toute l’équipe,
tous ses frères d’armes sont revenus pour cette commémoration,
cette communion pour laquelle vous rendez hommage à Marco, restera-t-il
pour longtemps dans le cœur des footballeurs que vous êtes
? |
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Rigobert
Song : C’est une tr ès
grande fierté de voir que tout le monde a répondu présent,
non seulement les joueurs camerounais, mais tout ce monde qui s’est
déplacé, toutes ces personnalités du football qui
sont venues aujourd’hui pour cet hommage et surtout les footballeurs
de différents horizons. Cela prouve que le footballeur n’est
pas seulement celui qui pousse le ballon, c’est aussi un homme
responsable qui sait répondre présent à l’appel
d’un des siens, cela fait donc très plaisir de retrouver
tous ces gens venus pour rendre cet hommage à Marco. Il le méritait
bien ! |
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Africafoot.com
: Quelles sont les consignes que le capitaine Rigobert Song peut
donner à ses camarades pour que cette fête, entre guillemets,
soit pleinement réussie ? |
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Rigobert
Song : Je pense
que nous avons des devoirs à accomplir et des obligations comme
cet hommage qui nous réunit tous ce soir à Lyon. C’est
un match qui va nous permettre de nous entraîner, car nous jouerons
dans quelques jours un match au Japon, pour la préparation de
la Coupe d’Afrique des Nations (Tunisie 2004). Il faut être
lucide, le match d’aujourd’hui n’est pas en lui-même
important, c’est le fait de savoir que même si Marco n’est
plus de ce monde, il est avec nous spirituellement. C’est ce métier-ci
qu’il a toujours aimé, et nous savons qu’aujourd’hui,
il nous voit de la où il se trouve, qu’il est avec nous,
autant que nous sommes avec lui. C’est cela qui est le plus important
à nos yeux. |
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Africafoot.com
: Vous semblez veiller à ce que tout se passe bien, vous
êtes très près des choses et de l'organisation.
Quelle orientation voulez-vous donner à ce match ? |
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Rigobert
S ong
: C’est simple. Avant toute chose, il faut garder à
l’esprit l’image du Cameroun, du joueur camerounais, il
faut rester égal à soi-même. Le match d’aujourd’hui
est un match vraiment spécial et il faudra se comporter en personne
responsable, pour que tout se passe bien. Il n'y a pas d'enjeu, pas
de trophée à remporter, c'est l'image d'un esprit que
nous devons véhiculer, celui de Marco. Il ne faudrait pas que
l'on s'éloigne du message que Marco a laissé. |
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Africafoot.com
: On connaît la place que Marco occupait auprès
de vous, à la direction de cette équipe, à la mise
en place de certaines choses, aux grandes décisions qui étaient
parfois prises; il était souvent fait appel à Marco et
à vous. Vous étiez en communion. Peut-on dire que Marco
vous manque ? |
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Rigobert
Song : Oui, bien sûr. Je
me sens aujourd’hui orphelin, car lorsque je regarde derrière
moi, je vois bien sûr énormément de joueurs, mais
plus personne avec qui j’avais débuté, et qui avait
une telle personnalité dans cette équipe, quelqu’un
à qui je me confiais énormément, qui savait parfois
remettre les choses en ordre quand ça n’allait pas. A présent,
je dois poursuivre seul mon chemin, mais j’ai besoin que mes coéquipiers
sachent que nous devons reformer cette grande famille, pour arriver
à atteindre nos objectifs. |
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| Africafoot.com
: Examinons le parcours que vous avez évoqué tout
à l’heure, depuis la coupe du monde94, votre première
coupe du monde à tous les deux. Remporter cette Coupe d’Afrique
des Nations en Tunisie, serait-ce l’aboutissement de cette continuité
qui est la vôtre ? |
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Rigobert
Song : Absolument. Nous sommes une équipe qui a toujours
eu beaucoup d’ambiti on.
Nous savons que les compétitions s’enchaînent, et
nous avons toujours envie de conserver notre place, surtout pour cette
coupe Afrique qui se profile à l’horizon, en Tunisie. Nous
savons aussi que cette compétition ne sera pas facile, car autant
il est bien de gagner tout le temps, autant il y a des moments où
tout va très vite, où le ballon tourne constamment. Mais
je pense que le plus important est que nous ayons pu garder un noyau
solide du groupe lors de cette Coupe des Confédérations.
Nous aurons en Coupe d’Afrique des adversaires qui ne seront pas
faciles à manœuvrer, mais nous avons tout de même
de grandes chances d’aboutir. Nous savons par moments nous surpasser,
et utiliser nos forces pour atteindre notre but. Nous ferons tout le
nécessaire pour y arriver, mais ce sera quelque chose d’assez
difficile quand on voit tout ceux qui ont envie de nous détrôner.
Vous savez, j’ai encore en mémoire l’image de Marco
courant sur le stade avec le drapeau du Cameroun après notre
victoire devant le Sénégal à Bamako (Mali 2002)
et les larmes qui ont coulé sur son visage. J’ai compris
ce jour-là que mon frère d’armes était un
vrai patriote et un guerrier qui venait d’accomplir sa mission,
celle que son pays lui avait confiée. Marco savait transmettre
des messages forts sans forcer les choses ou bousculer qui que ce soit,
c’était un grand homme que j’avais l’honneur
de côtoyer. Je n’oublierai jamais ce que j’ai vécu
auprès de lui. |
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Africafoot.com
: Qui remportera la prochaine Coupe d’Afrique des Nations
? |
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Rigobert Song :
Qui sait ? Pour l’instant, nous sommes détenteurs de ce
trophée, il va falloir venir le chercher, ça ne va pas
être facile. Il faut que
toute équipe qui va vouloir nous l’enlever sache que nous
sommes prêts à nous battre pour le conserver. Nous avons
une mission, comme je le disais à un de vos confrères,
c’est de rester longtemps sur la place en jouant les premiers
rôles. Et puis, nous devons quelque chose à Marco, je crois
qu’en conservant cette coupe, nous aurons rempli la volonté
du gagneur qu’il était, nous nous y attellerons. Je pense
que de là haut, il aura certainement un regard et un sourire
de satisfaction en nous voyant soulever ce trophée au soir du
14 février. Mais il faut reconnaître que la tâche
sera difficile, seuls la solidarité et l’esprit d’équipe
nous amènera au sommet. Il va falloir ne pas l’oublier
et se mettre au travail dès maintenant pour y parvenir. |
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Africafoot.com
: Peut-on donc dire que «le roi de la forêt»,
«le Lion Indomptable» est toujours là ? |
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Rigobert
Song : Vo us
savez, toutes les équipes ont envie de manger le Lion et en particulier
celui du Cameroun. Croyez-vous que c'est facile de venir à bout
de lui à mains nues? Il va falloir trouver des armes convaincantes
pour y arriver. Nous ne sommes pas invincibles, encore faut-il savoir
nous prendre, peut-être en nous carressant dans le bon sens du
poil, mais est-il facile de carresser un lion sans recevoir un coup
de patte? Comme on dit : «le lion est moins dangereux en cage
qu’en pleine forêt. En pleine forêt, il devient très
agressif et dangereux.» Je dirai donc à tous nos «agresseurs»
: «attention, il n’y aura pas de cadeaux», qu’ils
se préparent donc en conséquence. Le lion aime bien marquer
son territoire, nous aussi... |
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| Marcel Amoko à Lyon | |||
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