COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIORS Archives

XIII CAN JUNIOR
LE FOOTBALL, LES AFFAIRES, LES BAGARRES

Par Zida R. Abou-Bakr
La XIII édition de la Coupe d'Afrique Junior de football se tient au Burkina Faso du 4 au 18 janvier 2003. Outre la compétition officielle de football, beaucoup d'activités se greffent sur la manifestation. Les supporters, les marchands, les pickpockets … Bref, chacun a à cœur de réussir sa Coupe d'Afrique des Nations.
Le top départ de la XIIIè Coupe d'Afrique Junior ( BURKINA 2003) a été donné le 4 Janvier 2003 à 16 heures au Stade du 4 Août à Ouagadougou. Burkinabé et Sud Africains se sont séparés sur un score nul et vierge. C'était en présence du Président du Faso, Blaise COMPAORE et du président de la Confédération africaine du football (CAF), Monsieur Issa HAYATOU. Le premier constat qui s'est dégagé dès le début de la compétition est que, outre le comité d'organisation de la CAN et la CAF, plusieurs autres personnes s'activent pour ne pas rater leur CAN. Il s'agit des supporters, des forces de l'ordre, des marchands, des gérants de parkings (Horodateurs)… des pickpockets.
A Ouagadougou, les environs du Stade du 4 Août, la cour du stade, les gradins… Sont des lieux où s'exercent toutes sortes de commerces avant, pendant et même après les matches. Aux alentours du stade, ce sont les maquis (débits de boissons) qui affichent complet. Pour certains, ces lieux constituent un passage obligé avant ou après un match. " Il faut se mettre en condition pour bien soutenir son équipe " soutient un supporter des ETALONS du Burkina qui venait de vider une bouteille de bière. On va également dans les maquis pour reprendre des forces après avoir vidé son énergie dans les gradins pour pousser son équipe. Les tenanciers de débits de boissons se frottent les mains. Leur CAN est bien partie. Ils ne sont pas les seuls heureux gagnants de la CAN. Il y a aussi les gérants de parkings pour engins à deux roues ou pour voitures. A évènement exceptionnel, attitudes exceptionnelles, dit-on. Ainsi, les parkeurs, à la faveur de la CAN JUNIOR ont doublé leur prix. De 50F CFA pour la garde d'un engin à deux roues et 100 FCFA pour une voiture, les prix ont doublé. Désormais, il faut débourser 100 FCFA pour la garde de sa moto. C'est à prendre ou à laisser. L'affluence est telle que beaucoup de parkings ''pirates'' ont été crées.
TOUT SE VEND
A l'entrée du stade, ce sont des marchands de toutes sortes qui vous accostent. C'est la vente à la criée : " lotus " ; " cigarettes " ; " oranges " ; " bananes " ; " bissap eau glacée… ". On y rencontre également des revendeurs de tickets d'entrée. En général, ceux-ci revendent le ticket plus cher de 100 F ou 200 FCFA si la partie n'a pas encore débuté. Mais au cas ou le premier match est déjà engagé, le prix baisse. Le ticket de 500 FCFA se négocie à 400 FCFA ou 300 FCFA. Tout comme à l'entrée, la cour du stade grouille également de marchands divers. Les petits vendeurs de lotus (kleenex) sont les plus collants. Ils peuvent vous suivre sur plusieurs dizaines de mètres. Les marchands de coca -cola ou de nescafé, de sandwiches, de chewing-gum et de bonbons ne sont pas en reste. On n'échappe pas à leur emprise en accédant aux gradins. Astucieux qu'ils sont, certains marchands ont acheté des tickets pour avoir accès aux gradins où ils continuent leurs activités commerciales. On retrouve dans les gradins tout ce qui se vend dans la cour et aux alentours du stade. Les marchands les plus inattendus sont ceux qui vendent des morceaux de carton. Pour éviter la chaleur ou les saletés, il vaut mieux éviter de s'asseoir à même le béton. Même les programmes de rencontre confectionnés par les sponsors et qui en principe sont destinés à être distribués gratuitement, se vendent à 25Frs CFA l'unité.
UNE AMBIANCE FEERIQUE
Dans les gradins il règne une ambiance chaude. Très chaude même. Les tambours, de toutes sortes, les trompettes, les sifflets,… tous se mélangent dans un vacarme indescriptible. L'endroit n'est pas du tout conseillé à quelqu'un qui souffre de migraine. Dans une atmosphère explosive comme celle qui règne dans les gradins et aux alentours des stades, les bagarres sont presque naturelles. Les bousculades dans les parkings ou pour avoir accès à l'intérieur du stade donnent lieu à des querelles en tout genre. Lorsque la tension monte, on est prêt à faire la bagarre pour un rien. Ainsi on assiste à des prise de bec entre supporters : supporters d'une même équipe, ou supporters d'équipes adverses. Lors du match décisif Burkina Gabon une bagarre a éclaté entre les Burkinabé. Elle a opposé les supporters et les spectateurs. Les groupes de supporters se sont mis debouts pour soutenir leur équipe. Et cela empêchait les spectateurs assis de voir le match. Il s'en est suivi des injures, des jets de peaux de bananes, d'oranges, de sachets d'eau, etc. Mais tout est vite rentré dans l'ordre car les uns et les autres ont compris que le plus important, c'est de soutenir son équipe. Ainsi, chaque but ou chaque belle action des ''Etalons'' est salué par des sifflets, des explosions de pétards, des roulements de tambour, etc. La fanfare de la garde républicaine, en plus d'exécuter les hymnes nationaux des différentes équipes, jouait quelques notes pour saluer chaque but inscrit. Cela ajoute une dose de joie, de bonne humeur au délire collectif qui intervient après chaque but marqué. Ce sont ces instants qu'affectionnent le plus les pickpockets. Ils profitent également des bousculades aux portes d'entrée pour sévir. Mais les forces de l'ordre veillent au grain. Et malheur à celui qui se fera prendre. C'est la fin de l'aventure pour lui. Il ira vivre le reste de la CAN Junior au commissariat.
Zida R. Abou-Bakr à Ouagadougou

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