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La disparition tragique de Marc-Vivien Foé : POURQUOI ?

Par Jacques Roux

Après notre silence qui a suscité plusieurs interrogations de la part de nos lecteurs, nous tenions à y voir un peu plus clair avant de vous donner des nouvelles. Africafoot.com a cherché à comprendre ce qui s'est réellement passé, et jusqu'à ce jour, après différentes enquêtes de notre part, nous ne sommes toujours pas en mesure d'expliquer une telle tragédie. Pourquoi Marc Vivien Foé est-il mort ?
48 heures après le brusque décès de Marc-Vivien Foé, nous ne pouvons toujours pas croire à cette terrible réalité, et nous n'avons pas davantage de réponse à la question que nous nous posons tous : "Pourquoi ?"
"Pourquoi s'est-il brutalement effondré, alors qu'apparemment, il était en bonne santé, et que rien ne laissait présager ce qui lui est arrivé ? "
" Pourquoi sont-ce les joueurs qui ont réagi avant l'équipe de secours ? "
" Pourquoi a-t-on eu l'impression que les secours n'ont pas constaté immédiatement la gravité de son état ?"
" Pourquoi n'a-t-on pu le sauver ? "
"Pourquoi après une diarrhée qui a duré deux jours a-t-on autorisé Marco a jouer cette rencontre? Qui a donné l'ordre ? Il serait opportun de recueillir le diagnostic du médecin des Lions Indomptables avant la rencontre. Quand on sait qu'une diarrhée affaiblit considérablement un homme, et que le temps de récupération est aussi important pour le commun des mortels - sportif ou pas - dans ces cas là. Le système médical mis en place par la FIFA et le comité d'organisation au niveau du stade Gerland à Lyon, était-il digne d'un tournoi aussi important au vu du rythme des rencontres (Tous les deux jours). Il faut que du côté des organisateurs, cette tragédie soit clarifiée et que les responsables soient désignés. Il est impensable de croire qu'en ce début du troisième millénaire, et dans un pays aussi avancé sur le plan de la technologie, de la médecine, et de l'organisation, un être humain passe autant de temps sans un diagnostic exacte des causes de sa mort. Tout laisse à penser que la défaillance humaine est la première cause de la mort de Marc Vivien Foé. La spéculation au niveau des diagnostics - Arrêt cardiaque, rupture d'anévrisme… - ne sont pas des signes ou des marques de respect pour Marc Vivien Foé, sa famille et ses proches qui n'attendent autre chose que la vérité. Par respect pour son épouse et ses enfants, nous la leur devons.
Ces premières questions, auxquelles des éclaircissements devraient bientôt être apportés, suscitent pourtant une autre interrogation, peut-être plus complexe :
" Les équipes de secours présentes sur les terrains sont-elles composées d'intervenants suffisamment qualifiés pour gérer des situations médicales critiques, voire extrêmes ? "
A l'occasion de chaque compétition, de chaque match, une équipe de secours est présente, prête à intervenir immédiatement en cas d'incident, de chute, de blessures. Ces équipes (secouristes, pompiers …) sont bien sûr parfaitement rompues à ce type d'interventions, qu'on pourrait éventuellement qualifier de " légères ou modérées".
Mais que se passe-t-il lorsque survient un jour un incident grave, qui n'a, a priori, aucun rapport avec une chute ou une blessure ?
Ce qui vient d'arriver à Marc-Vivien Foé pourrait arriver à chacun d'entre nous, nul n'est à l'abri. Même si nos joueurs sont dotés d'une excellente condition physique, même s'ils sont extrêmement suivis sur le plan médical, avant, après et autour des compétitions, et a fortiori à l'occasion des transactions et des transferts inter-clubs, ils devraient l'être également, du moins en substance, durant les matches, où les efforts physiques qu'ils fournissent sont encore plus intenses. Ne négligeons pas non plus le facteur " stress ", qui peut également avoir des conséquences plus ou moins néfastes sur certains organismes plus sensibles que d'autres. Nos joueurs sont souvent des forces de la nature, mais même une force de la nature n'est pas invulnérable…
Le cas de Marc-Vivien Foé n'est malheureusement pas le premier. Il conviendrait à présent de réfléchir à ce qui pourrait être amélioré, aux solutions qui devraient être trouvées, pour éviter, autant que possible - car le risque zéro n'existe pas - que cela ne se reproduise. Il sera sans doute difficile de dire, même lorsque nous aurons tous les éléments à notre disposition, si Marc-Vivien Foé aurait pu être sauvé, si ce drame aurait pu être évité. Il s'agit dès lors que chaque partie concernée directement par ce décès, tire les leçons.
Nous sommes tous conscients aujourd'hui, passés le premier choc, la stupeur et l'incrédulité, qu'il serait peut-être nécessaire de transformer certaines structures, de mettre en place des équipes médicales à proprement parler, avec des qualifications professionnelles, des compétences et desconnaissances plus approfondies qui existent à l'heure actuelle, et qui sont probablement insuffisantes pour pallier à de telles situations d'urgence médicale. Ne serait-il pas important de construire des stades équipés d'un département à même de prodiguer des soins intenses car ce jour 26 juin 2003 nous a prouvé que nous en étions loin. Il faut que le décès de Marco serve de leçon et que l'après Foé soit une nouvelle ère ouverte à la compétence médicale sur les terrains de football.
Jacques Roux

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