COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIORS Archives

Jean-MARC GUILLOU : "Il y a encore plus de talent que ce qui est actuellement visible"

JACQUES ROUX à Ouagadougou

Prénom :Jean-Marc
Nom : Guillou
Date de naissance : Né en 1945
Poste : Cadre technique et actionnaire de KSK Beveren (Belgique)
Carrière joueur : SCO Angers, OGC Nice,
Sélection : A France 19 sélections, 3 buts (1974-78)
Palmarès joueur : Finaliste Coupe de France 1978
Participation Coupe du monde 1978
1993 directeur technique de l'Asec.
1993-99 responsable Académie Mimos Sifcom
1999 Entraîneur de l'Asec
1999 Super coupe d'Afrique

Jean-Marc Guillou a suivi à nos côtés le samedi 18 janvier 2003, les deux finales de la 13ème Coupe d’Afrique des Nations (Burkina 2003), il nous a gratifié de ses analyses sur les rencontres de ce samedi 18 janvier au stade du 4 août à Ouagadougou. Entretien.

Africafoot.com : Jean-Marc, que pouvons-nous dire après cette première mi-temps de cette petite finale entre le Burkina Faso et le Mali ?
Jean-Marc GUILLOU : Le Burkina en seconde mi-temps était un peu plus dominateur. Il est dommage que les deux buts marqués aient été réalisés sur coups de pieds arrêtés. Cela suppose que les défenses prennent souvent le pas sur les attaques, et que ce sont les fautes des défenses qui font que les attaques aboutissent sur des situations un peu confuses permettant de marquer des buts. Mais il ne faut pas non plus tirer de conclusions trop hâtives sur un match, car je crois malgré tout c’est la tendance, et que le jeu fondé sur des duels aboutit à beaucoup de situations de coups francs qui finalement deviennent des situations dangereuses.
Africafoot.com : Après une partie de 90 minutes pleine d’intensité, on arrive aux prolongations, que pensez-vous du spectacle offert par les deux sélections?
Jean-Marc GUILLOU : Je crois que nous avons encore à apprendre sur la capacité de récupération des gamins. Je pensais que les Burkinabès allaient lâcher le morceau au vu de la fatigue accumulée au premier tour. Mais non, ils sont arrivés avec une intension de prendre la troisième place. C'est tout simplement admirable, nous savons tous qu'ils ont laissé des forces et des joueurs sur blessures lors du match contre les "Eléphanteaux" de Côte d'Ivoire. C'est bien de la part de la CAF de permettre ces remplacements de joueurs qui ne pouvaient plus continuer la compétition à cause des blessures. Bref, je crois que le niveau de cette première partie de la rencontre s'en être élevé, a été bon.
Africafoot.com : Apparemment, rien n'est encore joué.
Jean-Marc GUILLOU : C’est qu’ils se sont neutralisés. Il y aura du spectacle supplémentaire. J’espère malgré tout que la Côte d’Ivoire qui a dominé en seconde mi-temps va arracher cette qualification, parce que c’est l’équipe qui a le plus dominé, même si l’Egypte a pu être dangereuse sur des contres. Mais la Côte d’Ivoire a davantage joué pour gagner que l’Egypte qui a calculé, et qui est relativement experte au travers de ses joueurs pour être aux bons endroits au bon moment, et l’arbitre se laisse un peu prendre au jeu des Egyptiens. Sur l’ensemble du match, j’espère pour le football que la Côte d’Ivoire gagnera, même si l’Egypte a quand même fait une très bonne compétition.
Africafoot.com : On a ici deux écoles de football qui sont mises en valeur. Que pensez-vous de l’évolution des deux football, égyptiens et ivoiriens ?
Jean-Marc GUILLOU : Je ne connais pas suffisamment le football égyptien. Le football ivoirien évolue, je pense que j’en ai été un des acteurs importants, parce qu’on a fait un beau travail de formation. On a suscité autour de nous dans les quartiers d’Abidjan l’apparition de beaucoup d’éducateurs qui ont participé à nos compétitions. Le résultat est celui d’une jeunesse ivoirienne qui a des qualités. Mais on peut encore faire beaucoup mieux au niveau tactique et technique. Il y a encore plus de talent que ce qui est actuellement visible, Qu’on arrive en finale et qu’on ait envie de la gagner, c’est significatif d’un travail qui a été fait. Il faut continuer et être un peu plus exigeant au niveau de la tactique et de la technique. C’est ce qui fait les émotions, les belles actions dont a tout de même été un peu sevrés. L’arbitrage aussi doit faire un effort pour privilégier les joueurs qui jouent au détriment de ceux qui tirent le maillot, qui trichent un peu, et au bénéfice d ‘un contre finissent par gagner des matches.
Africafoot.com : Après ces 90 minutes, quels sont les joueurs qui ont attiré votre attention ?
Jean-Marc GUILLOU : Il y a des bons joueurs dans toutes ces équipes que nous avons vu évoluer lors de cette CAN Junior. Au Burkina Faso, j’ai vu des joueurs de qualité, des garçons physiques, je n’ai pas vu de grand technicien, et j’ai tendance à mettre en lumière ceux que nous avons formés à l’académie. Il y a un joueur qui a joué en dessous de sa valeur, qui malgré tout fait partie des meilleurs dans cette CAN, c'est "Yaya". Il n’a pas fait assez d’action, parce que je sais qu’il est capable de dribbler, d’être performant, en fait il a surtout régulé le jeu. Je pense par contre que Tony a fait une très bonne Coupe d'Afrique des Nations, un joueur égyptien, je crois qu'il s'appelle Hemad (N°17), a également réussi son examen. Je ne pense pas être chauvin en citant ces trois joueurs qui se retrouvent en finale. Le football africain a de beaux jours devant lui!
Jacques Roux à Ouaga
Africafoot.com

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