COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIORS Archives
Burkina # Mali

La bataille pour la première place

Par Rabankhi Abou-Bakr Zida
Il se joue aujourd'hui 10 janvier 2003 la 3ème journée de la CAN Juniors dans la poule A. Deux matchs sont au programme. Burkina # Mali au stade du 4 août à Ouagadougou et Gabon # Afrique du Sud au stade Omnisports à Bobo-Dioulasso. Le coup d'envoi pour ces deux rencontres est prévu pour 16 heures. Mais en attendant, place aux commentaires et pronostics. Les supporters dans les différents camps s'activent.
Le match le plus attendu de cette journée est sans conteste celui de la capitale. Burkinabé et Maliens devront batailler pour désigner la meilleure équipe de la poule A. "On va jouer ce match comme les autres, on va jouer pour se qualifier" confie l'entraîneur du Mali, Cheick Fantamady Diallo. Et Bakary Coulibaly meilleur buteur au stade actuel de la compétition (3 buts) de renchérir: "Je vais essayer de marquer un ou deux buts contre le Burkina". L'encadrement technique du Mali croit en son effectif : "Nous sommes venus à dix-huit et chacun peut nous sortir d'une situation difficile". Pour cette CAN Juniors, l'équipe du Mali présente des arguments suffisamment convaincants : six buts inscrits en deux matches. Le meilleur buteur de la compétition, un effectif équilibré composé de joueurs qui savent se retrouver sur le terrain.
Du coté du Burkina, le match contre le Mali est pris au sérieux. Cependant l'entraîneur Mart Nooij ne veut pas faire de calcul: " En football, les calculs sont souvent suicidaires" soutient-il. L'essentiel pour lui reste la qualification de son équipe. Et cela passe par une victoire ou un match nul. Interviennent alors les pronostics. Roger Zami, journaliste sportif burkinabé donne son pronostic "1 but à zéro" en faveur du Burkina. Pour lui, l'équipe malienne veut jouer la demi-finale à Bobo-Dioulasso, une ville très proche du Mali. La proximité de cette deuxième ville du Burkina d'avec le Mali pourrait favoriser un déplacement massif de supporters maliens pour pousser leur équipe vers la finale. Les burkinabé, pour leur part, préfèrent poursuivre la compétition à Ouagadougou. Depuis le début de la compétition, les supporters sont derrière leur équipe. Les Etalons voudraient encore profiter de l'appui du public. Le public lui, est très motivé. Quelques heures avant le début du match de Ouagadougou, les supporters affûtent leurs armes.
Au grand marché de Ouagadougou, le match Mali # Burkina est le sujet dominant dans les conversations. La plupart des supporters donnent le Burkina vainqueur. A quelques heures du coup d'envoi, des colonnes de supporters se dirigent vers le stade. Un peu partout dans les maquis ou sur les taxis flotte le drapeau Burkinabé. Ce match se joue dans un contexte quelque peu tendu entre les deux pays. Le ministre malien du Commerce et de l'Industrie, M. Choguel Maïga, dans une déclaration officielle, a accusé le Burkina d'avoir écoulé sur son territoire une énorme quantité d'huile périmée: 40 000 litres d'huile périmée depuis janvier 2002. Les autorités burkinabé disent ne pas être responsables de cette situation. Elles soutiennent que ce désagrément pourrait être le fait "d'opérateurs économiques peu scrupuleux". Cette affaire dite de l'huile de la discorde va-t-elle avoir des répercussions sur le terrain? Assurément non, car les supporters, au-delà des manœuvres politiques ou politiciennes, préfèrent le beau jeu. Il permet de s'éclater, de s'égayer, de se défouler. La CAN est une fête. Et cet esprit doit être préservé à Ouagadougou et à Bobo.
Gabon # Afrique du Sud
Pour le match de Bobo, le jeu n'est pas fait d'avance. L'équipe du Gabon croit toujours en ses chances. Une large victoire sur les Bafana-Bafana pourrait qualifier les Panthérons du Gabon. "Nous restons dans la logique de la qualification" affirme le président de la fédération gabonaise de football, Placide Engandzas. "Le destin de l'équipe dépend de nous. Nous jouerons notre chance contre l'Afrique du Sud" ajoute-t-il. C'est pour cela que l'entraîneur du Gabon, Claude Kossi, a dit aux "garçons" de jouer et de faire valoir leur talent. Il peut en effet compter sur son effectif qui affiche toujours complet. L'équipe du Gabon ne compte pas de blessés. Les Gabonais disent avoir beaucoup de respect et de considération pour les Sud-Africains qui, selon eux, savent faire circuler le ballon.
Ce match très déterminant sera la première rencontre disputée à 16 heures par l'équipe du Gabon. Leurs deux précédents matchs se sont joués à 18 h 30. Pourront-ils tenir sous la chaleur? Attendons de voir. Les Sud-Africains, pour leur part, disent être venus à Bobo pour gagner. " Nous avons droit à une victoire ", dit l'entraîneur Sud-Africain. Les Bafana-Bafana veulent offrir une victoire à leur peuple, même si dans le fond ils n'ont pas leur destin en main. A Bobo, les supporters des deux équipes ont sonné la mobilisation générale. Le système "Djatiguiya" en cours à Bobo a amené l'arrondissement de Colma à soutenir l'Afrique du Sud. Le Gabon est supporté par l'arrondissement de Consa. La municipalité de Bobo a acheté les tickets d'entrée au stade pour les supporters de ces différentes équipes. C'est dire qu'en plus de l'engagement sur la pelouse, il y aura un autre match dans les gradins: Colam # Consa. La fête s'annonce belle. Jérémie NION, journaliste sportif à Sidwaya sport, donne le Gabon favori. "2 buts à 1". "Le Gabon, se justifie-t-il, s'en va avec un léger avantage. C'est une équipe plus adroite devant les buts et plus physique que les Bafana-Bafana".
Rabankhi Abou-Bakr Zida à Ouagadougou
Africafoot.com

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