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Parfums de CAN : "La Coupe
d'Afrique des Nations 2002 est Sucrée".
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Dimanche 13 février 2000. le
Stade Suruléré de Lagos con struit
à la fin des années 70 affiche complet. C'est la finale
de la 22ème édition de la Coupe d'Afrique des Nations
de Football, la CAN. La plus prestigieuse des compétitions
en Afrique. Les "Lions Indomptables" du Cameroun
donnent la réplique aux "Super Aigles" du Nigeria,
dans leur "nid" fétiche. L'ambiance est tendue.
Le score est à ce moment de 2 buts partout. Les spectateurs, bariolés
aux couleurs de leurs favoris retiennent leur souffle...Ils sont crispés...
Les joueurs aussi. Ils s'observent, se jaugent. C'est un véritable
jeu d'échecs. Chacun ajuste sa stratégie afin de
porter le coup fatal, bref, il faut mater (définitivement) l'adversaire!
Ce jour, le niveau de jeu et la forte pression du public nigérian
ont atteint par moments leur paroxysme. L'Afrique sportive assistait
à une rencontre de très haut niveau, digne d'un match de
Coupe du Monde... D'une finale de Coupe du Monde ! |
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Le parfum de "sucre et
de glace" qui se dégageait de la pelouse pour gagner les
travées du mythique "Suruléré Stadium",
et créer cette atmosphère particulière n'était
certainement pas le fruit du hasard. En passant au crible les deux finalistes,
un constat sautait aux yeux. Les 22 acteurs présents sur le rectangle
de jeu évoluaient dans des clubs professionnels européens,
et pas des moindres. En ce jour de fête Africaine, les "Couronnes"
d'Europe étaient bien représentées sur la
pelouse de la mythique arène de Lagos. Liverpool (Song), Réal Madrid (Gérémi), Milan (West), Ajax Amsterdam (Babangida), Juventus de Turin (Oliseh), (pour ne citer que ceux-là), font partie depuis des lustres du gotha du football européen. A eux seuls, ces quatre "Seigneurs" totalisent 22 titres en Ligue des champions! Difficile en effet de réunir un meilleur plateau sous les tropiques ! L'Europe du football à la Coupe d'Afrique des Nations! C'est la compétition africaine qui prend alors toute sa dimension internationale. Celle qu'elle mérite, après tout ! |
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La Coupe d'Afrique des Nations,
une fierté, la CAN, un pa trimoine...
Notre patrimoine à nous, Africains. Il devient dès lors
impératif pour les Africains d'assurer sa pérennité.
La CAN doit mobiliser les esprits. Et être l'objet de toutes
les attentions. Elle doit résulter d'une organisation sans faille,
parfaitement maîtrisée, par des comités dignes de
ce nom. Des efforts louables au niveau de l'organisation sont faits, et
nous encourageons les fédérations à les poursuivre.
Seulement, pour se marier, il faut être... au moins deux. Et L'organisation, aussi maîtrisée quelle soit, ne suffit pas à elle seule pour faire une grande CAN. Le spectacle doit lui aussi être de qualité. Il faut pour cela que les meilleurs acteurs du continent soit présents au rendez-vous. Disputer la CAN pour le professionnel Africain le plus aguerri doit (re)devenir un privilège, un honneur, une priorité, pas une contrainte. |
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Grâce à la puissance financière
de ses clubs, ainsi qu'à la qualité de son organis
par les meilleurs acteurs de la planète. Et tout autour de l'Europe
? Le désert... En Amérique, en Afrique, le
spectacle s'est considérablement appauvri, parce que les meilleurs
acteurs sont partis... Assistons-nous au retour des conquistadors? Si
c'est le cas, il faut très vite trouver une solution pour se défendre,
et la seule que nous avons en ce moment n'est autre que le passage au
professionnalisme. C'est la seule arme qui pourra nous permettre de ralentir
l'exode de nos enfants footballeurs. Si vous dites que nous n'avons pas
d'argent pour cela, vous allez nous obliger à utiliser l'autre
arme (Suivez mon regard) pour laquelle, il y aura toujours de l'argent. |
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Dans les années 60, et même
jusqu'à la fin des années 70, seuls les clubs Sud -Amé ricains,
Brésiliens (Sao Paolo, Botafogo, Flamengo) et Argentins
(River Plate, Boca Junior) pouvaient contester l'hégémonie
européenne en conservant leurs meilleurs artistes. Ainsi, le Roi
Pelé qui bénéficiait de conditions financières
intéressantes au sein du club de Santos avait pu résister
sans mal aux "Pésétas" du Réal
de Madrid, qui rêvait de l'associer à un autre génie
du ballon rond, l'Argentin, Alfredo Di Stefano. Du Zidane-Figo,
avant l'heure, toutes proportions gardées, évidement! Aujourd'hui,
le déséquilibre financier entre les clubs des deux continents
est tel que les meilleurs éléments sud-Américains
sont aspirés (de plus en plus jeunes ) par les puissants "Cousins"
d'Europe. Les Argentins Pablo Aimar (21 ans), Ravier Saviola ( 19 ans
), ou le Brésiliens Ronaldhino (21 ans), pour ne citer
que ces trois joyaux au talent naissant, témoignent d e
l'exode brutale et massif vers... l'Euro! Impitoyable... Par
petites couches, et forts de la puissance qui leur assure bien des privilèges,
les clubs les plus puissants du "vieux continent", ceux-là
même qui (pour l'instant) libèrent encore leurs joueurs Africains
afin qu'ils participent à la CAN, assoient leur domination
sur le monde du football, et ses institutions. La naissance d'une "nébuleuse" comme le "G14" (qui regroupe les clubs les plus riches d'Europe) tend à renforcer ce sentiment. Et sa montée en puissance ne pourra se faire qu'au détriment de la FIFA, et des sélections nationales, que cette dernière s'évertue à protéger, dans son intérêt, et pour sa survie... |
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Imaginez que le "G14"
obtienne de la FIFA des droits de veto sur
les joueurs dont ils sont (avant tout) les employeurs. Le scénario
catastrophe en quelque sorte. Imaginez ce dimanche 13 février,
Camerounais, Nigérians, bref Africains privés de leur meilleurs
éléments, interdits de Coupe d'Afrique des Nations
par leur pourvoyeurs, passés maîtres-chanteurs ! Ce serait
l'agonie (médiatique) lente, mais sûr de la compétition
phare du continent "noir".Restons lucides! La CAN doit garder son attrait, sa saveur. Elle doit sauvegarder ses acquis. Elle est notre compétition à nous, Africains. Et loin devant la Coupe du Monde, nous devons la privilégier ! Et la protéger par tous les moyens de cette "fiction catastrophe" que peut très vite devenir réalité...Surtout, si nos propres acteurs l'encouragent... |
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Récemment, no tre
attention a été attirée par des joueurs Africains
de premier plan, qui se posaient la question sur leur participation éventuelle
à la prochaine CAN 2002, étant donné le calendrier
démentiel qui était celui de leurs clubs, engagés
sur plusieurs fronts, en Europe. Libres à eux de refuser
de participer à la CAN. Nous respectons leur choix, et ne
sommes pas sans ignorer combien il est difficile de gagner sa place au
sein des grands clubs Européens. De même qu'il est difficile
de résister à la pression exercée par des dirigeants,
soucieux de protéger leur "investissement"! Mais
de grâce, ne tergiversez plus dans votre décision, quant
à votre participation à la CAN. Elle ne doit souffrir
d'aucune ambiguïté! La CAN est votre compétition!
D'ailleurs, vos hésitations ne feront que conforter la position
de vos riches employeurs, qui est, et nul ne l'ignore, de ne plus vous
libérer pour les phases finales de la CAN ! Mais au fait,
les employeurs pensent-ils que la Coupe d'Afrique des Nations est
une ballade de santé pour les joueurs africains? Si c'est le cas,
alors disons tout simplement que l'EURO c'est le club Méditerranée. |
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Alors, bien sûr qu'il faut venir
à la CAN ! Et votre participation, si vous n'en mesurez
pas tout l'impact, dépasse le cadre du rectangle de jeu et de la
couverture des médias! Elle devient avant tout une "arme"
éducative, notamment pour les jeunes du continent, dont vous êtes
des exemples, et des lumières! Lorsque Roger Milla ou George
Weah, ambassadeurs du sport Africain tombent sur des déclarations
de stars confirmées, qui ne "savent pas" si elles
vont honorer ou non la CAN 2002 de leur présence,
ils doivent être bien tristes. On sai t
combien ces deux hommes sont attachés à la promotion du
sport en Afrique, et ont sacrifié leur temps pour faire
honneur à leur continent. Le "Roi des Lions Indomptables
" est même arrivé blessé, pour prêter
main forte à son équipe. Beaucoup d'entre vous, stars d'aujourd'hui,
ont appris la vertu et le courage, en suivant avec des yeux émerveillés
et malicieux, les exploits de Roger Milla aux différentes CAN.
Et que dire de George Weah, qui a toujours porté haut les
couleurs de l'Afrique et de son Liberia natal ? Même
la jambe dans le plâtre, il faudrait trouver les mots justes pour
dissuader ce "patriote du sport Africain" de ne pas participer
à une Coupe d'Afrique! En 1988, Joseh Antoine Bell alors gardien de l'Olympique de Marseille, partageait son temps entre Casablanca où se disputait la CAN, et Marseille, qui jouait la Coupe d'Europe. Avec le sourire, le vainqueur de la CAN et 1/2 finaliste de la Coupe des Coupes affirmait récupérer ...dans l'avion ! Oui. Ces héros d'une autre époque (comme quoi, les temps changent vite !) doivent être bien tristes, de voir les nouveaux "étendards" se poser à voix haute des questions qui pour eux n'en étaient pas. |
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En 2000, le Sud-Africain Benny
Mac Carthy a tourné le dos à la CAN ,
pour privilégier sa carrière en club. A lui tout seul, ce
phénomène alors âgé de 22 ans avait éclaboussé
de tout son talent la CAN 98 au Burkina Faso. Avec sept buts à
son compteur, il avait taquiné le record de buts marqués
par un joueur au cours de la même compétition. (Un record
- 9 buts - datant de la CAN 94 au Zaïre, détenu
par le Congolais Ndaye Mulamba). L'absence de Benny qui
évolue en Espagne au Celta de Vigo s'est cruellement fait
sentir lors de la dernière CAN à Kumassi (Ghana),
où l'Afrique du Sud avait ses quartiers. Comme une
uvre inachevée... Cependant, l'argument qui nous "tue
le plus" consiste à se traîner à la CAN,
sous peine de ne pas faire parti des 22 sélectionnés pour
la Coupe du Monde! On croit rêver en parcourant les déclarations
de Lauren Etamé Mayer, l'un des meilleurs joueurs de cette
fameuse finale du Stade Suruléré gagné par le
Cameroun. C'est à mourrir de honte! |
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Ecoutez. Vo us
assurez le spectacle sur les terrains d'Europe tout au long de l'année.
Nous en sommes fiers. Vos exploits, que la force des choses ou la puissance
de l'argent nous ont enlevés, nous les percevons et les saluons
à leur juste valeur. Nous ne vous demandons pas de contrepartie,
ni de juste retour des choses. Nous vous demandons seulement de faire
ce qui pour nous est un devoir. Celui de servir le football africain et
d'assurer son succès sur nos terres. Alors, rentrez "jouer" tous les deux ans, et seulement pendant trois semaines, en Afrique! En attendant l'harmonisation des calendriers proné par les "Gendarmes du Football". La Coupe d'Afrique des Nations, notre CAN, est sucrée, et venez tous la savourer dès Janvier prochain à Bamako, au Mali |
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| Charly Mouna | |||
| Réagissez... | ||