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Eperviers du Togo: Les Perspectives d’avenir du football du Mono

Reinhardt Jean David à Lomé

Le Togo en Coupe du Monde? Qui l’aurait cru? Au sortir d’une disqualification en éliminatoires de la CAN 2004, les Eperviers en ont surpris plus d’un. Une fois la qualification obtenue, le travail qui attend Stephen Keshi est gigantesque. Passé du statut d’outsider et de trouble-fête à celui d’un mondialiste, le Togo a trop vite grandi. Loin d’être la priorité de La FTF (Fédération Togolaise de Football), cette qualification pour le grand rendez-vous du gotha mondial représente une aubaine pour la pratique du sport roi dans ce pays que traverse le fleuve Mono (Photo).

Le football togolais, à travers cette qualification, sort de l’ornière dans laquelle il était plongé depuis une décennie. Qualifiés plusieurs fois pour la CAN (5 fois exactement), les Togolais n’ont jamais pu s’imposer à l’échelle continentale. Jamais le Togo n’avait accédé au second tour d’un tournoi majeur du contient africain. Pas même en clubs, les finales de L’Etoile Filante face au tout-puissant Englebert et celui d’Agaza Omnisports face aux Egyptiens d’Arabes Contrators, demeurent les seuls faits d’armes de notre football sur l’échiquier continental. Certes, nous avons connu des footballeurs talentueux de la trempe de Dr Kaolo, Tommy Sylvestre, Moutairou Rafiou, et plus proche de nos contemporains, Salou Bachirou et Fiawoo Koffi. Certains d’entre eux, malgré une brillante carrière en Europe, n’ont pu mener l’équipe nationale vers des sommets continentaux. Comment cela s’explique-t-il? Le Togolais manque-t-il de qualités par rapport à ses compatriotes africains ? Nous n’irons pas jusque-là. Un grand pays de football se forge des références à travers des victoires. Ce qui est loin d’être le cas du Togo. Cette qualification au Mondial 2006 a été obtenue parce que la mentalité des footballeurs togolais a changé. Le sélectionneur national Stephen Keshi y est sans doute pour quelque chose. En bon anglophone, il a décomplexé les nôtres à l’approche de matches face à des adversaires présumés plus forts. Le Togolais a compris qu’il n’avait rien à envier aux Ivoiriens, Camerounais, Sénégalais et autres. Pour preuve, les Eperviers ont damé le pion aux Marocains, Maliens et Sénégalais. Des références à l’échelle continentale.

Syndrome Chili 87?

Qualifiés pour la première fois pour une compétition majeure internationale en participant au Mondial junior en 1987 au pays d’Augusto Pinochet, les Eperviers y ont laissé une impression fade. La génération amenée par Amouzou Kpakpa, Apedo MAwena, Salou Bachirou et Affo Atty, entraînés par l’Allemand Rainer, n’a pas pesé lourd face aux meilleures sélections de jeunes telles que la Yougoslavie de Zvonimir Boban et Dragan Savicevic. Cette qualification pour Chili 87, qui augurait des lendemains glorieux au football togolais, fut la dernière qualification des Togolais à un tournoi majeur pour une dizaine d’années. La faute, sans doute, à une mauvaise gestion des dirigeants de l’époque. Cet exemple devrait nous édifier et nous éviter de refaire les mêmes erreurs, afin de n’être ni ridicules à la CAN, ni au Mondial. Reste encore dans les esprits la piètre prestation des Léopards du Zaïre au Mondial germanique de 1974. Un sort peu enviable que les Eperviers devront éviter à tout prix.

Confirmer le statut de mondialiste

Les «Jaunes et verts» devront confirmer dès la Coupe D’Afrique des Nations que leur participation au Mondial n’a pas été usurpée, ce pourquoi ils devront passer le fatidique premier tour de cette compétition. Les Eperviers devront s’imposer par la suite comme une nation référence sur le continent, en y participant régulièrement. Adébayor et compagnie ont les qualités requises pour cela.

Pérenniser la compétitivité des Eperviers

Afin de pouvoir régulièrement participer à une CAN, il faudra avoir une équipe compétitive. Pour avoir une équipe compétitive, il faudra assurer la relève. Une idée suivie par la FTF, qui a projeté d’organiser en 2007 la CAN cadet (une première au Togo). La création des équipes de jeunes (Espoir, moins de 23, Junior, moins de 20, et cadet, moins de 17) comme cela se fait en Europe, ne peut qu’avoir des répercutions positives sur la compétitivité des Eperviers.

Et les clubs?

Les clubs togolais devront prendre exemple sur la performance des Eperviers, pour s’imposer sur le plan national, voire international. C’est seulement à ces conditions réunies qu’ils pourront rehausser le niveau du championnat national et le rendre attractif. Après cette double qualification, qui se trouve être historique, le football togolais devra se mettre au travail, afin que tout ceci ne soit considéré comme le fruit du hasard.

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