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Mon
Eldorado à … moi! Par Sébastien Girault |
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«Une vie meilleure pour
aider les siens». C’est à ces mots que se raccrochent
des milliers de footballeurs en herbe africains. Malheureusement, leur
rêve de devenir professionnel et de faire carrière en Europe
s’avère trop souvent utopique. A qui la faute? |
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Un rêve qui naît
dans leur rue. «Lui, c’est le meilleur de tout le quartier.
Un jour, on le verra à la télé». Ce
seul fait les pousse à aff ronter
tous les obstacles pour devenir un Drogba, un Essien (Photo), un Touré
ou un Eto’o. La réussite de ces derniers fausse la vision
de ces adolescents. La plus grande responsabilité est à
mettre à l’actif des familles. Dans bien des cas, elles
incitent leurs enfants à fuir, n’ayant aucunement conscience
des réalités de ce milieu, rendu parfois malsain par une
poignée d’agents, de dirigeants, de recruteurs sans scrupules,
sans valeurs morales, promettant monts et merveilles à des gamins
encore innocents et à leur famille dans le besoin. Les conséquences
sont irrémédiables. Combien dénombre t’on
de clandestins, de naufragés, de laissés pour compte en
Europe, et qui pour les recueillir ? Peut être ce club turc de
division 2 qui promet une petite rémunération. Après
un essai non concluant, rares sont les clubs disposés à
financer un billet retour. |
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Qui plus est, exceptionnels
sont les jeunes joueurs en échec acceptant de laisser
tomber, de rentrer chez eux, honteux et les mains vides. Autres cas,
les rassemblements internationaux de jeunes, infestés d’agents.
Ainsi, l’édition 2005 du tournoi de Montaigu en Vendée
a été entachée par la fuite de jeunes Camerounais,
séduits par un agent. L’un d’eux n’est jamais
revenu… C’est de cette manière que l’Afrique
perd ses talents. Pour la plupart, leurs rêves s’envolent,
loin d’un continent où beaucoup reste à faire et
pour lequel ils pourraient être des acteurs précieux. Pour
lutter contre cet exode, la création en Afrique de centres de
formation crédibles semble constituer une solution des plus adaptées.
Les joueurs doivent être formés sur place. A condition
que des règles claires et précises soient établies
par les instances dirigeantes, notamment concernant le lien entre le
club qui recrute et la structure formatrice qui doit bénéficier
d’indemnités. |
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Non, l’Europe n’est
pas l’Eldorado. Quand bien même le talent est là,
il doit être mis entre de bonnes mains. Joueurs, clubs, famille,
instances dirigeantes, agents, tout le monde a un rôle à
jouer. |
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