Coupe du Monde 2002 - International Amical
Le Premier ministre Camerounais corrige les bévues de son ministre des sports

Commentaire de Thierry Mouelle II
Rédacteur en Chef


" Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer " faisait dire Beaumarchais à un de ses personnages de théâtre. Alors rions aussi! Avec ce scénario dans lequel malheureusement, le vrai remporte une fois encore sur l'imaginaire.
A-F.COM (Paris) - Une réunion d'évaluation en vue de la rencontre France-Cameroun - jusqu'alors arrêtée pour le 4 octobre- s'est tenue lundi 4 septembre 2000 au bureau du Directeur Général de la Fédération Française de Football (FFF), Monsieur Gérard Enault. Etaient présents côté Camerounais, messieurs Tadjoré Ndjock conseiller technique du Ministre de la Jeunesse et des sports, Roger Milla ambassadeur itinérant auprès de la Présidence de la République du Cameroun, André Nguidjol directeur administratif de l'équipe nationale du Cameroun, Pierre Lechantre directeur technique national, monsieur l'Ambassadeur du Cameroun à Paris, David Mayebi vice-Président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT)…

Initié à la demande du Ministre Camerounais de la Jeunesse et des Sports M.Pierre Bidoung Mkpatt, ce conclave devait se tenir avant son départ à Sydney pour une raison majeure et officielle: La date du 4 octobre 2000 ne lui convient pas. A cause, plaide le chef du département des sports, du désavantage que cela produira sur les joueurs Camerounais pris par le décalage horaire et le long voyage Australie-France. Convaincu que le Cameroun jouera la finale du football masculin aux Jeux Olympiques le 30 octobre, M. Bidoung Mkpatt a estimé que ses braves compatriotes n'auront pas suffisamment de temps pour récupérer. De raideur en propos ambigus, la rencontre tournait de plus en plus à une séparation en queue de poisson.


En fait tout était prêt pour l'annulation de la rencontre tant attendue.
Craignant de ne pas très bien saisir la " subtilité " de la nouvelle position camerounaise, venant non plus de la FECAFOOT (à cette heure-là le seul interlocuteur de la Fédération Française de Football), M.Gérard Enault monte au créneau et propose alors de " mettre un avion spécial à la disposition de la sélection camerounaise, aux frais de la fédération française de football. Cet avion sera, poursuivit-il, en stand-bye et à la disposition de la délégation camerounaise" pour éviter les tracas de réservation et de ponctualité sur les lignes commerciales assurant la desserte entre le pays des Kangourous Sauteurs et la terre des Coqs... Sportifs.

Mais dans le fond, le problème ayant nécessité le déplacement d'une si forte délégation d'Afrique, n'avait pas un visage aussi clair, aussi simple. Et c'est le représentant du MINJES monsieur TADJORE qui dévoile la vraie raison de leur présence dans les locaux de la FFF : " Le ministre (Camerounais NDLR) des sports n'a jamais été informé de la tenue d'un match entre la France et le Cameroun et il ne sait même pas combien vous avez versé à la FECAFOOT. Il a apprit que vous avez donné 50 millions de francs CFA, cette somme ne lui convient pas et il souhaite renégocier le montant du cachet. " Voilà qui valait le déplacement. N'est-ce pas ? Définitivement intégrer le Ministre dans le processus d'organisation et de contrôle des retombées financières d'un simple match amical organisé par deux fédérations de football amies -fussent-elles celles du Cameroun et de la France.
La première " gère officiellement " une équipe trois fois Championne d'Afrique et actuel détenteur du titre, et la seconde, pupille d'une ancienne puissance tutrice d'un territoire sous mandat des Nations Unies, régente les beaux jours d'une formation Championne du Monde en 1998, et Championne d'Europe en l'an 2000.
Le ministre camerounais a donc du flair. Un tandem comme celui-là ne se vend pas au prix de simples cacahuètes. Ce croisement de rancœur et de probable, confirmation d'une suprématie établie se vend au prix d'or ! Il y en aura pour toutes les télévisions, tous les journaux spécialisés et l'image de tête d'un africain doit toujours dépasser la hauteur de l'herbe de la savane. Le prédateur n'est pas souvent loin. Ai-je dit le mot ? Apparemment oui. Prédateur senti à des lieues envoie l'odeur de ses sueurs par delà les vents et si l'on baisse la garde, tout est fichu. Soit on est mangé ? Soit on perd la trace du gibier. Dans les deux cas, on ne mange pas ! Ah,brave ministre qui veut empêcher que tout soit fichu!
Mais de quoi se mêle-t-il celui-là ? A dû se demander le maître des lieux Monsieur Enault quand sans le vouloir, il sort son couteau du fourreau et condamne : "aucune négociation n'est possible, si vous annulez le match contre la France, il va falloir penser à payer une indemnité à la FFF ". Bon, si c'est comme ça, il n'y aura plus match, me dites-vous en lisant le monologue du géant tricolore. Eh bien, vous n'y êtes pas du tout ! Puisque la lame est sur la carotide de l'Africain, il appuie : " Ce n'est pas un problème pour vous remplacer par un autre pays qui avait fait la demande bien avant que nous ne soyons contactés par Pierre Lechantre ".

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24 juillet 2000