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Henri
Stambouli : «Chacun de nous est responsable à son niveau.
Je prépare une Coupe du Monde et une Coupe des Nations. Je ne
prépare pas un match de championnat avec un club de bas du tableau!»
Entretien réalisé par Jacques Roux, Charly Mouna et Jacques Tidji |
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L’équipe
nationale du Mali, Les Aiglons, vient d’effectuer une semaine
de stage bloqué dans la banlieue parisienne. Conduite par son
nouveau sélectionneur,
Henri Stamboli, ancien entraîneur de Sedan (L1- France), de Sion
en Suisse et formateur des jeunes pendant onze ans au sein du staff
technique de l’Olympique de Marseille. Le nouveau coach malien
a accordé un entretien exclusif à la rédaction
d’Africafoot. Il nous a fait part de son état d’esprit
et confié ses ambitions à la veille du tirage au sort
de la CAN 2004 qui se déroulera en Tunisie. Un large tour d’horizon
du football malien et africain, un panorama des relations pas toujours
simples entre les employeurs européens des professionnels africains
et la vague de nouveaux techniciens français qui sont de plus
en plus présents sur le continent noir. Un entretien à
bâtons rompus avec un homme attachant et réaliste. |
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Africafoot.com
: Vous voici de retour en Afrique, au Mali plus précisément,
après avoir dirigé Sion (Suisse) et Sedan (France)… |
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Henri
Stambouli : Croyez-moi, c’est un réel plaisir de
retrouver le continent africain à tra vers
le Mali. J’avais envie de renouer ce contact, ce lien qui me lie
à l’Afrique et à son football. N’oubliez pas
que je suis né en Algérie et c’est vrai que je me
sens bien en Afrique où il existe une facilité de contact
et surtout cette chaleur humaine que l’on ne retrouve plus sur
le continent européen. J’avais aussi envie d’un challenge
et je l’ai avec le Mali sur plusieurs fronts : il y a une Coupe
du Monde avec les juniors, une Coupe des Nations avec les seniors…
et puis, qui n’a pas envie de devenir entraîneur national
dans ce milieu? |
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| Africafoot.com
: Manifestement, vous aviez envie de retrouver un «football
naturel». Il n’y a plus que le football d’Afrique
qui apporte certaines sensations… |
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| Henri
Stambouli : Je pense qu’ il y a mes racines quelques part
en Afrique… Je vous ai dit
que je m’y sens bien ! Et c’est vrai que c’est un
football où il n’y a pas de calcul, c’est un football
plein et c’est un football aussi où il y a une grosse attente.
Vous savez, il y a une vraie notion de plaisir dans le football africain
qui est extrêmement importante. Je crois que ce sont des nations
qui se nourrissent de football. Et, participer à une aventure
avec une nation africaine est tout simplement magnifique car l’on
vit des moments intenses que l’on ne rencontre nulle part ailleurs.
Quand on parcourt les rues de Bamako par exemple, on côtoye l’enthousiasme
des supporters et on le palpe au quotidien. Ce sont des choses que l’on
n’oublie pas de sitôt car ce sont des moments forts pour
un entraîneur. |
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Africafoot.com
: Vous avez côtoyé plusieurs joueurs africains notamment
quand vous étiez à Sillon avec Kadji et à Sedan
que vous venez de quitter. L’on constate l’arrivée
de plusieurs techniciens en Afrique, dites-nous : qu’est ce qui
fait courir les entraîneurs français vers ce continent
? |
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Henri
Stambouli : C’est le contact, le programme de certaines
nations, le challenge et puis le fait de fréquenter les joueurs
africains en Europe est aussi primordi al
dans ce choix. Et ensuite, le fait d’avoir travaillé avec
certains pays africains permet d’avoir une approche novatrice
du football, plus spontanée et différente de ce qu’on
rencontre aujourd’hui dans le football européen. Cela veut
dire que l’on apprend à connaître le joueur, son
milieu, son environnement. Il y a cette dans cette approche quelque
chose qui vous permet de mieux appréhender ce football qui est
tant méconnu de plusieurs Européens. En Afrique , l’entraîneur
est plus qu’un technicien, il est contraint d’appréhender
les dirigeants, le public, la presse locale qui n’est pas souvent
tendre. Il doit savoir communiquer. C’est tout cela qui vous permet
de trouver les solutions aux problèmes qui s’imposent à
vous. Et, ça c’est un motif suffisant qui pousse les techniciens
français à tenter l’aventure en Afrique. |
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Africafoot.com
: La CAN pointe à l’horizon. Le Mali se positionne
en outsider. Vous avez des joueurs de bonne facture comme Seydou Keyta,
Diara, Coulibaly etc… Quels sont vos souhaits pour le tirage au
sort du 20 septembre à Tunis ? |
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| Henri
Stambouli : Justement, j’attends avec impatience ce tirage
au sort et j’aime bien la position d’outsider que vous évoquez.
Si l’on se retrouve dans un g roupe
avec le Cameroun, la Tunisie, le Sénégal, le Nigeria ou
l’Afrique du Sud, ce sera compliqué ! C’est pour
rire, ce seront les têtes de série, on ne peut pas bien
entendu tous les retrouver dans la même poule. Mais, ce qui est
certain, c’est qu’il y a quand même de gros calibres
et cela me permet de confirmer notre positionnement d’outsider.
J’aime bien cette position. Ainsi, personne ne fera attention
à nous. J’ai une jeune génération de qualité
qui arrive. Car le travail au Mali a été bien fait par
les techniciens en place depuis plusieurs années. Je suis les
compétitions des jeunes Africains depuis un bon moment et j’ai
vu la progression de pays comme le Mali, la Guinée, la Côte
d’Ivoire. Il y a eu un travail en profondeur qui mérite
du respect et quand l’on a des résultats comme ceux du
Sénégal à la dernière coupe du monde, je
suis ravi et je me dois de continuer à répondre aux sollicitations
des pays africains
qui font appel à mes compétences. Dans mon équipe,
j’ai des joueurs qui commencent à s’imposer dans
les différents championnats européens, je crois que nous
avons notre chance dans cette CAN. Nous avons les moyens d’y parvenir.
Il faut que les gamins soient tout simplement réceptifs. Nous
allons attendre le tirage au sort qui sera déterminant pour la
suite, et ensuite nous allons nous préparer en fonction des adversaires
qu’on nous aura désigné et puis n’oublions
pas aussi que le facteur chance est important dans ce genre de compétition.
Vous savez comme moi qu’en football, ça peut être
un poteau, une barre, qui vous sauve la mise. Je reste donc assez prudent
car j’ai connu tout cela. |
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Africafoot.com
: Vous avez raison d’être prudent car nous constatons
par exemple l’absence d’un pays comme la Côte d’Ivoire
dans ce tournoi alors que votre compatriote Robert Nouzaret qui croyait
avoir formé une superbe équipe croyait qualifier son équipe
sans grosses difficultés! Comment préparez-vous cette
CAN 2004 pour éviter les surprises? |
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| Henri
Stambouli : Justement, je suis entrain de mettre en place tout
un staff qui va accompagner l e
Mali à la CAN en Tunisie. J’ai commencé par m’appuyer
sur un homme qui connaît bien le Mali car c’est son pays,
Check Fantamady Diallo qui est mon adjoint. Pour ceux qui ne le connaissent
pas, il a été professionnel en France, il a fait Metz,
et à côté de cela, je suis entrain de mettre en
place un staff médical avec un kiné, un médecin
qui a travaillé pendant plus de vingt ans au Paris Saint Germain,
le Docteur Lepage. Nous sortons juste d’un stage qui nous a permis
de faire des tests médicaux poussé. Nous allons établir
des fichiers de manière à procéder à un
suivi correcte. Pendant les compétitions, je suis persuadé
que c’est la résistance de nos joueurs qui fera la différence,
car nous allons joueur tous les trois jours et nous avons besoin de
connaître la résistance de chacun. J’ai aussi de mandé
à ceux qui ont travaillé avec moi à Sedan de venir
en appoint sur cette Coupe d’Afrique de manière à
ne rien laisser au hasard. La Fédération Malienne de Football
m’a donné les moyens pour réussir une bonne préparation.
Le président de la Fédération, Monsieur Nyambélé,
s’est battu pour obtenir les budgets, et ça c’est
effort qui méritait d’être signalé. C’est
probablement la nouvelle voie que vient de prendre le football africain
et malien en particulier, avec l’arrivée de jeunes dirigeants
qui savent ce qu’ils veulent comme Monsieur Nyambélé
qui m’a agréablement séduit par les projets qu’il
a pour le football de son pays. Vous savez que tous les joueurs maliens
évoluent en Europe dans des structures professionnelles, et l’on
voudrait recréer le même cadre pour chasser l’amateurisme
local. |
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Africafoot.com
: Vous savez que le président Nyambélé est
un ancien footballeur, votre adjoint aussi et là vous vous entourez
de compétences réelles : des gens qui sont chacun à
la bonne place. Peut-on dire que l’harmonie règne au sein
du groupe Stambouli et que vous montez une machine de guerre ?
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| Henri
Stambouli : Une machine de guerre non, mais un groupe de travail
oui ! Je cherche à donner la possibilité de mettre en
place quelque chose de positif
pour la continuité. Il ne faut pas qu’après moi,
tout s’arrête, je veux préparer mes gamins à
la gagne, je laisse la kalachnikov de côté et j’installe
un état d’esprit. Ce qui est important c’est de se
donner les moyens de parvenir à créer une équipe
solidaire qui ne lâche pas un match. Mon équipe et moi
savons ce qu’il faut faire pour préparer une bonne mayonnaise
et surtout que cette dernière prenne bien. Ce qui va faire la
différence, c’est l’état d’esprit. C’est
pour cela que le stage qui vient de s’achever était important
pour moi car il était utile de montrer aux joueurs ma façon
de travailler et, la prise de contact était primordiale. Tout
s’est bien passé et nous avons tous entamé une nouvelle
aventure qui je l’espère nous apportera de la satisfaction.
Il y a un événement exceptionnel qui va arriver, c’est
la Coupe d’Afrique des Nations, il est important que les joueurs
réalisent que c’est l’un des plus grands évènements
aujourd’ hui
en football qui a lieu sur la planète. Il y a une Coupe des Nations
en Europe, une en Amérique du Sud, celle du continent africain
a acquis ses lettres de noblesse. L’Afrique a montré qu’elle
avait un football qui était aussi compétitif que celui
des continents dits puissants. Je ne connais pas une seule nation européenne
qui peut encore négliger une rencontre avec des pays comme le
Cameroun, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Afrique
du Sud, la Tunisie, le Maroc ou l’Egypte. Pendant la dernière
Coupe du Monde je peux dire que j’ai vibré pour le Sénégal
car non seulement j’avais des joueurs de ce pays dans mon équipe,
mais il s’est créé une grande relation avec ce continent
qui est aussi le mien. J’ai envie de transmettre aux joueurs maliens
qu’ils sont aussi capables de vivre ce genre de chose, il suffit
de travailler et d’être solidaires. Le football africain
a cette fraîcheur qui manque ailleurs. |
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Africafoot.com
: A vous entendre, l’on sent tout l’amour que vous
portez au football du continent. Vous avez connu les sentiers battus
du football africain. Vous êtes en charge d’une bonne équipe
du Mali. Marc Vivien Foé nous avait notamment confié à
Bamako, pendant la dernière CAN : «je viens de croiser
une bonne équipe. Les jopueurs sont encore jeunes, mais je crois
qu’un groupe est entrain de naître. Il va falloir faire
attention aux Aigles dans deux ou trois ans». Que pensez-vous
de ces déclarations de Foé ? |
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| Henri
Stambouli : Ce sont des mots qui me touchent car cela vient d’un
homme qui n’est plus là aujourd’hui, mais je pense
qu’il a su voir le talent naissant des Aigles du Mali. Et ce n’est
pas par hasard qu’il a dit cela, car en regardant le par cours
de cette équipe et celui des jeunes qui arrivent derrière,
cela interpelle. Ce n’est pas par hasard que vous avez des qualifications
de jeunes en Coupe du Monde, des parcours excellents en Coupe d’Afrique
des Nations des catégories juniors, moins de dix sept ans etc…
Il y a forcément de la qualité dans ce pays, ce qui manque
à mon avis c’est l’état d’esprit, il
faut arriver à vivre ensemble. C’est ce qu’a réussi
brillamment le Cameroun et à récemment le Sénégal.
Nous voyons des gens qui sont heureux de vivre ensemble, de partager
des émotions, être ensemble dans le malheur aussi, bref
devenir solidaire de l’autre et le porter quand il n’en
peut plus. Nous ne pouvons pas faire de grands résultats sans
grand esprit collectif, il faut trouver l’union sacrée
au sein d’un groupe et là seulement qu’on devient
performant. |
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Africafoot.com
: Au fait, comment faites-vous pour rameuter les troupes, quand
on sait que c’est difficile de collaborer avec certains employeurs
européens ? |
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| Henri
Stambouli : Il faut d’abord
mettre en place des stages de manière à les avoir au bon
moment. J’en ai discuté avec certains de mes joueurs. Ils
m’ont avoué qu’ils sont tellement concentrés
dans leur championnat qu’ils se perdent de vue. Alors ces stages
permettent de retrouver les autres et de partager de bons moments avec
les camarades. C’est vrai qu’il y a aussi la famille qui
les préoccupe et qu’ils ont besoin de voir de temps en
temps. Vous savez, la réussite passe par le sacrifice. |
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| Africafoot.com : Quel est concrètement le programme de préparation du Mali ? | |||
Henri
Stambouli : Nous avons un match contre la Guinée Bissau
en Octobre, le dix du mois plus précisément, et cette
rencontre est déterminante pour le football malien. Ce match
si nous le gagnons nous permettra d’accéder aux éliminatoires
de la Coupe des Nations en Egypte et à la Coupe du Monde en Allemagne
en 2006. Il faut dire que si nous ne passons pas le cap de la Guinée
Bissau, il n’ y aura plus de compétitions pour les Maliens
pendant deux ans. Il y a deux rencontres importantes pour moi. La première,
le 10 octobre à Bissau et la deuxième à Bamako
le 15 novembre e n
match retour. Nous n’allons donc pas déranger les présidents
tout puissants de clubs qui emploient mes joueurs, car nous tombons
dans une bonne période du calendrier de la FIFA prévue
pour les compétitions continentales. Nous avons donc une bonne
semaine de préparation et ensuite je les récupère
lors de la trêve. Je ne le dis pas trop fort car cela ne va pas
plaire aux clubs de football, mais pour nous l’objectif est de
les avoir avec nous pour instaurer un esprit de groupe. Ce sera un stage
ouvert où ils pourront retrouver leurs familles. Et après
cela, à partir du 11 janvier 2004 nous rentrons en stage pour
la CAN et le lieu reste encore à déterminer. Mais nous
avons une petite idée là dessus. Nous irons certainement
vers l’Italie pour rester à la même altitude que
la Tunisie, avec le même climat. Nous pensons ainsi arriver fin
prêts pour le début de la compétition. |
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Africafoot.com
: Beau programme, Henri Stambouli. Comment allez-vous régler
le problème du mécontentement des dirigeants de clubs
français qui ne veulent pas voir leurs joueurs faire le déplacement
de la CAN ? |
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| Henri
Stambouli : Je trouve cela dommage ! Aujourd’hui, ces mêmes
personnes qui profitent de cette situation, s’empressent de sanctionner
les joueurs qui rejoignent les sélections africaines. Ce n’est
pas sérieux! Ils vont pourtant recruter ces joueurs lors des
Coupes d’Afrique et ensuite ils font tout pour leur interdire
d’y retourner. J’ai du mal à comprendre qu’ils
se plaignent quand
ces joueurs sont au service de leurs équipes nationales respectives.
Je trouve qu’il y a un paradoxe et un grand mépris. Les
dirigeants profitent du système. Il faut dire que c’est
un football qui produit des joueurs de qualité que tout le monde
dans ce milieu cherche. Nous allons arriver vers l’harmonisation
du calendrier et nous verrons ensuite quelles seront les nouvelles plaintes!
J’ai appris récemment que Monsieur Gervais Martel, le président
de Lens (L1 France) n’était pas content que je réunisse
mes joueurs sur trois jours. D’habitude, ils ont juste un décrassage
qui ne dure que cinq minutes sur le terrain, moi je les ai récupérés
dans des conditions qui sont aussi bonnes que chez eux, avec un centre
de thalassothérapie avec des médecins compétents.
Le lundi, les joueurs sont au repos chez eux et nous, ici, pendant le
stage, nous leur avons fait passe r
un test médical qui est aussi bien pour eux que pour nous. Cela
permet de couvrir tout le monde dans le cas d’une défaillance.
Quand on voit se qui s’est passé avec Foé, ils devraient
nous dire merci au lieu de s’inquiéter. Aujourd’hui
l’on se doit de prendre des précautions pour que cela n’arrive
plus. Certains clubs le font, d’autres ne le font pas. Nous, en
temps que fédération nous l’avons fait. Je ne vois
pas pourquoi il se plaint en plus. J’ai privé leurs joueurs
des deux entraînements du mardi. Je ne les ai pas emmenés
au bout du monde au Japon par exemple! Je conçois qu’il
ait une certaine aigreur par rapport à ce long déplacement
du Sénégal au Japon, mais le Mali lui, se trouve en stage
en France dans la région parisienne et il ne faut pas que ce
soit le Mali qui en fasse les frais. |
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Africafoot.com
: Pour abonder dans votre sens, il est aussi des dirigeants qui
sanctionnent les retours tardifs, vous avez adopté une autre
politique, celle de la compréhension et de l’explication.
Pourquoi ? |
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Henri
Stambouli : Je sais comment cela fonctionne. Je sanctionne quand
cela n’est pas justifié. Je comprends les joueurs africains.
Ils ont besoin de leur famille car ils en sont éloignés.
Alors, pourquoi voulez-vous que je sanctionne un
garçon qui revient plus fort qu’avant parce qu’il
a retrouvé le sourire et la gaîté ? Pour avoir entraîné
les équipes africaines et surtout pour y avoir séjourné,
je sais que ce n’est pas pour le simple plaisir de rester là-bas
qu’ils arrivent en retard pour la reprise. Il y a d’autres
aléas qui interviennent que j’ai appris à comprendre.
Ces garçons ont des familles nombreuses, il faut donner à
tout le monde, ce sont de vrais chefs de file qui maintiennent une chaîne
et ils sont aimés, et ont besoin de cela. Ce n’est pas
moi qui dois crier au scandale, je connais trop l’Afrique maintenant
pour le faire. Et vous savez, une famille c’est très important,
ceux qui ne le savent pas, n’ont plus de repères. |
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| Africafoot.com : On peut dire que Gervais Martel n’a rien compris… | |||
Henri
Stambouli : Je n’ai pas envie de polémiquer sur
ce sujet. Ce que j’avais à dire en réponse à
ces interrogations, je l’ai fait et je pense que je devais le
faire, car j’e ssaye
d’être droit dans ma vie. Je conçois qu’il
ait la pression. Il a perdu deux matches, dont celui contre Rennes (0-2),
je comprend qu’à ce moment là, on perd son sang
froid habituel, mais il ne faut pas chercher à résoudre
le problème différemment en tirant sur ceux qui n’ont
rien fait. Et ce n’est pas en criant fort que l’on trouve
des solutions à ce genre de problème. Il est donc utile
quand on est dirigeant de comprendre que les besoins sont des deux côtés
et qu’il serait important de se retrouver autour d’une table
et de régler le souci d’une autre manière que celle
employée à ce jour. Chacun de nous est responsable à
son niveau. Moi, je prépare une Coupe du Monde et une Coupe des
Nations, je ne prépare pas un match de championnat où
je suis au bas du tableau ! A un moment donné, il faut savoir
remettre les choses à leur place. Il y a une équipe nationale
et il y a un club. Quand on parle de l’équipe de France
qui doit se préparer, les clubs ne discutent pas, mais quand
on parle de la sélection du Mali, pour eux ce n’est plus
la même chose. Il ne faut pas avoir du mépris pour les
autres car tout le monde sait le faire, il faut à un moment donné
faire la part des choses. Je crois que les choses seront recadrés.
Ce qui est important en ce moment, c’est que mon équipe
fonctionne. A partir de là, chacun a ses problèmes, c’est
à chacun de les gérer. |
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| Entretien réalisé
par Jacques Roux, Charly Mouna et Jacques Tidji Crédit Photos © Africafoot.com |
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| Réagissez... | ||