COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS 2008 Archives

1er tour Groupe A, Guinée - Maroc: 3-2

2ème journée – Groupe A
Jeudi 24 janvier 2008 au Stade Ohene Djan d’Accra
15 000 spectateurs
Arbitre : Jérôme Damon (Afrique du Sud)
1er assistant: Inacio Manuel Candido I (Angola)
2ème assistant: Komi Konyoh (Togo)
4ème Arbitre: Muhamed Ssegonda (Ouganda)
Buts Maroc: Aboucherouane (60’) et Ouaddou (90’)
Buts Guinée: Feindouno (11’et 63’ sp) et I Bangoura (58’)
Cartons jaunes: M. Cissé (17’), Youla (32’), Jabi (47’) et Sylla (57’) pour la Guinée
Carton rouge: P. Feindouno( 67’) pour la Guinée

La Guinée relancée.

On ne change pas une équipe qui gagne. Ce vieil adage aurait pu être utilisé par Henri Michel, le coach des Lions de l’Atlas. Au lieu de cela, il a chamboulé son effectif, en jouant la prudence face à la Guinée de Pascal Feindouno. Le capitaine du Sily allait s’avérer être le bourreau des Marocains au cours de cette soirée marquée une nouvelle fois par une chaleur dépassant les 30C°. La défense marocaine était méconnaissable, à l’image de Basser, qui a connu un déchet énorme dans ses centres. Elle a eu les pires difficultés à contrer le virevoltant et non moins insolent Fodé Mansaré et a provoqué le pénalty du 3ème  but guinéen. Quant au Valenciennois Ouaddou, il était responsable du premier et deuxième but encaissé par Fouhami, ce qui n’est guère rassurant pour ses partenaires. Que dire du milieu de terrain censé lancer le seul attaquant de pointe qu’est Zerka, ou de Sektioui étrangement absent hier, de Kharja et de Safri qui n’ont pu répondre au défi physique et technique imposé par la bande à Robert Nouzaret ? Seul Hadji, par intermittence, tenta quelques raids sans conséquences pour Kalabane et ses coéquipiers de la défense. Trop de balles aériennes vers l’avant, alors qu’aucun attaquant marocain présent sur le terrain ne disposait d’un bon jeu de tête, à l’exception de Chamakh, sacrifié sur le banc de touche. Nouzaret a vu juste, il a compris la leçon du match d’ouverture face au Ghana, en optant pour un schéma d’attaque, avec le retour de Fodé Mansaré, Youla, Ibrahim Bangoura et le maître à jouer Feindouno.

Celui-ci a joué un rôle considérable dans le succès de son équipe. D’abord en ouvrant le score sur un coup franc excentré après 11’ de jeu, il donna à Bangoura la balle du deuxième à la 58’, avant de conclure par un penalty cinq minutes plus tard, suite à une faute de Basser sur Mansaré. Entretemps, le rentrant Aboucheroune réduisit le score pour le Maroc. Malheureusement, les nerfs du capitaine du Sily allaient craquer en commettant l’irréparable face à Erbate. L’arbitre Sud-Africain, Jérôme Damon, n’hésita pas un seul instant et brandit le premier carton rouge de cette CAN 2008. La Guinée doit finir le match à dix durant 25 minutes. Face à la désorganisation marocaine, ils ont tenu, même si Ouaddou marqua un second but en fin de partie pour les Lions de l’Atlas, ce qui fut insuffisant pour revenir à la marque. Henri Michel corrigera surement sa copie dans l’optique du match décisif face au Ghana, auquel cas ce sera la plus grosse déception de ce premier tour, un retour prématuré du Maroc chez lui.

1er tour Groupe A, Ghana-Namibie: 1-0

2ème journée
Jeudi 24 janvier 2008 au Stade Ohene Djan à d’Accra
45 000 spectateurs
Arbitre: Kacem Bennaceur (Tunisie)
1er assistant: Toru Sagura (Japon)
2ème assistant: Désiré Gahungu (Burundi)
4ème arbitre: Badara Diatta (Sénégal)
But Ghana: Agogo (41’)
Cartons jaunes: L Kingston (55’) pour le Ghana et Risser (63’) pour la Namibie

Le Ghana sans panache

Après leur succès arraché dans la douleur face à la Guinée, lors de la première journée inaugurale de ce groupe A, on attendait un festival offensif de Michael Essien et consorts. L’enjeu était-il à ce point un obstacle ? Pour voir une équipe ghanéenne maîtresse dans tous les compartiments du jeu face aux braves guerriers namibiens, il fallait oser davantage aux abords de la surface de réparation adverse, mais surtout éviter les gestes inutiles. Car à trop bien vouloir faire admirer sa technique, l’attaque pécha dans le réalisme, par manque de lucidité. Pourtant, Claude Leroy a gardé la même équipe, et prévenu ses joueurs, histoire de souder la confiance du groupe et améliorer sa différence de buts qui pourrait être déterminante au moment d’attribuer les deux sésames pour les quarts de finales. Devant, les Blacks Stars alignèrent une belle brochette d’attaquants, à l’image de Gyan Asamoah et Agogo, bien épaulés par Essien, maître à jouer et véritable régulateur, Quincy et Lary Kingston,suspendu face au Maroc après un second carton jaune. Ce ne sont pas les occasions de faire trembler les filets Namibiens qui firent défaut à la formation de Claude Leroy, mais le manque de réalisme dans le geste final des avants de pointes incapables de créer des situations, comme ce fut le cas lors du précédant Ghana - Guinée où les poteaux renvoyèrent à trois reprises le cuir. Heureusement, la poussée ghanéenne porta ses fruits à la 41’, par Agogo. Ayant retenu la leçon marocaine, les hommes du Néerlandais Arie Schans ont fait bloc autour de Gariseb, avec une occupation rationnelle du terrain, laissant en pointe le seul Brendell se départir du marquage de Mensah, Paintsil et Sarpei.
En adoptant une position attentiste, sans jamais provoquer de fautes dans leurs vingt derniers mètres, les braves Warriors on failli, contre toute attente, créer la sensation de la soirée, surtout en seconde période où, à cinq reprises, le public du stade Ohene Djan retint son souffle. Jusqu’à la dernière seconde de cette confrontation, les 45.000 spectateurs qui donnèrent de la voix en encourageant leur team national, poussèrent un ouf de soulagement lorsque l’arbitre tunisien Bennaceur renvoya les 22 acteurs aux vestiaires, sur ce score de 1 à 0, certes étriqué, mais précieux pour les camarades d’Ayew Pelé, fils du célèbre Abedi, qui fit les beaux jours de Marseille. Le onze ghanéen s’en sortit à bon compte en fin de match, car avec plus de maturité et d’expérience du haut niveau, les Brendell, Risser , Benjamin et Bester auraient pu remettre les pendules à l’heure, n’eut été le manque de hargne et d’expérience de ces braves guerriers namibiens dans le dernier geste. Dommage, cette équipe des Black Stars était prenable hier soir. Avec cette victoire et sans avoir soigné sa différence de but, le pays hôte occupe provisoirement la tête du groupe A, où rien n’est définitivement joué. Une défaillance, même devant son public, n’est pas à exclure. Vivement lundi pour une troisième et dernière journée haletante, avec Ghana - Maroc et Guinée - Namibie.

1er tour Groupe B, Côte d’Ivoire - Bénin: 4-1

2ème journée – Groupe B
Vendredi 25 janvier 2008 au Stade de Sekondi Takoradi (Essipong Stadium)
13 000 spectateurs
Arbitre: Kenias Marange (Zimbabwe)
Buts Côte d’Ivoire: Drogba (40’), Y.Touré (43’), K.Keita (52’) et A.Dindane (61’)
But Bénin: Omotoyossi (90’)
Cartons jaunes: S.Kalou (31’), Meité (36’) et Gervinho (88’) pour la Côte d’Ivoire, Chrysostome (8’) et Sessegnon (53’) pour le Bénin

L’assurance des Ivoiriens

N’allez pas croire que ce score de 4 buts à 1 est la conséquence d’une domination quasi-permanente des Eléphants ivoiriens. Les Ecureuils béninois ont opposé une farouche résistance à l’ogre constitué par Drogba et ses partenaires. Les hommes de l’Allemand Fabisch déployèrent un jeu plaisant, basé sur un toucher de balle fait de passes courtes. Ce dispositif gêna considérablement Kolo Touré et ses équipiers, qui n’ont entrevu leur salut qu’en fin de première mi-temps, lorsque les accélérations de Drogba, Kalou et Kader Keita commencèrent à causer des dégâts dans la défense béninoise. L’expérience et la maturité ivoirienne ont fait la différence en moins de trois minutes, en fin de première période. Ce n’est pas faute d’avoir essayé côté orange, avec Drogba par deux fois et A. Dindane sur le poteau, mais en face le rideau défensif veille au grain, repoussant les tentatives incessantes de la bande à Gili. Devant Omotoyossi, l’homme qui vient du froid (Norvège) et Sessegnon, le Manceau, se mirent bien en position de tir, mais manquèrent de puissance et de précision dans le dernier geste. Comment faire plier Chrysostome et sa défense ? Par des assauts permanents et un travail sur les ailes. Pourtant, c’est sur une balle en profondeur que Yahya Touré, l’excellent Barcelonais, servit en profondeur à son capitaine Drogba, une position qu’affectionne à merveille le centre avant de Chelsea, pour venir battre Chitou à la 40’. Trois minutes plus tard, cafouillage devant le but de Chitou, Yahya Touré en embuscade doubla la mise pour la Côte d’Ivoire, synonyme de KO avant la pause citron.

Gérard Gili aligna sa meilleure équipe, afin de parer à toute éventualité, en incorporant le Lyonnais Kader Keita dès le coup d’envoi. Le potentiel offensif des Ivoiriens, tel un rouleau compresseur, ne pardonne pas le moindre relâchement, ce dont se rendit coupable l’arrière-garde des Ecureuils, en servant sur un plateau un cadeau inespéré au Lyonnais et lui donner l’occasion d’ouvrir son compteur but et offrir le 3 à 0 à la Côte d’Ivoire. Que peut-on dire sur le 4ème but? Un modèle de pureté technique : sur un corner de Kader Keita, Drogba récupéra le ballon dans la surface de réparation et, d’une pichenette en aveugle, adressa un centre millimétré sur la tête d’Arouna Dindane, pour un but somptueux. Dès lors, il n y eut plus de match. Mauvaise nouvelle pour les Eléphants, la sortie sur blessure de Kolo Touré, la tour d’ivoire, mais le banc est si riche que Gili a déjà songé à son remplacement. Il faudra gérer face au Mali. A l’absence du joueur d’Arsenal viennent s’ajouter les suspensions de Meité et Salomon Kalou. Malgré la lourdeur du score, Adjamossi et ses coéquipiers sauvèrent l’honneur en fin de match, par Omotoyossi. Pour le staff des Eléphants, la gestion des quarts de finale passe par un dernier obstacle appelé Mali. Gérard Gili jouera surement la carte du turn-over.


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30/01/08