Le Dossier Archives
BILLETS DE LA COUPE DES CONFEDERATIONS 2003 : "LA TAXE NGUINDJOL" EST ARRIVEE
Après la déroute de 2002 au pays du soleil levant, les petits arrangements entre amis continuent d’avoir droit de cité – impunément - au Cameroun. Or, la morale de l’histoire veut que les crises ne soient jamais ni une fatalité, ni un accident. Malgré la déception et l’amertume de la défaite du mondial 2002, le Cameroun ne semble pas avoir tiré les leçons de la débâcle nipponne. "L’impréparation" - le mot est de Patrice Mboma - habituelle du Cameroun a refait surface pour la prochaine compétition des Lions Indomptables qui commence le 19 juin prochain contre le Brésil. Pourtant, la gestion des crises s’accommode mal de l’improvisation.
Le Cameroun ne s’est pas réellement préparé à cette compétition. Ajoutée à cela, la liste des joueurs préalablement fournie par l’entraîneur allemand du Cameroun, Winfried Schäffer, a été profondément remaniée par le ministre Pierre BIDOUNG MPKATT à qui l’on ne connaît pourtant aucune compétence particulière en football. En effet, avant de devenir ministre, il s’était surtout signalé comme comique camerounais, sa pièce la plus connue dans les écoles primaires de Yaoundé s’intitulait alors "Mini Pam-Pam Chaud Gars". A peine arrivé à Paris, André Nguidjol, le directeur administratif des Lions déjà impliqué dans plusieurs malversations avec son alter ego de la fédération, David Mayebi, mettait en vente les billets du contingent des supporters camerounais au 26 rue de Longchamp à Paris (16ème) avec une majoration de 3 € par billet : la "Taxe Nguidjol" est née. Une sérieuse plus-value que Nguidjol réalise puisque le nombre de billets confiés au Cameroun se compte en dizaine de milliers. Il est utile de rappeler que des billets des matches des Lions Indomptables sont fabriqués en France chez DATASPORT, sans que l’on connaisse son tirage réel puisqu’il n’a jamais été annoncé ou déclaré. Seuls quelques proches Apparatchiks ont le contrôle de cette manne qui voyage dans des malles bleues les veilles de rencontres internationales à Yaoundé.
Malgré, le scandale de 1998 et ceux de 2002, Nguidjol à qui l’on prédit souvent un séjour en prison au regard de son parcours de "sinistre", a organisé une malversation sur les billets de la FIFA alors même qu’il est expressément marqué sur les billets que les prix fixés par la FIFA sont inchangeables puisque la location et les taxes y sont déjà incluses. Vous pourrez retrouver le prix des billets en question sur le site de nos confrères camerounais, CAMFOOT.COM. Les tarifs sont annoncés depuis un moment, preuve de la bonne mise en place du système et la plus-value risque d’être très élevée si tous les Africains, amoureux des Lions Indomptables, sollicitent cette voie pour acquérir le sésame. Sommes-nous entrain de nous tromper sur la manigance ? Non ! Le prix du billet est bien marqué sur le ticket et cela ne trompe personne. "Les trois euros en plus demandés font partie des taxes," répond un des responsables de vente de la rue de Longchamp. "Nous n’avons pas fabriqué de billets, c’est Monsieur Nguidjol qui est venu personnellement nous les remettre, et les prix fixés ne sont pas de notre ressort, posez la question aux bonnes personnes," ajoutera notre interlocuteur. Il faut savoir que les matches ne se jouent pas à guichets fermés et qu’il est possible d’obtenir les billets au stade ou à la fédération française de football. Et si la FIFA avait donné l’autorisation de majorer le tarif des billets à la FECAFOOT, ce que nous ne pensons pas, il y a lieu de s’inquiéter et de s’interroger sur le fonctionnement de la billetterie au sein de l’organe suprême du football mondial.
L’on espère juste que par la grâce du ciel, le Cameroun évitera une déconfiture contre le Brésil qui vient de battre le 11 juin 2003 à Abuja le Nigeria par trois buts à zéro. C’est tout le mal qu’on leur souhaite car les Lions Indomptables ont les moyens de faire bonne figure dans ce tournoi des confédérations.
Jackson Na Nyango

Réagissez...