Le Dossier Archives
 Coupe du Monde 2006, l’heure du bilan

Par Sébastien Giraud.

Après ce mois riche en spectacle et en émotions, l’heure est au bilan pour les équipes Africaines. Est-il positif? Le continent Africain peut-il être fier de ses représentants? Pouvons nous envisager un avenir triomphant? Que faut-il au football africain pour placer un de ses représentants en finale d'une coupe du monde?
ANGOLA (éliminé au 1er tour terminant 3ème du groupe D avec 2 points)
Les «Palancas Negras» sont passés tout près de la qualification en 8ème de finale. Auteur de trois bonnes prestations, les hommes de Luis De Oliveira Gonçalves peuvent quitter la compétition la tête haute. Ils auront offert un football séduisant par leur collectif, par leur état d’esprit, parvenant à faire trembler le Mexique, jusqu’alors 4ème au classement FIFA. Malheureusement, il manquait à cette équipe un talent confirmé, ayant un rôle moteur pour véritablement rivaliser avec les grosses écuries.
CÔTE D’IVOIRE (éliminé au 1er tour terminant 3ème du groupe C avec 3 points)
L’équipe Africaine la plus attendue, réunissaient de nombreuses stars unies dans un même objectif. Ce groupe, emmené par Didier Drogba, affichait un état d’esprit conquérant. Impressionnant dans le jeu offensif, ils ont pourtant manqué de concentration et de rigueur dans des moments-clés, notamment défensivement (6 buts encaissés). En effet, les entames de matches furent mal négociées par les Eléphants, menés à chacune de leur sorties. Contre des adversaires comme ceux du « groupe de la mort », cela ne pardonne pas. Malgré tout, cette équipe possède un potentiel énorme qui s’exprimera pleinement … au prochain Mondial. Les joueurs Ivoiriens auront alors acquis l’expérience qui leur a fait défaut durant la compétition.
GHANA (éliminé en 1/8ème de finale contre le Brésil)
Seule équipe Africaine à parvenir au 2ème tour, les «Blacks Stars» étaient bel et bien au rendez-vous en Allemagne. Auteurs d’excellents matches, ils font partie des révélations de ce Mondial. Peu de personnes les attendaient à ce niveau. Pour preuve, de nombreux joueurs de la sélection sont aujourd’hui courtisés par de grands clubs. La majorité de ces derniers font partie de la génération vice championne du monde des moins de 20 ans en 2001 et joue ensemble depuis plusieurs années. Cette complicité s’est ressentie dans le jeu, alliant fluidité, actions à une touche de balle, rapidité, puissance et solidité. Grâce à leurs qualités, ils ont réussi à se démarquer dans l’un des groupes les plus relevés de ce Mondial. Eliminé face au champion du monde en titre, les Ghanéens ressortent grandis de la compétition, avec tout de même une pointe de regret, celui d’avoir été privé de l’indispensable Mickael Essien lors du dernier match.
TOGO (éliminé au 1er tour terminant 4ème du groupe F avec 0 point)
Certes, les Eperviers repartent de ce Mondial sans aucun point au compteur, mais ils ont montré un meilleur visage sur le plan sportif que lors de la CAN en Egypte. Avec une équipe modeste, ils auraient mérité meilleur sort, faisant jeu égal notamment face à la Suisse, où Monsieur l’arbitre a « oublié » de sifflet un penalty flagrant. Par ailleurs, les joueurs Togolais étaient sans doute perturbés par de nombreuses affaires extra sportives : les va-et-vient d’entraîneurs, les problèmes de primes… Le contexte n’était pas propice à la concentration, primordiale dans ce genre de compétition.
TUNISIE (éliminé au 1er tour terminant 3ème du groupe H avec 2 points)
Grosse déception concernant «les Aigles de Carthage», que l’on attendait à un niveau plus honorable. Les champions d’Afrique 2004 n’eurent jamais d’emprise sur leurs adversaires, ne réussissant que le partage des points face aux Saoudiens, puis face à l’Ukraine. Beaucoup d’espoirs se sont envolés, car ce groupe semblait être à leur portée. Paradoxalement, leur meilleure prestation fut les 90 minutes face à l’Espagne, qui se conclurent pourtant par une défaite. L’absence de Santos s’est tout de même fait sentir, le méritant Jaziri ne pouvait pas assurer le jeu offensif à lui seul.
Même si aucune de ces équipes n’a fait mieux que le Sénégal en 2002 (Japon-Corée) et le Cameroun en 1990 (Italie), les techniciens s’accordent à dire que le football africain a encore progressé durant ces quatre dernières années. Le bilan est donc mitigé. Le manque de bons résultats (3 victoires, 4 nuls, 9 défaites) ne peut satisfaire le public. Ces résultats s’expliquent principalement par le manque d’expérience en Coupe du Monde. Rappelons que quatre des représentants africains honoraient cette compétition de leur première participation. D’autre part, la Côte d’Ivoire et le Ghana sont tombés dans les deux groupes les plus relevés. Mention spéciale aux « Blacks Stars » qui furent confrontées au gratin du football, puisqu’ils ont rivalisé de fort belle manière avec l’Italie, championne du monde et avec le Brésil, champion du monde en titre.
S’il n’y avait que trois ou quatre équipes africaines capables de rayonner sur le plan mondial il y a quelques années, un grand nombre est désormais capable de participer à cet événement. Les qualifiés de 2006 ont barré la route à des équipes confirmées comme le Cameroun, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Egypte et le Sénégal. D’autres équipes sont capables de surprendre, comme le Mali, la Guinée, le RD. Congo… Cela dénote les progrès effectués par le football africain, mais également son énorme potentiel. Selon les experts, il est promis à un bel avenir. Avec davantage d’infrastructures et une bonne formation, il peut se situer au niveau des plus grands. Le train est en marche, puisque des centres de formations sont en projet sur le continent, comme celui du projet «Djambars» au Sénégal.
Gardons donc de bons espoirs pour la prochaine Coupe du Monde, qui se jouera pour la première fois sur le continent africain, en 2010… en Afrique du Sud!

Réagissez...