COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIORS Archives
ITW Jean-Louis FARA TOURE : "Je dirai simplement qu’aujourd’hui la Côte d’Ivoire et l’Egypte ont montré quelles sont en Afrique, les griffes réputées des hautes écoles"

Jacques Roux, envoyé spécial à Ouaga

Journaliste à Africa N°1 et correspondant de l’AFP, Jean-Louis Fara Touré est un homme qui connaît bien le football africain et celui de la sous-région (Zonz3). Après la rencontre de la finale qui opposait les juniors égyptiens aux Ivoiriens, il nous a accordé un entretien en donnant son sentiment sur ce qu’il a vu et surtout constaté. Entretien !
Africafoot.com : Après une rencontre de 90 minutes pleine de palpitations, d’engouement, et les prolongations en prime, quel est votre sentiment ?
Jean-Louis FARA TOURE : Deux jeunesses africaines se sont battues avec cran et détermination. Il y a eu un festival du football offensif, et ce que nous voulons dans les compétitions, c’est cet engagement, sans tricherie. Ce qu’on veut, ce sont des buts. Nous n’en avons eu et c’était même trop, surtout, il faut le souligner, les deux formations présentaient les deux meilleures défenses du tournoi. L’on peut donc dire que c’est le retour du football offensif qui caractérise le football africain et brésilien. C’est aussi cela que nous devons voir sur les différents championnats nationaux à travers le continent. Nous espérons que les entraîneurs européens que l’on rencontre de plus en plus sur le football africain ne vont pas gâcher cela en imposant leur football calculateur.
Africafoot.com : Peut-on dire bravo aux gamins après cette partie ?
Jean-Louis FARA TOURE : On n’oubliera jamais cette première mi-temps de folie, avec six buts marqués. Je dis bravo aux deux équipes, c’est le football africain qui en sort grandi. Nous devons revoir les buts marqués par ces gosses et surtout les montrer dans les différentes écoles de football car ce fut des chef-d’œuvres et des actions de toute beauté. Dès mon arrivée à Abidjan, je vais revoir tranquillement cette rencontre car j’ai besoin de revivre cela sans le micro. C’est bien, je souhaite que notre football continue dans cette voie.
Africafoot.com : On a vu les deux meilleures défenses exploser littéralement. Est-ce parce qu’on laisse vraiment jouer les jeunes, en oubliant un peu l’aspect tactique ? Et que peut apporter une telle explosion des défenses dans les tournois ?
Jean-Louis Fara Touré : Il s’agit d’un esprit de jeunesse, sans calcul. Aujourd’hui, en première mi-temps, ils se sont donnés à fond. Il y a eu de beaux gestes, des buts bien construits : le deuxième et troisième but égyptien, l’égalisation ivoirienne, qui sont à voir dans les écoles de football comme je disait tantôt. On ne peut que les en féliciter et les encourager car ils nous ont gratifiés d’un beau spectacle. Je viens de découvrir un futur grand avant centre égyptien dont on entendra parler bientôt sur le continent... le N° 17 Hemad qui n'est autre que le meilleur buteur de ce tournoi avec cinq buts. Il bat ke records de l'Angolais Pedro Mantorras meilleur buteur lors de la CAN 2001 en Ethiopie (4 buts).
Africafoot.com : Aujourd’hui, on a vu deux football, deux écoles. D’un côté, l’école ivoirienne, avec l’académie et ses écoles aux alentours du stade, et de l’autre côté, l’école égyptienne, avec les gamins du Al Ahly, du Zamalek et de Ismailla...
Jean-Louis Fara Touré : Je dirai simplement qu’aujourd’hui la Côte d’Ivoire et l’Egypte ont montré quelles sont en Afrique les griffes réputées des hautes écoles. Le travail des centres de formations commence réellement à donner ses fruits, il ne reste plus qu’à canaliser ce travail vers des clubs locaux et pourquoi pas se lancer dans le professionnalisme réel au lieu de bricoler. Les clubs africains devraient être les premiers à bénéficier du travail de ses centres, mais c’est les équipes européennes qui en récoltent les fruits. C’est dommage !
Africafoot.com : Ismaël Youssef, l’entraîneur adjoint de l ‘équipe égyptienne me disait tout à l’heure que les Ivoiriens ont été difficile à manœuvrer, et qu’il félicite les Eléphanteaux qui ont été malheureux sur ce coup car ils auraient pu emporter ce trophée. Qu’en pensez-vous ?
Jean-Louis Fara Touré : Il a fait un bon constat. L’environnement a été hostile à l’équipe de Côte d’Ivoire, et ces jeunes garçons ont eu beaucoup de courage et de cran pour s’exprimer dans un tel environnement, et c’est tout à leur honneur. J’aurais voulu voir un stade enthousiaste applaudir les deux équipes, parce qu’il y avait du spectacle sur le terrain. J’aurais aimé voir le stade du 4 août faire la fête pour les deux équipes. C’est tout ce que regrette. Une rencontre comme celle là auraient dû réveiller les amoureux du ballon rond, mais l’on a assister à une partie à trois car les Ivoiriens devaient résoudre deux équations, le public et ses projectiles (sachets d’eau, et ensuite la solide sélection égyptienne. C’est dommage pour le football de subir ce genre de comportement.
Jacques Roux à Ouaga
Africafoot.com

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