COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS JUNIORS Archives

Thomas NKONO : "Ce que je regrette au niveau du football africain, c'est que nous perdons notre identité "

ITW Réalisée par Jacques Roux

Africafoot.com : On a pu constater des problèmes d'arbitrage, toute la presse locale en parle d'ailleurs. Les arbitres n'ont pas été bons durant ces deux premières journées. Quel est votre avis sur la question?
Thomas NKONO : Il y a eu des moments d'hésitation, des fautes techniques. Je ne sais pas si les arbitres ont vraiment pu se préparer, parce que normalement, pour une compétition comme celle-ci, il devrait y avoir une préparation d'avant compétition. Mais malgré tout, il y aura toujours des erreurs humaines. Toutefois, d'ici la fin, peut-être verrons-nous des améliorations. Vous savez, les arbitres sont toujours oubliés lors des compétitions africaines. Pour preuve, au centre de presse, il n' y a pas de liste des arbitres. Nous avons l'impression qu'il font partie du décors mais qu'ils sont invisibles aux yeux de tous les observateurs, sauf bien sûr quand il y a des erreurs.
Africafoot.com : D'un autre côté, l'état des terrains et la chaleur ambiante sont des facteurs défavorisant la bonne évolution du jeu. Les matches de début de soirée sont beaucoup plus rythmés que ceux de 16 heures.

Thomas NKONO : Concernant les horaires des matches, on devrait davantage penser aux joueurs. Jouer à 16 heures ou à 18 h 30 est totalement différent. Ceux qui ont joué à 16 heures ont eu des difficultés à trouver une bonne cadence. Décaler les rencontres d'une heure ne ferait probablement que du bien à tout le monde, et améliorerait sans aucun doute la qualité du spectacle.
Africafoot.com : D'autant plus que les stades sont éclairés, et que tout est réuni pour jouer un match dans d'excellentes conditions. Pourquoi faut-il toujours se cantonner aux horaires de la CAF ? Il faudrait tout même penser à évoluer. De plus, le terrain doit être mouillé pour permettre la bonne circulation du ballon, et éviter les blessures des enfants.

Thomas NKONO : Malheureusement, on pense davantage à rendre service aux télévisions et aux sponsors. Il faudrait également penser à la santé des joueurs. Il y aurait assurément davantage de spectacle en jouant plus tard, ce qui véhiculerait aussi une bonne image du football africain au travers des médias. Arroser le terrain une heure avant la rencontre favorise la progression du ballon, et ainsi, le terrain est beaucoup plus mou. Peut-être pourra-t-on améliorer les choses dans les prochaines compétitions. Personne ne pense au jeu, et c'est dommage. Il faut installer les joueurs dans de bonnes conditions de travail afin de donner une importance au spectacle, ce ne sont pas des animaux quand même. Nous sommes tous là pour les voir joueur, et nous gagnons tous de l'argent sur leur prestation, leur travail, il est tout à fait normal que ce soit eux qui soient soigner pour qu'ils puissent améliorer leurs performances qui permettront de mieux rentabiliser les gains. Mais non, personne ne pense à eux et après que l'on ne vienne pas se plaindre du triste spectacle offert.
Africafoot.com : Il y a eu une arrivée massive d'observateurs étrangers appartenant à de grands clubs européens. Pourquoi cet engouement ? Le football africain aurait-il pris de l'ampleur ? Ne serait-ce pas cette entité que nous avons si peur de perdre qu'ils sont venus chercher ?

Thomas NKONO : Oui, c'est justement cela qu'ils sont venus chercher. Parce qu'ils ont tous les schémas techniques, mais nous, nous avons la force physique, la technique, le dribble. C'est tout cela qui amène les observateurs étrangers à venir voir s'il y a ici une perle rare. De plus, les tarifs sont aussi beaucoup plus abordables que par exemple au Brésil ou en Europe.

Africafoot.com : Ils sont donc venus chercher le joueur qui fait le spectacle ?
Thomas NKONO : Non, pas le spectacle en lui-même, mais le joueur qui peut faire la différence. L'européen ne vous donnera pas une place parce que vous faites le spectacle, mais parce que vous êtes différent de ses autres joueurs. Ils peuvent être aussi résistants que les Africains, ils peuvent courir aussi vite, mais jamais ils n'auront ce dribble qui fait toute la différence.
Jacques Roux à Ouagadougou
Africafoot.com

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