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La FECAFOOT : 10% DE MAJORATION… PARCE QU'ILS LES VALENT BIEN…

Par Jacques Roux

Le débat sur la billetterie majorée de la Fécafoot étant irrémédiablement engagé, il s’agit à présent de le poursuivre, le développer, l’élever, et de tenter d’apporter des réponses à des questions restées jusqu’ici sans réponse. Dans quelques jours débutera la Coupe des Confédérations, et de nombreux billets sont encore en vente dans les huit pays participants. Mais force est de constater que seul le Cameroun, fidèle à ses habitudes et à sa réputation, applique une tarification différente des autres. Pourquoi, dans ce seul pays, les tarifs des billets mis en vente sont-ils supérieurs de 10% aux tarifs officiels?
Un communiqué de presse de la Fécafoot nous apprend "que la FIFA autorise les fédérations qui le souhaitent à majorer de 10% le prix facial des billets". Soit; nous ne mettons pas en doute cette information, ni son origine. Mais nous nous interrogeons sur les motivations profondes et la destination réelle de cette majoration que seule applique la Fécafoot. Nous avons beaucoup de respect pour le trésorier de la FECAFOOT, Monsieur Alioum Alhadji, mais là, il s'est moqué très fort des supporters des Lions Indomptables. Il serait intéressant de pouvoir connaître le détail des "charges directes", raison invoquée par la Fécafoot pour expliquer officiellement ces fameux 10%, qui iront peut-être finalement garnir certaines poches qui ne demandent qu’à être remplies…car nous constatons que la Fédération Française de Football n’a pas quant à elle jugé nécessaire d’appliquer cette majoration. Sauf erreur de notre part, les fédérations nationales n’ont à supporter aucun frais relatif à la vente des billets. De plus, les tribunes réservées et sécurisées le sont effectivement, mais par le pays organisateur. Ici encore, ces 10% ne trouvent pas leur justification, et ne peuvent prétendre être des "charges directes" incombant à la Fécafoot.
Ensuite, il faudra se demander comment sera répartie cette somme de bénéfices. De l'Etat camerounais ou français, qui va imposer sa taxe? Il est souhaitable de rappeler que la FIFA précise sur les billets, la mention "Toutes charges comprises". N'importe qui pourrait à ce jour commander des billets et les revendre à son propre prix. Au pire, il suffirait d'acquérir la totalité des billets et de créer une crise de la billetterie, ce qui aurait pour conséquence une augmentation supérieure aux 10% de la FECAFOOT. Cela s'appelle de la spéculation. Cette pénurie risquerait au préalable de laisser libre cours à toutes les dérives quand on connaît les esprits vifs de certains "responsables." Il faut savoir que les points de vente mis en place par les organisateurs ont fait leurs preuves depuis la coupe du monde 98 et que l'on ne voit pas l'intérêt de mettre une structure de vente de billets par la FECAFOOT en France, surtout si ces billets sont négociés à la hausse. En général, l'avantage d'être supporters ou fans d'une équipe devrait plutôt nous faire bénéficier de certains privilèges : la priorité, l'accès facile, voire la baisse du tarif affiché. Or là, les responsables du football camerounais sont passés maîtres dans l'art de la négociation à la hausse. Ce qui est tout de même étonnant !
Nous portons à l'attention du Fan des Lions Indomptables que les billets sont en vente partout en France et même en Belgique. Nous mettons à votre disposition la liste de tous les points de vente qui vous épargneront la longue route qui mène au 26 rue de Longchamp à Paris. Chacun de vous y trouvera un billet, simplement en se rendant chez Carrefour, à la FNAC... et vous aurez votre billet au tarif FIFA et FFF sans les 10% de plus-value de la FECAFOOT. Est-il nécessaire de payer aussi cher son amour pour la sélection nationale et surtout pour son pays? Cette tribune "réservée et sécurisée" n'est pas la chasse gardée de la FECAFOOT, ce n'est qu'un espace désigné pour ses supporters, blancs, noirs ou jaunes, voire rouges ! Les responsables auraient dû justifier cette augmentation par l'offre d'un tee-shirt par exemple, mais rien n'est proposé en retour aux fans. Ceux qui souhaitent investir trois euros dans la construction d'un espace (Stade, centres d'entraînement, école de football..) pour le développement du football au Cameroun, que ces mêmes responsables ont de longue date oublié, contactent des écoles comme Matoutou club... Le patron de cette école sera heureux d'accueillir ses bienfaiteurs.
En consultant le site internet de la FIFA, (http://fifaconfedcup.francebillet.com/home.jsp), nous y avons trouvé les tarifs officiels des billets, à savoir 15 €, 30 € et 45 €, que la Fécafoot revend elle-même respectivement à 16,50 €, 33 € et 49,50 €, respectant ainsi scrupuleusement le dépassement de 10% autorisé par la FIFA. Il est possible d’acheter en ligne son ou ses billets, au tarif officiel, sans aucun frais supplémentaire. Ceci à condition toutefois de posséder une carte bancaire ; ce n’est probablement pas le cas de tous les acheteurs camerounais potentiels, et la Fécafoot ne l’ignore pas. Il est utile de rappeler qu'en France trois modes de paiement sont acceptés, or nous constatons que les vendeurs n'acceptent que des espèces sonnantes et trébuchantes. La solution la plus facile pour les acheteurs consistant à acquérir son billet directement au pays, sans même être sûr d’obtenir son visa pour la France, que les moyens de communication et de payement sont limités, la Fécafoot sait pertinemment qu’elle sera le seul et unique réseau de distribution au Cameroun. La méthode est légale, bien sûr, mais elle exploite honteusement l’ignorance de nombreuses personnes, et cette ignorance profite à d’autres, qui ne se privent pas de l’entretenir, à leurs fins utiles. C’est sans compter que nous ne sommes pas tous (malheureusement pour certains) des moutons bêlants, et que si nous possédons un tant soit peu de curiosité, nous chercherons d’autres moyens d’obtention de ces billets, à moindres frais qui plus est.
Une autre solution simple consiste à se rendre, une fois arrivé en France, à l’un des nombreux points de vente des billets, dont la liste est diffusée par la FIFA sur son site internet http://fifaconfedcup.francebillet.com/points_vente.jsp?searchptv=1&pays=F&region=RPA. Cette fois encore, il n’y a pas de coût supplémentaire. Ces revendeurs fournissent un accès facile à l’acquéreur, sans réaliser de bénéfices. Pourtant, ils auront eux aussi à faire face à des frais d’organisation de vente et personnel supplémentaires. Alors, la question coule de source : pourquoi seule la Fécafoot majore-t-elle ses tarifs ? Son organisation et sa logistique hors du commun vaudraient-elles si chères ? Verse-t-on des salaires de ministres au personnel revendeur ? Car il est bien mentionné qu’il s’agit de charges, mais ces charges nous semblent bien importantes…

Un petit récapitulatif des tarifs proposés respectivement par la FIFA et la FECAFOOT nous donne une idée précise du montant de la plus-value espérée par la FECAFOOT. Les chiffres parlent d’eux-mêmes (Simulation sur la base de 1.000 billets):

FIFA
Billets à 15 €
Billets à 30 €
Billets à 45 €
Quantité de billets pour 1 match
1.000
1.000
1.000
Total prix de vente FIFA
15.000
30.000
45.000
Total FIFA
90.000 €
TARIFS FECAFOOT
FECAFOOT
Billets à 16,50 €
Billets à 33 €
Billets à 49,50 €
Quantité de billets pour 1 match
1.000
1.000
1.000
Total prix de vente FECAFOOT
16.500 €
33.000 €
49.500 €
Total FECAFOOT
99.000 €
Plus-value FECAFOOT en €
Pour 1 match
9.000 €
Plus-value FECAFOOT en F.CFA
Pour 1 match
5.903.613 CFA
Plus-value FECAFOOT en F.CFA
Pour 3 matches
17.710.839 CFA
Le bénéfice dégagé total des trois matches joués par le Cameroun serait de 27 000 €, soit près de 18 millions de francs CFA. Ceci n’est qu’un exemple, mais c’est malgré tout un exemple probant de bénéfice net.
Il n’est pas question ici de dénoncer une organisation, ni de dénigrer des personnes, mais de mettre en évidence des informations auxquelles nos lecteurs doivent avoir accès en toute liberté. Nous allons peut-être susciter des réactions de diverses natures, mais après tout, que l’on soit aimé ou détesté, l’essentiel n’est-il pas d’avoir été entendu pour ce que l’on a voulu communiquer ?
Jacques Roux à Paris

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