| COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIORS | Archives | ||
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ITW Réalisée par Jacques Roux |
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Africafoot.com : Abordons
maintenant le côté gestion des effectifs sous un autre
angle : qu'est-ce qui fait courir les techniciens européens à
des championnats comme cette CAN Junior ? Est-ce le football africain
qui a pris de la valeur ? Peut-on dire qu'il existe un " vivier
" en Afrique dont le football européen a besoin ?
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Philippe Redon : L'Afri
que
doit remercier ses locomotives. Lorsque j'étais en charge de
l'équipe nationale du Cameroun, il y avait des joueurs africains
qui évoluaient en Europe, et dont la plupart ne faisaient pas
partie des meilleurs joueurs. Dans les trois quarts des équipes,
les stars sont d'origine africaine. Il est donc normal que des techniciens
européens viennent voir évoluer la jeunesse africaine.
Dans cette compétition continentale, toutes les meilleures nations
africaines sont représentées; le continent africain recèle
sans doute la crème du football en Europe. |
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Africafoot.com :
On constate aujourd'hui que des équipes européennes nationales
intègrent des joueurs de " couleur ", comme on les
appelle dans certains pays européens, en France notamment . N'est-ce
pas risquer de tuer les équipes nationales africaines ? Et qu'est-ce
qui selon vous a apporté ce changement ?
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Philippe Redon : Les
joueurs africains percent de plus en plus jeu
nes.
Ils ont donc une formation plus poussée qu'avant. Comme génétiquement
ils ont des capacités phénoménales, avec du travail,
ces qualités sont d'autant plus visibles. Il y a quelques années
encore, les joueurs africains étaient brillants, mais manquaient
de fondamentaux techniques, parce qu'ils n'avaient pas assez travaillé
étant jeunes. Dans les formations françaises, on privilégie
le joueur au détriment de l'équipe, ce qui n'est pas le
cas en Afrique. Je ne suis pas surpris de voir des joueurs africains
atteindre un tel niveau. Et comme ils sont très jeunes, ils auront
ensuite le choix de la nationalité. Ils prendront leurs responsabilités,
ce sont des hommes avant d'être des joueurs. Ils pourront continuer
à jouer pour leur pays, ou intégrer une autre équipe
nationale. Je crois que le problème n'est pas de tuer les équipes
africaines, mais d'avoir la meilleure sélection possible. Et
si la meilleure sélection passe par un ou deux africains, pourquoi
s'en priver si le joueur est d'accord ? |
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| Africafoot.com : Au niveau de l'équipe de France, on parle de "Mafia Black". Qu'en pensez-vous ? | |||
| Philippe Redon : Je ne raisonne pas en terme de continent. Si ceux qui jouent en équipe nationale jouent pour la France, c'est qu'ils le méritent. Ce n'est pas une question d'origine, mais de compétence. S'il est meilleur qu'un autre, il jouera. Et pourquoi ne verrait-on pas un jour dans un pays africain un joueur européen ? | |||
| Africafoot.com : Puis-je vous demander ce qui vous fait tant courir en Afrique ? Et pourquoi vouez-vous un tel amour au continent africain ? | |||
Philippe Redon : J'ai
été joueur professionnel dans de grandes équipes
en France, avec des joueurs africains. Ce sont des personnes avec lesquelles
vous sympathisez, et l'histoire débute comme ça. Puis vous
découvrez le continent. Et lorsque vous avez découvert le
continent africain, vous ne l'oublierez jamais plus. Ce n'est pas une
histoire de football, c'est une histoire d'hommes. |
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| Africafoot.com : Pour clore cet entretien, quel est le joueur de cette CAN qui a vraiment attiré votre attention ? | |||
Philippe Redon :
C'est une question difficile. Deux journées seulement se sont écoulé es.
Le gardien ivoirien semble avoir des qualités, et le gardien égyptien
semble avoir plus de métier que les autres. Les joueurs qui ont
bénéficié d'une formation en Europe font des matches
beaucoup plus denses, perdent moins le ballon, jouent plus juste. Mais
ils ne seront pas forcément meilleurs. Il y a également
le numéro 6 sud-africain, déjà parti en Italie, qui
joue juste. Le numéro 17 du Gabon, qui évolue à Strasbourg,
a un gros potentiel. Il y a aussi d'autres joueurs qui évoluent
toujours au pays, mais malgré leurs qualités, ils commettent
davantage d'erreurs techniques. Il faut juger par rapport à leur
vécu et leur potentiel, et en faire une synthèse, ce qui
est le travail du technicien. Il faut projeter le potentiel du joueur
dans le futur, et non pas le juger uniquement sur ce qu'il réalise
aujourd'hui. C'est un pari à faire sur l'avenir. |
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| Africafoot.com | |||
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