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 Coupe du Monde 2006: Que vaut le Togo? 

Par Reinhardt Jean David

Faute d’avoir disputé des matches amicaux face à des adversaires de gros calibre, les Eperviers partiront à l’assaut de la Coupe du Monde sans avoir une réelle idée de leur niveau à l’échelon international. En effet, depuis leur qualification pour la plus prestigieuse des compétitions, la sélection togolaise n’a pas remporté le moindre match officiel. Les défaites sont devenues plus qu’une seconde nature pour le Togo. Après leur chaotique parcours lors de la CAN, les «Jaunes et Verts» confirment leur courbe descendante en perdant face à l’Arabie Saoudite. Les inconditionnels peuvent toujours se consoler en arguant la thèse d’un match amical sans grande importance. Les deux victoires étriquées face à la sélection bavaroise (3-2) et face aux modestes amateurs allemands du FC Lauphem (2-0) paraissent bien anecdotiques et alarmants. Le rythme et le niveau de la Coupe du Monde risque bien d’être différents de celui proposé par les formations allemandes. Quand ceux-ci ont du mal à venir à bout de modestes amateurs, joueurs du dimanche par excellence, qu’en sera-t-il face à des équipes de renommée internationale, comme la France et la Corée ? Le sélectionneur Otto Pfister, lui non plus, n’est pas dupe, le chantier qu’il l’attend est énorme. «Nous avons encore beaucoup de faiblesses et de travail devant nous. C'était une victoire sans relief, mais nous avons beaucoup travaillé ces derniers jours et tout le monde n'était pas au mieux», a-t-il déclaré à la presse, à l’issue du décevant match face au FC Lauphem. Mais que peut-il faire à deux semaines de la rencontre face à la Corée, les insuffisances de son équipe étant criardes. Ils étaient nombreux, ces supporters chauvins, au lendemain de la qualification, qui croyaient dur comme fer que leur équipe favorite pouvait rivaliser avec les meilleures sélections mondiales, mais aujourd’hui, ils le sont moins. La faute probablement à la prestation plus que déshonorante pour un mondialiste à la CAN et aux manques de matches amicaux de l’équipe pour jauger son niveau actuel.
Comme le Cameroun en 90?
Certes les Eperviers voudront se racheter après l’échec de la CAN, mais en ont-ils réellement les moyens? La sélection du Togo, quoi que l’on dise, malgré son néo statut de mondialiste, est loin de faire partie des cadors du continent. D’ailleurs, la CAN en a été révélatrice. Devrons-nous donc nous contenter de participer, comme aimait à le dire le baron Pierre de Coubertin et limiter la casse? Un tel raisonnement serait indigne de l’attente et l’espoir que suscite auprès du peuple togolais la première participation pour cette petite nation de 4 millions d’habitants à l’événement sportif numéro 1. Au risque de jouer les pessimistes et les rabat-joie, il serait prétentieux et fort utopique de croire que la bande à Adebayor pourrait rééditer les exploits du Cameroun de 90, du Maroc de 88 et du Sénégal de 2002. Au bon souvenir des férus du ballon rond, le Cameroun de Roger Milla se trouvait dans la même configuration en 90, comme le Togo. Eliminé prématurément de la CAN, les Lions Indomptables séduiront le monde du football en terre italienne, en terrassant la grande Argentine de Diego Maradona et en atteignant les quarts de finale. Mais contrairement aux Eperviers, les héros de 90 avaient l’avantage d’avoir connu l’expérience internationale. La participation à la coupe du monde 82, les CAN 88 et 84 remportées ont sans doute été les jalons posés de ce brillantissime parcours. Ce qui est loin d’être le cas du Togo.
Quelle équipe Pfister alignera-t-il?
Bien qu’en tant que petit poucet du groupe sensé jouer en contre et subir les offensives des équipes adverses supposées plus fortes, Otto Pfister a choisi d’évoluer en 4-4-2. Un dispositif qui laisse perplexe lorsqu’on connaît les limites et les carences de l’équipe. L’Allemand a donc décidé de bâtir une équipe qui fournira du jeu. Un pari osé, mais pas absurde. Ne dit-on pas que la meilleur défense est l’attaque? Qui sait si le salut du Togo ne viendra que du fait qu’il se batte à armes égales avec ces adversaires en ne partant pas défaitistes à l’avance ? Que prépare donc Otto Pfister, vieux renard qui, par sa grande expérience, a plus d’un tour dans son sac ? Assurément, il alignera Agassa au poste de gardien de but, Assimiou Touré, qui a été plus que convaincant en latéral droit, Tchangai Massamesso et Nibombé Daré, promu capitaine en l’absence d’Abalo, devraient former la charnière centrale, ayant pris une longueur d’avance sur leurs concurrents que sont Abalo et Akoto. Le poste de latéral gauche devrait se jouer entre un Forson Richmond qui a montré de bonnes dispositions et Ludovic Assemoassa(Photo ci-contre), dont l’expérience du haut niveau pourrait se révéler décisive. En poste de milieu défensif, Erassa Affo ou Kuami Agboh devraient jouer le rôle d’essuie-glace et contenir les offensives adverses. Devant eux, Cherif Touré pourrait retrouver ce rôle de meneur qui fut le sien autrefois, en sélection. Il devrait être assisté dans son rôle de pourvoyeur de ballons par Dossévi Thomas, dont la titularisation à droite ne fait aucun doute et à gauche par un technicien comme Salifou Mustapha ou un déstabilisateur de défense comme Senaya Junior. En attaque, la paire Kader - Adebayor devrait être reconduite, à moins que Robert Malm ne vienne contester la donne.
14/06/06

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