COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIORS Archives
FINALE COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIOR BURKINA 2003 : SOUS LE SIGNE DE LA REVANCHE DES ELEPHANTEAUX

De notre envoyé spécial à OUAGADOUGOU, JACQUES ROUX

C'est une belle affiche que nous présente la XIIIème Coupe d'Afrique des Nations juniors 2003 ce soir à Ouagadougou. Avant de faire connaissance avec les deux formations, il était utile pour nous de faire un bilan de ce championnat d'Afrique des moins de 20 ans. Le niveau de la compétition, à n'en pas douter, fut de belle facture. Tout est allé en puissance, et les équipes qui n'ont pas su se préparer sont passées à la trappe. Ce qui ne veut pas dire qu'elles ont été mauvaises. Parmi les huit prétendants, aucun ne s'est réellement détaché du lot. A part le Maroc, décevant, et l'Afrique du Sud qui péchait par son immaturité, les quatre autres nations (Gabon, Ghana, Burkina Faso et Mali) auraient pu atteindre la finale. Ce fut un tournoi de bonne qualité et le niveau de cette compétition en a surpris plus d'un. Nous remarquerons quand même l'absence de joueurs d'exception, ceux qui font la différence à eux tous seuls et qui savent prendre un match à leur compte quand le groupe se porte mal. En Ethiopie (2001), il y a eu Pedro Mantorras, le buteur angolais du Benfica (D1 Portugal) qui termina le tournoi avec quatre buts. Au Burkina, on risque de ne point battre son record, car seul Ibrahim Emad, l'avant-centre égyptien, a encore la possibilité de l'égaler ou de le battre, car il totalise trois buts avant cette 13ème finale de CAN Juniors. Nantcho Antonin Koutouan, " Tony ", affiche deux buts à son compteur ; parviendra-t-il à contourner la problématique défense égyptienne, afin d'augmenter son capital buts, et de devenir ainsi le meilleur buteur de cette CAN 2003 ? Nous le saurons à la fin de cette rencontre.
JOUEURS D'AVENIR
Nous avons, lors de cette CAN au Burkina Faso, remarqué quelques jeunes joueurs que nous allons bientôt retrouver sur la scène internationale. Le Burkinabé Wilfried SANOU (Sion - Suisse) est un joueur et un garçon qui aime les espaces qu'il ne manque pas d'avaler ; il nous a fait bonne impression et a tapé dans l'œil de plusieurs recruteurs sur place, dont Auxerre. Le Gabonais Eric Mouguegui, sociétaire de Strasbourg (D1 - France) ne restera pas longtemps en Alsace, car il est dans les tablettes de l'Espagnol de Barcelone, et de plusieurs autres clubs européens. Antonin Koutouan, " Tony ", n'aura aucune difficulté à trouver preneur du côté de l'Hexagone, car ce buteur a montré son savoir-faire. Quant à Coulibaly, le meilleur buteur de la sélection malienne, et pour le moment à égalité avec Ibrahim Emad à la tête du classement des buteurs de ce tournoi (3 buts) des moins de 20 ans, ses valises sont déjà bouclées pour une destination gardée secrète par son entourage. Il faut reconnaître que les propositions pleuvaient sur ce garçon qui a montré d'énormes qualités lors de cette XIIIème CAN Juniors. Nous nous arrêterons là, car comme nous le disions plus haut, il n'y a pas eu de joueurs d'exception à cette CAN des moins de 20 ans.
LES BLESSES DE LA CAN 2003
Rares sont les tournois qui s'achèvent sans blessés. Ils n'ont même jamais existé. Cette Coupe d'Afrique des Nations des moins de 20 ans a fourni son lot de blessés, et nous ferons remarquer que le Burkina Faso alignera onze joueurs ce 18 janvier 2003 sans remplaçants.
Il est exceptionnel, dans un tournoi, de l'achever sans avoir aucun joueur pour pallier à la défection ou à la fatigue d'un coéquipier sur le terrain. Nous verrons comment Mart NOOIJ, le coach burkinabé gèrera cette situation contre la Mali. Nous sommes allés à " La Comète ", lieu de résidence de la sélection burkinabé, pour rencontrer le plus malchanceux de cette compétition. Enoch, le sociétaire de Bastia (L1 - France) qui souffre d'une double fracture (tibia et péroné), suite à un choc avec son coéquipier corse, le gardien ivoirien Yeboah. Pourquoi, me direz-vous, évoquer le cas d'Enoch, et pas les autres ? Tout simplement parce que son histoire prédisait cela, comme le disent certains, dont son manager Boulker Bengelioum. Tenez, Enoch part de Bastia pour rejoindre Paris où l'attend l'avion qui doit l'emmener à Ouagadougou. L'attaquant burkinabé rate sa correspondance. Il s'inscrit sur le vol suivant du lendemain et réussit enfin décoller après avoir dit au revoir à son manager. Quelques heures plus tard, il téléphone à ce dernier pour l'informer qu'il se trouvait dans un hôtel de Roissy. Son manager croit au canular. En effet, l'avion de la compagnie Air France, victime d'une avarie, est revenu se poser à l'aéroport de Paris. Le jour suivant, Enoch arrive enfin à Ouagadougou, pour embarquer à destination des Seychelles, afin d'y disputer un match avec la sélection cadets dirigée par Tarrasi. Lors de cette rencontre, Enoch a failli perdre sa jambe lors d'un choc avec le gardien adverse. Retour à Ouagadougou et début du championnat des nations 2003…dix minutes après le début de la rencontre contre la Côte d'Ivoire, c'est le drame : double fracture de la jambe. C'est pourtant un garçon souriant qui prend bien les choses, que nous avons rencontré à " La Comète ". Il nous a dit : " Ce n'est rien, je crois que cela va passer très vite, et que ce sera oublié très tôt. Mon club et mon pays s'occupent de moi, et j'ai aucune inquiétude. J'ai reçu beaucoup d'encouragements, et cela me réconforte. Yéboah m'a téléphoné pour prendre de mes nouvelles, et il semblait très affecté. Je souhaite qu'il prépare sa finale en toute sérénité et qu'il la gagne. Nous reparlerons de tout cela à Bastia, car c'est mon ami, et je ne lui en voudrai jamais, ce sont des choses qui arrivent ". Voilà pourquoi il était important pour nous de saluer le courage d'Enoch dans le malheur qui est le sien. C'est un garçon qui garde le moral, et qui accepte le fait de ne pas participer à la prochaine coupe du monde à Dubaï (Emirats Arabes Unis) que nous avons quitté à " La Comète ".
Enoch CONOMBO - Départ ce soir pour Marseille
Après de nombreuses questions, hésitations et tergiversations, Enoch Conombo, victime d'une double fracture tibia péroné, s'envolera ce soir samedi, pour rejoindre un centre hospitalier de Marseille où il recevra des soins. Malgré la proposition du Sporting Club de Bastia de prendre en charge son joueur, la Fédération burkinabé de football assumera ses responsabilités. A Marseille, tout sera mis en œuvre pour soigner Enoch dans les meilleures conditions, et assurer sa rééducation. Ainsi, si tout se passe comme prévu, il pourra probablement bientôt rejoindre ses coéquipiers dans peu de temps. En tout cas, nous lui souhaitons tous un bon rétablissement.
ORGANISATION BURKINABE
Nous pouvons dire avant cette finale du 18 janvier 2003, que l'organisation a été excellente. Le comité d'organisation a rempli son contrat, tous les observateurs présents à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso le reconnaissent. Il faut dire que Jean-Baptiste BARKOUDA a dirigé son équipe de main de maître. Ce qui a agréablementsurpris bon nombre de personnes, c'est l'accueil que nous ont réservé le pays et ses hommes. L'image du pays en est sortie grandie, et aucun incident n'a été signalé ; aucun paramètre ne fut négligé, que ce soit sur le plan de la sécurité, du transport ou de l'hébergement. Nous espérons que la leçon sur le plan organisationnel que vient de nous donner le Burkina Faso servira aux autre nations afin que vive le football africain. Au revoir, et merci au pays des " hommes intègres ". Il faut reconnaître que celui qui a donné une âme aux " Eléphanteaux " n'est autre que son entraîneur, Mama Ouattara. Il a longtemps joué au stade d'Abidjan avant d'embrasser une carrière en France. C'est un homme à poigne, avec une main defer dans un gant de velours. Il maîtrise le dispositif du 4-4-2, et pose d'énormes problèmes à ses adversaires en laissant se balader son buteur " Tony ". ce n'est pas par hasard que la Côte d'Ivoire a terminé en tête de groupe B, avec 7 points, 5 buts et 3 encaissés. Les Eléphanteaux ont suscité le respect du public de Bobo Dioulasso par un jeu limpide et une bonne occupation du terrain. Après une première confrontation (1-1), les deux formations, qui se connaissent bien, offriront sûrement un match plein sur le plan tactique. Les Ivoiriens voudront obtenir leur premier trophée continental de la catégorie, après deux finales perdues en 1983 et 1991, devant… l'Egypte.
Doubles vainqueurs de la CAN Juniors (1983 et 1991), les "Princes du Nil" retrouvent les Eléphanteaux en finale 2003 ; les poulains de Shehata et Youssef Ismaël ont fait un parcours honorable et se présentent comme les favoris de cette finale de CAN Juniors 2003, avec deux matches nuls face au Ghana (1-1) et à la Côte d'Ivoire (1-1). Ils ont pulvérisé les Lionceaux de l'Atlas par 4 à 0 en match de poule B, avant de se défaire des Aiglons du Mali (1-0) en demi-finale. Les " Princes du Nil " comptent sur le collectif des hommes comme Saïd AHMED, EL SAYED ABDEL Wahad, pour se tracer une voie royale vers la plus haute marche du podium.
Jacques Roux à Ouagadougou
Africafoot.com

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