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La CAN de plus en plus sucrée pour les camerounais

Eric Martial Djomo à  Douala

Le 20 janvier dernier, alors qu’était donné le coup d'envoi de la 25ème CAN de l'histoire, bon nombre de Camerounais vendait bien moins chère la peau de leur équipe nationale. La non qualification pour le mondial Allemand était restée au travers des gorges. S'il est vrai que l'auteur du penalty raté du 8 octobre à Yaoundé est resté le principal mis en cause, il n'en demeure pas moins que le reste de l'équipe et les dirigeants de la FECAFOOT ont tout aussi été présenté comme responsables de la contre performance des Lions Indomptables. Cette non qualification a provoqué les réminiscences de la CAN 1972 à Yaoundé ou le Cameroun avait été sorti en demi-finale par le Congo. Pour le premier tour de la CAN Egyptienne, bien peu de Camerounais se souciaient du sort de leur équipe nationale.

Après trois victoires remportées avec panache, les supporters camerounais avaient peu à peu retrouvé le sourire, tout comme la voix, qui s'élevait peu à peu dans les chaumières pour vanter les mérites de cette équipe qui a en son sein le troisième meilleur joueur du monde. Si certains média n'hésitent pas à placer Didier Drogba sur la sellette pour le présenter comme le meilleur, pour les Camerounais, face à Samuel Eto'o, Didier Drogba ne vaut pas grand-chose. Ils voulaient s’en convaincre et pour cela Samuel Eto'o devaient leur donner raison samedi dernier (04/03/06) lors du ¼ de finale tant attendu par tous et qui opposait les Lions indomptables aux Eléphants de Côte d’Ivoire. A Douala comme à Yaoundé, le début fracassant des Lions dans cette 25 ème CAN avait aiguisé les appétits. Le public camerounais étant des plus exigeants, les Lions n'avaient pas droit à l'erreur. Ils devaient se convaincre et faire de même avec les supporters, afin de s'accorder sur le fait que la non qualification n'avait été qu'un faux-pas. Les attentes étaient d'autant plus grandes que des joueurs tels Achille Webo, étaient présentés comme les clés du match. On se souvient de son «hat- tric» du 04 septembre dernier au stade Félix Houphouet Boigny d'Abidjan. Pour bon nombre de supporters, il devait rééditer l'exploit.

La CAN était donc de plus en plus sucrée pour le public camerounais, qui ne tenait pas à perdre le goût de ce nectar. Pour cela, seule une victoire face à la Côte d’Ivoire pouvait assurer la continuité. Le public savait son équipe capable de relever le challenge, hélas les Dieux Baoulé et Bété en ont décidé autrement. Les Eléphants ivoiriens sont venus à bout des Lions indomptables, après une laborieuse bataille. Le retour des Camerounais risque de donner lieu à une autre guerre, cette fois interne, entre les dirigeants du football au pays de Roger Milla. Le spectre de la CAN de 1972 réapparaîtra t-il au sein de la famille sportive camerounaise ? La question est de plus en plus évidente et certaines langues commencent à se délier pour annoncer le départ de certains dirigeants du football camerounais. Il semblerait que des détournements de fonds se seraient effectués par des dirigeants proches du président Iya Mohamed. En tout cas, l’on s’achemine vers une refonte du football camerounais ou tout du moins vers un changement, plus qu’évident, des membres de la FECAFOOT qui présentent un bilan négatif sur le plan sportif et managérial. Tenez, c’est le seul pays qui se trouve avoir un football respecté et craint sur le continent africain, mais qui présente un déficit énorme sur le plan de ces infrastructures. Il a aussi la particularité d’être le seul pays au monde qui revient d’une coupe du monde en étant endetté, qui dit mieux? Pauvre Cameroun, qui est riche en ressources sportives mais manque de tout ! «ALLEZ LES LIONS!», dirons-nous en chœur, mais ce sera certainement avec une note de tristesse pour ceux qui servent le football de ce pays au détriment de ceux qui s’en servent.
Africafoot.com

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