COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIORS Archives
CAN 2003 - ETALONS Y A BII !

De notre envoyé spécial à Ouaga Jacques Roux

" C'était le repos du guerrier", dira Philippe REDON, le technicien français de Rennes (L1 France). Je crois que les entraîneurs n'ont plus le choix, il faut trouver le chemin de la victoire ". En effet la poule A (Ouagadougou) a observé une journée de repos, et ça repart aujourd'hui avec deux matches décisifs qui se dérouleront à la même heure (16 heures). A Ouagadougou, la guerre des frères de l'ancien Soudan attirera certainement du monde du côté du stade du 4 août, et au stade Omnisports de Bobo Dioulasso. Le Gabon devra se défaire de l'Afrique du Sud pour espérer un ticket en demi-finale. Ces deux rencontres sont tout simplement décisives, car rien n'est encore joué.
Le bilan des deux journées précédentes (quatre matches) de ce groupe A basé à Ouagadougou est plutôt encourageant, car tout est allé en puissance. Tenez, six buts ont été inscrits lors de la 1ère journée : quatre dans la poule A (Mali-Gabon : 2-2) et deux dans la poule B (Côte d'Ivoire- Egypte : 1-1). La 2ème journée a été, elle, beaucoup plus agréable pour le public et les observateurs qui ont vu de jolis gestes techniques (retourné de Boetang), et de beaux buts. Il faut avouer que seuls les buts changent la physionomie d'une rencontre. Nous avons constaté que cette 2ème journée a donné un autre sens à la compétition, ce qui place tout le monde, sauf l'Afrique du Sud, dans la course aux tickets des demi-finales.
Neuf buts ont donc été marqués à Ouagadougou, et ce fut le réveil des buteurs. Les Maliens, qui sont arrivés timidement dans cette compétition, ont explosé la défense sud-africaine en inscrivant quatre buts. Ce sont pourtant les Bafana Bafana Juniors qui ont ouvert la marque, avant de réduire le score vers la fin de la partie (4-2). Lors de la 2ème rencontre, le Gabon a posé d'énormes problèmes au pays organisateur (le Burkina Faso) en nous gratifiant d'un spectacle de qualité. Nous avons admiré la frappe limpide du jeune Etalon Seydou Diallo, suite à un travail énorme de Panantiguiri ; c'est dans la joie que le public burkinabé a quitté le stade du 4 août en scandant " Etalons y a bii ! ". Cette précieuse victoire permet aux poulains de l'entraîneur hollandais du Burkina de placer un pied en demi-finale. Score final : 2-1. Les attaquants du groupe A ont donc fait cracher la foudre, par contre du côté de la poule B, la limitation de vitesse était de rigueur, car deux buts seulement ont été inscrits lors de la 1ère journée, et trois lors de la deuxième confrontation… ce qui a compliqué les affaires de tout le monde, car il va falloir mettre le pied au plancher pour espérer atteindre la demi-finale. Rien n'est joué. Aujourd'hui, c'est le duel des favoris du groupe A (Mali et Burkina) qui croiseront les crampons, les deux équipes ayant besoin d'un match nul pour obtenir la qualification en cas d'égalité, le Mali occupera la première place et accueillera le second de la poule B à Ouagadougou, tout se jouant sur la différence de buts.
Quant aux Etalons, ils se déplaceront à Bobo Dioulasso pour rencontrer le premier du groupe B. Mais le public burkinabé souhaite garder son équipe dans la capitale ; selon eux, toutes les chances de victoire finale passent par Ouagadougou, car les rencontres de la sélection nationale à Bobo Dioulasso n'ont toujours pas été bénéfiques. Il faut donc battre les Aiglons du Mali pour rester disputer la demi-finale à Ouagadougou. Mais le pourront-ils, devant des Maliens qui semblent bien gérer leurs efforts dans cette compétition ?
Le président de la fédération malienne de football, Monsieur Nyambélé, que nous avons rencontré à l'Hôtel Palm Beach où résident les footballeurs nous a déclaré : " Ce sera un match entre des frères qui se connaissent bien. Avant que les Européens ne décident de diviser l'Afrique, c'était un seul pays. J'ai des frères et des sœurs qui sont nés au Burkina, et d'autres au Mali. De toutes façons, vous le constaterez par vous-même lors de la retransmission, certains joueurs portent le même nom. La victoire d'un des deux camps sera la victoire de l'ancien Soudan. "
On peut dire que Monsieur Nyamgelé a parfaitement raison d'agir ainsi, et de préparer son équipe à ne penser qu'au jeu, et surtout à la fraternité, car ce n'est pas du tout gai dans cette région de l'Afrique en ce moment, quand on écoute les nouvelles qui viennent de l'autre côté de la frontière ivoirienne. Laissons la place au jeu et au beau football, le sport qui nous fait courir en Afrique, à la recherche du joueur spectaculaire et à ce jour efficace. Oui, tous les " chasseurs d'oiseaux " sont aussi là pour trouver la perle rare., dira le commentateur sportif de la télévision burkinabé. La question qui me vient à l'esprit après avoir vu ces deux journées de la CAN 2003 et au vu du spectacle fourni est : à quand le professionnalisme en Afrique ?
Jacques Roux à Ouagadougou
Africafoot.com

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