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 Mondial Juniors – Abu Dhabi 2003 : Les Chances des Africains

Par Charly Mouna

Trois sur quatre. A mi-parcours des 14èmes championnats du monde juniors qui se déroulent aux Emirats, le comportement des équipes africaines est tout à fait honorable. De nos quatre représentants qui prennent part à l’événement, seul le Mali, volontaire mais trop limité, est resté à quai. Le Burkina Faso, L’Egypte et la Côte d’Ivoire avec des mentions diverses, ont réussi l’examen de passage pour les huitièmes de finale. Le trident peut poursuivre l’aventure en entretenant les rêves les plus fous. Une réussite collective, fruit d’un travail savamment mené, qui ne peut que soulager les amoureux du football africain. Car, la saison de nos représentants, dans les diverses compétitions organisées par la FIFA, n’avait jusque là été reluisante. Hormis cette place de finaliste du Cameroun, lors de la Coupe des Confédérations à Paris en juin dernier, la moisson avait été bien maigre... une vraie misère !
En effet, aucune des trois équipes (Cameroun, Nigeria et Sierra Leone) n’avait accédé au second tour à Helsinki, à l’occasion des mondiaux cadets. Idem aux Etats-Unis, ou Nigérianes et Ghanéennes avaient montré elles aussi leurs limites, pendant la Coupe du Monde féminine. En parcourant ce tableau bien sombre, Abu Dhabi 2003 constitue déjà une bouffée d’oxygène, un coin de ciel bleu. Faut-il déjà s’en réjouir ? Absolument pas. Et ce serait d'ailleurs se contenter de la portion congrue. Car, Burkinabés, Egyptiens, et Ivoiriens, nos valeureux étendards, sont capables de faire aussi bien que la cuvée précédente. «Argentina 2001» avait été une réussite pour le football africain. Avec deux équipes sur le podium (Ghana, Egypte), et une troisième quart de finaliste (Angola), l’Afrique avait fait sensation au pays de Javier Saviola (FC Barcelone). Le tableau de marche des Africains ressemble à s’y méprendre à celui affiché en Argentine, au même stade de la compétition. Seul l’Ethiopie avait abdiqué à l’issue du premier tour. Aussi, l’exploit peut-il à nouveau se rééditer.
Dès lundi prochain (08/12/03), Le Burkina Faso, l’Egypte, et la Côte d’Ivoire affronteront respectivement, le Canada, l’Argentine, et les Etats-Unis. Autant dire, de sérieux clients. Le mieux loti des trois africains semble le Burkina Faso. L’équipe dirigée par le Néerlandais Mart Noij a étonné plus d’un observateur par son sens de l’organisation. Soumaila Tassembédo et ses partenaires ont donné une leçon de jeu collectif et d’organisation à tous leurs adversaires. Un régal ! Seul bémol à leur tableau, l’efficacité offensive. Aristide Bance et ses frères pêchent énormément dans la finition ! Dommage, car les jeunes étalons auraient pu l’emporter à chacune de leur sortie avec deux voire trois buts d’écart ! On a presque oublié l'absence de Wilfried Sanou (Fribourg) qui a décliné sa sélection en priviligiant son club.
La Côte d’ivoire c’est connu, regorge de talents. Mais, elle devra se méfier des Etats-Unis. Les «Eléphanteaux» qui se sont qualifiés dans le groupe E en compagnie de l’Irlande, ont montré des limites sur le plan défensif. Kouyo Gbalou a beau être solide, mais le joueur de Lecce (Italie) éprouve les pires difficultés à diriger sa défense. Du coup, l’équipe qui séduit par son jeu offensive, donne des sueurs froides à son coach, Mama Ouattara, qui n’a jamais autant donné de la voie que lors de ce tournoi. A l’occasion de la dernière rencontre de poule à Al Ain, l’Arabie Saoudite aurait pu l’emporter sans qu’il n’y ait à crier au scandale. Pour la suite de la compétition, le groupe devra se montré solidaire et faire preuve de sérénité. Et des gestes inadmissibles comme celui du capitaine Gosso Gosso vis à vis de son entraîneur alors qu'il se faisait remplacer contre l'Arabie Saoudite devront être gommés.
L’Egypte n’aura pas la partie facile devant l’Argentine, championne du monde en titre, qui a réalisé jusque là un sans faute. Après avoir marché sur le Mali (3-1), les «Albicelestes» trouve à nouveau sur leur chemin, un représentant de notre continent. Le champion d’Afrique en titre. Herrera le poison, Ferreyra l’artificier, face à la défense de fer des «Pharaons» commandée par son excellent gardien Sherif Ekramy. Dans ce que de nombreux observateurs considère comme le match au sommet de ces huitièmes de finale, tous les espoirs sont permis aux Princes du Nil ! Même si aucune équipe africaine n’est arrivée à bout de l’Argentine en phase finale de coupe du monde, dans cette catégorie. Emad, le buteur de Al Ahly (D1 Egypte) et ses frères peuvent faire dérailler la machine de guerre dirigée par Hugo Tocalli ! A condition d’éviter tout errement, comme lors de la défaite face au Japon ! Alors, croisons les doigts pour nos trois valeureux représentants.
Charly Mouna

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