| PEROU 2005 | Archives |
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Par Jacques Roux |
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La presse internationale annonçait JALLOW Ousman, le capitaine de la sélection nationale, version cadet, de Gambie, comme la star des «Youngs Scorpions». Mais ce fut le sociétaire du Wallidan et camarade de club, Ceesay Momodou, qui creva l’écran face au Brésil, champion du monde de la catégorie en 2003 (Finlande). En effet, le jeune Scorpion s’était déjà signalé lors de la coupe d’Afrique des nations cadets à Banjul, qu’organisait son pays, en marquant quatre buts en cinq rencontres. Il nous était à ce moment précis apparu comme étant l’attaquant percutant que recherchent les recruteurs pour étoffer les lignes offensives de clubs prestigieux. L'un des points positifs de la rencontre Brésil/Gambie fut, sans aucun doute, l'éclosion du jeune et talentueux attaquant des «Youngs Scorpions» qui changea la physionomie du match en donnant un souffle nouveau au groupe gambien sur une action ô combien éclatante. Les superlatifs des commentateurs de cette rencontre ne furent pas suffisants pour raconter l’action menée par Ceesay Momodou et le but qu’il a marqué… «Excellent! Formidable! Quel génie! Ce n’est pas vrai! Quel talent! Quel joueur!...» |
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Ceesay Momodou a tout pour plaire, il a le gabarit (84Kg), la taille (1m95) et le talent. Lors de la rencontre qui opposait, le 17 septembre dernier, son pays au Brésil (3-1), à Piura, l’attaquant gambien a semé la panique dans la défense «Auriverde», la rendant folle. Les jeunes Brésiliens se souviendront de lui pendant longtemps, car ils sont appelés à le retrouver sur leur chemin futur. A Banjul, son nom est sur toutes les lèvres, car au soir de la victoire des «Youngs Scorpions» face au Brésil, la bière a coulé à flots dans les bars de la capitale gambienne et particulièrement au «Sénégambie», le bar le plus populaire de la capitale gambienne. Le nom de Ceesay Momodou est associé à toutes les prières, ensuite vient celui de la sélection nationale, ce qui traduit le culte que le peuple gambien et surtout les fans de football de ce pays, commencent à vouer au jeune prodige du Wallidan club de Banjul. Ceesay est capable de changer le cours d’un match. Doté d’un physique impressionnant, d’un bagage technique hors du commun et d’une bonne pointe de vitesse, il nous rappelle un certain Toko Nambatingué, le Tchadien du Paris Saint Germain, dans les années 80. Dans la rencontre qui l’oppose ce jour (20/09/05) au Qatar, il devra pourtant confirmer tout le bien que ceux qui ne le connaissent pas pensent de lui. |
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Du côté d’Africafoot.com, la messe est dite, car nous n’avons aucune inquiétude sur sa prestation de ce soir, à moins qu’une vilaine blessure ne vienne entraver sa progression vers les sommets de ce championnat du monde cadets au Pérou. Ses dribbles ensorceleurs, sa force de pénétration et sa lucidité devant les buts feront certainement la différence face à ses adversaires. C’est un homme qu’il faut surveiller comme le lait sur le feu. Frédéric Osam Duodu, son entraîneur, dit de lui: «C’est un garçon qui sait se faire discret sur un terrain, il prend d’abord la température du match, ensuite il choisit le moment de s’imposer ou d’appuyer sur l’accélérateur. Je crois qu’il est de la race des grands joueurs du continent et qu’il ne mettra pas beaucoup de temps à faire parler de lui chez les seniors. Avec un bon encadrement, Momodou aura une belle carrière dans n’importe quel bon club européen». L’entraîneur ghanéen sait de quoi il parle, lui qui a eu comme joueur un certain Abedi Pelé à l’âge de 16 ans, lors de la Coupe d’Afrique des Nations à Tripoli en 1982 (remportée par le Ghana). Il est souvent regrettable de constater l’importance que la presse européenne accorde aux jeunes pousses du football européen (sud américain, surtout brésilien ou argentin) et reste muette sur l’émergence de talents africains. Pour preuve, lors de la dernière coupe du monde juniors aux Pays-Bas, nous apprenions que l’attaquant argentin Lionel Messi du FC Barcelone était le nouveau Johan Cruif, le nouveau Maradona, voire un autre Pelé… Des garçons talentueux comme ISAAC Promise, MIKEL John Obi, OGBUKE Chinedu, John OWOERI du Nigeria et IAJOUR Mouhssine du Maroc y faisaient figure d’épouvantails et pourtant leur classe était reconnue par de nombreux techniciens de grands clubs européens. |
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C’est souvent le paradoxe entre celui qui est né là où rien ne compte et celui qui est né du côté des nantis. Ce qui permettrait à ce jour d’accorder une attention particulière aux joueurs du continent africain, serait à mon humble avis une organisation de son football sur le plan professionnel et surtout remporter une coupe du monde, voire deux fois de suite, comme le Brésil et l’Argentine… Une présence africaine permanente au plus haut niveau et au sommet du classement mondial lors de phases finales de coupes du monde accorderait probablement beaucoup de crédit au football africain, qui accéderait enfin à la place qu’il mérite. De toutes les façons, ce qui est important à ce jour pour Ceesay Momodou, c’est de mener le plus loin possible son pays dans ce 11 ème championnat du monde des cadets, quoiqu’il en soit, il est indéniable qu’une nouvelle étoile du football est apparut dans le ciel du football africain et qu’elle y scintillera pour longtemps et sera certainement visible des «astronomes» européens… Et qu’elle est loin de s’éteindre. |
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