| CAN 2010 | Archives |
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«Le comité exécutif de la CAF vient de suspendre le Togo pour deux Coupes d'Afrique des Nations. C'est une sanction réglementaire. Il y a eu une interférence gouvernementale, ce que nous ne pouvons pas accepter», dixit le président de la CAF, Issa Hayatou à l'AFP. La réaction du Togo ne s'est pas faite attendre, une plainte a été déposée devant les tribunaux de Paris, avec constitution de partie civile visant le groupe rebelle du Cabinda, le FLEC (les Forces de Libération de l'Etat du Cabinda/Position Militaire) qui avait revendiqué l'attaque contre le bus transportant l'équipe togolaise, ainsi que la Confédération Africaine de Football (CAF) et son président Issa Hayatou. Les chefs d'accusation de la plainte, déposée par le gouvernement togolais et les membres de la famille des deux personnes tuées au cours de l'attaque, à savoir Abalo Amelete (entraîneur adjoint) et Stanislas Ocloo (journaliste) portent sur «actes de terrorisme, assassinats et complicité d'assassinats», «atteinte involontaire et volontaire à la vie d'autrui» et «exposition d'autrui à des risques de mort et de blessure». |
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| Responsabilités et implications des parties en présences: |
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Le CAF est l'organisme détenteur des droits de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN). Elle confie l'organisation de la CAN à un comité local nommé dans le pays qui a été choisi pour accueillir l'évènement. Elle s'assure enfin que tout se déroule bien selon son cahier des charges. Sur le plan de la sécurité, de l'hébergement, du transport et de tout se qui concerne l'accueil des pays qualifiés, le comité local d'organisation restera en contact avec lesdites délégations dans le respect du cahier des charges. La CAF assure la prise en charge, à hauteur de 30 membres par délégation (transport, hébergement, restauration…), la sécurité des délégations étant assurée par le pays organisateur. Selon des informations dignes de foi, il est important de souligner que l'Angola avait demandé à toutes les délégations de transiter par Luanda, lesdites délégations étant ensuite acheminées vers les sites de la CAN par la partie angolaise. Selon les mêmes sources, Stanislas Ocloo ne figurait pas dans la liste officielle du Togo (30 membres) envoyée au comité d'organisation et à la CAF. Cette négligence de placer le nom du journaliste togolais dans la liste officielle serait très grave de la part du responsable de l'opération CAN 2010. Il semblerait que le premier responsable de la participation du Togo à la CAN en Angola, soit Winny Dogbasè. Nous avons essayé de le joindre au téléphone, sans succès. |
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Une question s'impose, la délégation togolaise avait-elle averti la partie angolaise et la CAF de sa décision de rallier Cabinda par la voie terrestre? Si oui, il y a lieu de constater une négligence de la partie angolaise sur le plan sécuritaire, surtout au vu de l'aspect dangereux de la région de Cabinda. Si la réponse est non, il y a lieu de s'interroger sur la prise de responsabilité et l'insouciance des responsables de la délégation togolaise. Pour information, la ville de Cabinda est dotée d'un aéroport et nous pensons que la voie terrestre aurait pu être évitée, a fortiori au vu des troubles qui persistent dans cette région. |
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La CAF et son président, Issa Hayatou, se sont rendus à Cabinda afin de rencontrer toutes les délégations (Côte d'Ivoire, Ghana, Burkina Faso et Togo) présentes sur ce site. Dans cette délégation se trouvaient cinq membres du gouvernement togolais dont le ministre des sports, Christophe Tchao. Le président Issa Hayatou a présenté ses condoléances et ses excuses en son nom et celui du comité exécutif de la CAF, il a rassuré toutes les délégations sur les mesures de sécurité qui ont été prises par le gouvernement angolais, car il venait de rencontrer le premier ministre du pays organisateur, Antonio Paulo Kassoma, qui a réitéré sa confiance aux forces militaires qui protègent la région de Cabinda et il a rassuré le président de la CAF du renforcement sécuritaire du site de Cabinda. Quant au ministre chargé des questions relatives aux droits de l'homme et ancien membre du mouvement séparatiste, Bento Bembe (Photo ci-dessous), il n'était pas question de remettre en cause le choix de Cabinda pour accueillir sept matches de la CAN. «Cabinda est une province comme une autre de l'Angola. Il n'y avait pas de raison de ne pas organiser la CAN à Cabinda», dira l'ancien séparatiste. Il est donc clair que le gouvernement angolais souhaitait profiter de la CAN pour faire oublier son passé violent de la guerre civile (1975- 2002) qui a secoué le pays. Mais il ressort que le gouvernement de Luanda avait probablement négligé la capacité de nuisance du FLEC qui, malheureusement, a entraîné la mort de deux hommes et de plusieurs blessés dans la délégation togolaise, dont le gardien de but, Obilalé Kodjovi. En plus de cela, l'on arrive même à oublier la mort du chauffeur du bus qui serait angolais. |
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Du côté de la CAF, le président Issa Hayatou n'a fait qu'entériner la décision de son comité exécutif, quant à sa décision de suspendre le Togo pour quatre ans et deux CAN. «Cette décision vient répondre à l'immixtion du gouvernement dans les affaires du football» , se justifie la CAF. Selon nos sources, la CAF a envoyé un courrier de condoléances au président de la république du Togo, Faure Gnassimgbé. Et pourtant, la CAF, par la voix de son président Issa Hayatou, avait décidé de ne pas sanctionner les Eperviers, car elle comprenait que les joueurs soient affectés par la disparition de Abalo Amelete (entraîneur adjoint) et Stanislas Ocloo (journaliste). Mais, selon la CAF, les joueurs avaient pris la décision de participer au tournoi en mémoire des disparus, ce que le gouvernement eut tôt fait de rejeter: «Si une équipe ou des personnes se présentent sous les couleurs togolaises, il s'agira d'une fausse représentation», avait déclaré Gilbert Houngbo, le premier ministre togolais, à la presse locale. |
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Rappelons que le premier vice-président de la CAF et président de la Fédération Togolaise de Football (FTF), le général Seyi Mémène, est Togolais. En rappel, la CAF, qui a un solide allié, le Nigeria, n'a pas hésité à suspendre ce pays, lorsque le président Sani Abacha avait retiré son équipe de la CAN en 1996 (le Nigeria était le champion en titre et super favori de la compétition), suite au différent l'opposant au gouvernement d'Afrique du Sud. Le Nigeria n'avait pas participé à la CAN au Burkina Faso en 1998, la CAF avait ensuite levé sa suspension et permis au pays de Jay Jay Okocha et au Ghana de co-organiser la CAN en l'an 2000. S'il fallait suivre les décisions des gouvernements africains quant au football du continent, nous aurions de multiples défections pour des raisons d'état, manque d'argent, blessures de joueurs, tenue des élections etc. Nous constatons que la sélection togolaise de football, lors de la rencontre qui l'opposait à celle du Cameroun en match retour à Yaoundé, avait fait un voyage assez difficile pour rallier la capitale camerounaise. En effet, après avoir raté leur vol à l'aéroport de Cotonou, les Eperviers - après un atterrissage à Douala - ont loué un bus et effectuèrent 400 km pour rallier Yaoundé. L'on se demande ce qui se serait passé si les joueurs avaient rencontré des difficultés du genre de Cabinda sur leur parcourt. Aurait-on accusé la FIFA, la CAF, la fédération camerounaise de football (FECAFOOT) ou le gouvernement camerounais? Mais qui est en charge des voyages au sein des Eperviers du Togo? Il est évident que cette personne a beaucoup de choses à dire et les doutes qui entourent cette affaire s'effaceraient. Seule la douleur de la mort des membres de la délégation restera dans les familles concernées. |
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Qui veut la démission ou le départ de Issa Hayatou? |
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Pour ceux qui veulent ou demandent le départ d'Issa Hayatou, car trop vieux et fatigué, il est souhaitable de rappeler que le président de la FIFA, Sepp Blatter, est né le 10 mars 1936, le président du CIO, Jacques Rogge, est né le 2 mai 1942, Issa H ayatou est né le 09 août 1946. Les candidatures sont ouvertes à la FIFA, au CIO et à la CAF pour de nouveaux présidents et il n'y a pas de durée de mandats jusqu'à preuve du contraire. Afin de vous imprégner de l'histoire du football africain et de ses déboires avec les prises de position des différents gouvernements, nous sommes allés chercher quelques morceaux choisis de l'histoire de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) depuis sa création. Edifiant !!! CLIQUEZ SUR CE LIEN. |
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Après la lecture de cet article, nous concluons que la CAF n'avait pas voulu laisser, une fois de plus, la politique se mêler de ses affaires, même si, pour cette fois, il y avait un cas de force majeure. Pour preuve, les menaces du gouvernement togolais ont été mises à exécution. La CAF avait-elle le droit de suspendre le Togo? La réponse est oui. Le règlement lui donne ce droit. La CAF pouvait-elle ne pas suspendre le Togo? La réponse est oui, puisque son président, Issa Hayatou, l'avait annoncé, mais le gouvernement togolais a amené le comité exécutif à revenir sur sa décision. La crédibilité de la CAF est-elle entachée? La réponse est non! En rappel, Marc Vivien Foé est mort sur un terrain de football à Lyon en France et le Cameroun a joué la finale de la coupe des confédérations (2003) en sa mémoire. On a joué une Coupe du Monde en 1978 en Argentine, qui se trouvait être un pays en pleine dictature. Le football unit les peuples divisés la plupart du temps par les politiques sur le continent. Ce même football permet la construction d'infrastructures sportives tous les deux ans, avec la CAN, dans des pays comme le Cameroun (1972), le Burkina Faso (1998), le Mali (2002), le Ghana (2008) et récemment l'Angola (2010), pour ne citer que ceux-là. Il y a longtemps que les européens ont réussi leur développement sur le plan infrastructurel. Le continent africain, avec la CAN qui est devenue un des plus grands évènements footballistique au monde, est en train de permettre à certains pays de se développer, non seulement sur le plan sportif, mais aussi hôtelier, routier, touristique etc. La CAN permet aussi à d'autres de se faire connaître et de lier des relations économiques et sociaux-culturelles. Doit-on laisser la CAN s'organiser tous les deux ans? Oui, selon Issa Hayatou! Et nous aussi, le pensons fortement, et soutenons cette bataille engagée par le président de la CAF. |
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Courageux sont ceux qui ont un avis tranché sur la question. Il est d'autant plus difficile de prendre position car, tout en considérant le côté humain qui appelle à l'indulgence, il faut savoir garder raison et rester lucide: un retrait de la sanction infligée au Togo par la CAF conduirait immanquablement celle-ci à perdre de son autorité. Une telle décision serait la porte ouverte à tout et n'importe quoi. Lors d'incidents ultérieurs, chaque gouvernement se fendrait d'un passe-droit, arguant: «Pourquoi un autre état s'est-il vu permettre de faire selon sa volonté, et pas nous? Nous ne devrions pas, nous non plus, être sanctionnés». Etc. Ce qui laisserait présager de bien rudes batailles et querelles intestines… Dans cette affaire, comme dans toutes celles qui flouent ses règlements, la CAF se doit de prendre les décisions qu'elle estime justes, tout comme il lui appartient également de savoir quelque peu nuancer son jugement quand des circonstances particulières et des facteurs humains l'exigent… Il vaut mieux parfois faire une bonne négociation qu'un bon procès. |
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