| Réactions | Archives |
| Les
témoignages de ceux qui ont côtoyé Marc-Vivi
en
Foé. "Le poids des mots, la force du témoignage" Réactions recueillies par Jacques Tidji |
|
![]() |
|
Bill Thato (Joueur de la sélection camerounaise) depuis Paris
|
|
| "C’est terrible.
Jusqu’à présent, j’ai du mal à y croire.
J’ai l’impression d’être dans un rêve
et je me dis que je vais me réveiller et qu’il sera là
et on va rigoler comme d’habitude. Je n’y crois toujours
pas. Les autres non plus d’ailleurs. Figurez-vous qu’on
s’est côtoyé toute la saison et jusqu’à
la dernière minute sur le terrain de football. Il nous quitte
comme ça. Brutalement. C’est très difficile à
accepter. Nous essayons de cacher notre tristesse, mais ce n’est
pas simple. Les nuits sont difficiles .Ce n’est pas évident.
On n’oubliera jamais ce qu’on vient de vivre."
"Pour l’instant le groupe est solidaire. Nous essayons de faire notre deuil. Mais, avec la presse, les médias qui reviennent constamment sur ce drame, les choses ne sont pas simples. Jeudi, 03 juillet, il y aura une messe à Lyon et nous rentrons au Cameroun avec le corps vendredi prochain. Cela sera encore un moment difficile. Marco nous manque terriblement eu sein du groupe." |
|
| Marcel Mahouvé (Ancien international camerounais – ancien sociétaire de Montpellier : L1– France) depuis Montpellier
|
|
| "C’est
une forte émotion pour nous tous footballeurs camerounais et
internationaux qui avons côtoyé Marco. C’est quelqu’un
que je connaissais depuis le Cameroun. Nous avons eu à nous rencontrer
à plusieurs reprises, dans le cadre des habituels derbys de Yaoundé
entre le TKC et le Canon. Déjà ce qui nous frappait à
l’époque, c’était sa capacité à
gérer les situations difficiles. Par la suite, nous nous sommes
fréquenté au sein de la sélection nationale. En
1994, déjà, nous avons été appelé
en présélection par Henri Michel avant la Coupe du Monde.
Ensuite, en 1996, nous sommes allés ensemble en Afrique du Sud
avec le coach de l’époque Jules Nyonga. Partout où
on est allé, Marco avait un comportement exemplaire. Et, particulièrement
lors de la somptueuse victoire du Cameroun à la CAN 2000. Il
était un homme calme, à l’écoute de ses partenaires
et ses dirigeants. C’était un des leaders naturels du groupe
Cameroun."
"En ce qui concerne la finale, je pense sincèrement qu’il fallait la jouer. D’abord pour la mémoire de Marc-Vivien Foé, ensuite pour exorciser cet événement triste. N’oublions pas que le groupe est constitué pour la plupart de pros. Leur métier, c’est le football. Il fallait montrer non seulement sa solidarité, mais également sa force mentale pour honorer la mémoire du vaillant Lion qu’a toujours été Marco. Personnellement, j’ai des contacts en Allemagne. Je me prépare à y passer des tests. Je me prépare et je fais mon petit travail personnel. Depuis le décès de Marco, je sens mes forces décupler. J’ai envie de dire à tous les footballeurs camerounais qui sont professionnels qu’ils ont désormais un devoir d’exemplarité. On le doit tous à Marco." |
|
Robert
Despays (homme d’affaires camerounais – Responsable d’un
charter de supporters – Paris) depuis Paris |
|
|
"Je connaissais
bien Marc-Vivien Foé. Je suis très proche de son père.
D’ailleurs, je fais partie des membres de la cellule familiale
chargée de préparer ses obsèques à Lyon
et au pays. Croyez-moi, c’est un choc terrible!
J’étais comme d’autres compatriotes dans les tribunes
à Gerland quand ce vaillant garçon est tombé. J’ai
eu un mauvais pressentiment. J’en discutais d’ailleurs avec
mon ami maître Nguini, quand l’information de son décès
est tombée. Ce fut un moment de grande stupéfaction."
"Je me souviens encore, quand il habitait le quartier Essos Chapelle à Yaoundé, il jouait au sein de FOGAPE Football Club. Maître Nguini, Théophile Abéga et Eyébé Lebogo étaient allés voir son père pour lui demander l’autorisation de recruter son fils au sein du Canon de Yaoundé. Son père, fervent supporter de TKC, l’éternel rival de Canon de Yaoundé avait répondu, mot pour mot : "je vous donne mon fils à condition qu’il ne joue dans deux jours contre le TKC." C’est ainsi qu’il était arrivé dans le Canon, avant de passer professionnel en Europe. Ce qui m’a toujours frappé avec Marc-Vivien, c’était sa capacité d’écoute. Il était toujours attentif." |
|
|
Dahirou Djintouing (Fondateur du centre de formation ZAPAZON Football Academy de Kaélé – Ancien Directeur Sportif de Cotonsport de Garoua) depuis Garoua
|
|
|
"Il a
commencé en fait sa carrière de footballeur à Garoua.
Au début des années 90, il a joué deux ans pendant
deux saisons av ec
Union de Garoua, ensuite il est passé dans Elect Sport de la
même ville. J’étais à l’époque,
le Directeur Sportif de Cotonsport de Garoua. Je l’avais approché
afin de le recruter au sein de notre club. C’est à ce moment
que FOGAPE a fait appel à lui. Et, il est parti ! Je tenais à
rétablir cela pour l’histoire. Les gens de Garoua ne comprennent
pas très bien qu’on évoque pas dans son parcours,
cet épisode essentiel de sa courte vie. Marc-Vivien Foé
n’a pas été découvert par le Canon de Yaoundé.
Nous qui l’avons connu à l’époque où
il était encore jeune à Garoua, nous pouvons vous affirmer
qu’il a toujours été ainsi : calme, pondéré
et respectueux. Les milieux sportifs du Grand Nord Cameroun sont aussi
touchés que le reste du pays. Le Cameroun perd un grand de ses
dignes fils." |
|
Maître
Nguini (Avocat à Yaoundé – Membre de la délégation
officielle camerounaise à Paris) depuis Paris |
|
|
"En fait,
Foé, est quelqu’un pour qui j’avais une tendresse
particulière. On avait une relation assez spéciale. Je
faisais partie de la délégation qui est allée voir
son père, à l’époque où son fils jouait
au sein du Fogape de Yaoundé. L ‘enjeu était simple.
Vous savez que Canon et Tonnerre de Yaoundé ont toujours été
des rivaux. Je faisais partie de la direction du Canon à ce moment-là.
Deux jours avant le match décisif que nous devions livrer contre
le TKC, nous sommes allés voir son père. Il nous a clairement
dit qu’il acceptait de nous céder son fils à condition
qu’il ne livre pas le match contre le TKC. Chose que
nous avons acceptée. Et, nous avons bien fait. Car, par la suite
ce garçon s’est imposé comme un des leaders de l’équipe
et de la sélection nationale, les Lions Indomptables. C’était
un des joueurs décisifs de Canon. Il marquait beaucoup de buts
et surtout de la tête. Nous avions coutume de le prendre en aparté
à la veille des grandes rencontres pour le sensibiliser sur les
enjeux. Et, à chaque fois, il a toujours donné le meilleur
de lui-même. Je voulais aussi ajouter qu’à mon sens,
il n’a pas toujours été utilisé dans les
clubs professionnels au sein desquels il a évolué à
sa juste valeur. A Lyon, par exemple, j’ai eu le sentiment qu’ils
n’ont pas su utiliser tout son potentiel, notamment offensif.
A Manchester, je l’ai trouvé meilleur."
"Mais, ce qui m’a le plus frappé chez Foé, c’est son extrême humilité. Il vouait un respect sans limite à son père envers lequel il a toujours manifesté une obéissance sans faille. Oui, c’est ça, Marco était extrêmement humble ! Et ce n’est pas sa seule qualité. Malgré sa réussite professionnelle, il est toujours resté simple et proche des gens." |
|
|
Winfied Shäffer (Sélectionneur du Cameroun) depuis le Stade de France à Saint-Denis
|
|
"J’étais
complètement perdu à l’annonce de cette terrible
nouvelle. Je ne savais pas ce qu’il fallait faire. Song est venu
me parler comme il l’a fait avec tous les joueurs. Cela m’a
beaucoup aidé à tenir le coup. La mort de Marc-Vivien
Foé est une énorme perte pour le football, sa famille,
mais aussi tout le Cameroun. Je suis dans le football depuis de nombreuses
années. C’est la première fois que je rencontrais
un footballeur avec un tel charisme. Il était exceptionnel, Marc-Vivien
Foé. Pour l’instant, nous préparons notre retour
au Cameroun. Et cela sera encore plus émouvant."
"Je tiens à préciser que personne ne nous a forcés à jouer la finale. C’est la décision des joueurs et de l’entraîneur. Nous devions cela à Marco." |
|
|
Jacques Santini (Sélectionneur de l’Equipe de France) depuis le Stade de France à Saint-Denis
|
|
| "Laissons de côté le résultat du match. Le silence qu’il y a eu avant le match (NDLR : pendant la minute de silence) signifie beaucoup de choses pour tous ceux qui ont connu Marc-Vivien Foé… J’en fais partie. Je l’ai entraîné à Lyon. C’était un garçon attachant et loyal. Il nous manquera." | |
| Jacques Tidji | |
| Réagissez... | ||