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A la fin des demi-finales, Africafoot.com a rencontré le Secrétaire Général du COCAN Bénin 2005, Bernard Hounnouvi. Dans l’entretien qui suit, l’ancien international et capitaine des Requins de l’Atlantique, mais également actuel président de l’association nationale des footballeurs béninois, nous parle des Ecureuils et des activités du COCAN dans son ensemble. |
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Africafoot.com: Comment avez-vous vécu le parcours des Ecureuils et surtout la demi-finale de ce soir ? |
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Bernard Hounnouvi: Dans l’ensemble, les Ecureuils n’ont pas démérité. C’est une équipe à féliciter et à encourager, malgré sa défaite de la demi-finale… Le match a été à la hauteur des souhaits, puisque le Bénin était à quelques minutes de la finale, mais vous savez, le football a ses règles que nous autres, nous ne maîtrisons pas…et il a fallu un peu d’inattention pour que la différence se fasse. C’est ce qui s’est passé à 7 minutes de la fin du match. La défense rêve une minute et les Egyptiens sont revenus au score souvent. L’équipe qui arrive à rattraper à ce moment là, est beaucoup plus galvanisée que l’équipe qui a marqué son but depuis le début, raison pour laquelle les Pharaons juniors se sont retrouvés complètement. Sinon, à 7 minutes de la fin, l’Egypte se voyait déjà éliminée, mais dès qu’ils ont eu cette opportunité, ils ont retrouvé une force terrible, chose qui leur a permis de tenir jusqu’à la fin des prolongations et ce qui nous a fait plaisir, c’est que les Ecureuils juniors ont résisté jusqu’à finir les 120 minutes et là, nous ne pensions pas qu’ils pouvaient le faire. Sinon, dans l’ensemble, nous avons vu de très bons matches de football, tout le public a été satisfait. Il est vrai que nous avons perdu, mais nous avons perdu dans la dignité, c’est-à-dire que les gens sont contents. On peut perdre un match, être content mais on peut gagner un match et être mécontent donc hier, c’était le cas. Nous avons perdu aux tirs au but et les tirs au but, n’importe qui peut les rater, même les grands joueurs les ratent souvent. On ne peut pas incriminer les joueurs. Mais au-delà de cette demi-finale, le Bénin est qualifié pour la phase finale de la prochaine Coupe du Monde aux Pays-Bas. |
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Africafoot.com: Justement, c’est le plus dur qui commence… |
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Bernard Hounnouvi: Oui, je dis que c’est le plus difficile, c’est à dire que nous représenterons plus un pays, mais un continent. |
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Africafoot.com: Ce qui suppose une préparation idoine ? |
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Bernard Hounnouvi: Oui. Et là, la Confédération africaine de football doit avoir son œil sur la préparation de tous ses représentants à cette phase finale du Mondial Junior néerlandais puisque c’est le football africain qui est en jeu hors du continent. La CAF doit donc avoir un œil sur la préparation de tous ces représentants, donc le plus dur commence. Il commence, et pour les dirigeants au plus haut niveau, et pour les footballeurs, encadreurs techniques, mais également pour la CAF. Sinon, si jamais vous envoyez un pays qui fera piètre prestation, on recule. Donc, il faut que nous fassions une bonne prestation pour permettre aux responsables de la Confédération africaine de football de solliciter, pourquoi pas, une cinquième place, comme le cas des Ecureuils seniors au Mondial. |
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Africafoot.com: Et le COCAN dans son ensemble sur le terrain ? Des remarques à quelques jours de la fin de la compétition ? |
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Bernard Hounnouvi: Il faut dire que c’est la toute première fois que le Bénin organise une telle manifestation. C’est sûr, il y a des ratés. Il faut le reconnaître humblement, nous avons connu quelques ratés les premiers jours, notamment au niveau de la délivrance des badges. Là, il y a eu des ratés dus en partie au fait que la plupart des délégations étrangères arrivées n’étaient pas munies de leurs photos d’identité, or il fallait qu’elles les fassent puis les déposent dans un délai qu’elles n’ont pas respecté, donc le service des accréditations était débordé. Même le nombre de journalistes locaux a largement dépassé nos attentes et il fallait donner des badges à tout le monde, sans prendre partie, et ce volet a créé énormément de problèmes, mais il a pu être géré par la suite. Du point de vue global de l’organisation, nous pouvons dire que nous sommes satisfaits, d’autant plus que toutes les délégations ont été hébergées correctement et les déplacements ont été correctement assurés, ainsi que la restauration et la sécurité. Tout s’est bien passé. Il n’y a pas eu de problème majeur. Du côté de la santé, les Samu étaient partout sur les terrains d’entraînement, les hôtels, les stades de compétition. Les matches ont commencé régulièrement aux heures indiquées. Il n’y a pas eu de perturbations sur le calendrier élaboré par la Caf avec le comité d’organisation. Donc de ce point de vue, nous disons que nous sommes satisfaits. |
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Africafoot.com: Des satisfactions, mais également des déceptions ? |
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Bernard Hounnouvi: Oui, notre déception se situe au niveau de l’absence du public. Certains supporters, pour des raisons propres ou parce que l’autorité supérieure s’est déplacée et craignant les dispositifs de sécurité, ne viennent pas au stade. Après le match d’ouverture que les Ecureuils ont perdu, nous avons pensé que le public aurait fait le déplacement. Mais cette défaite a beaucoup découragé. Puis au second match contre la Côte d’Ivoire, il y a avait un peu de monde, malgré la victoire. Nous avons donc pensé que le public fera le plein lors du match Bénin-Mali, mais c’était le même constat : une illusion. Les gens n’ont pas fait le déplacement. Il en est de même pour la demi-finale. |
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Africafoot.com: Est-ce peut-être dû à une culture du football ? |
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Bernard Hounnouvi: Nous ne savons pas jusque-là ce à quoi c’est dû. Serait-ce que nous n’avons pas la culture des stades ou que les matches sont retransmis en direct à la télé ? Nous avons cassé les prix. Imaginez : pour 1000F, vous suivez deux grands matches, les demi-finales par exemple. On ne doit pas nous demander de faire les billets à 300 F voire 200 F ! Surtout une demi-finale où le plus cher revenait à 2000 F, tout cela pour que le public puisse faire le déplacement. Casser les prix et permettre à la population de venir suivre les matches, tel était notre objectif. Cela n’a pas suffit. Les matches où le Bénin ne jouait pas, c’était la catastrophe. Les stades étaient presque vides. Il va donc falloir que pour les deux matches restants (3 ème place et finale), nous fassions un travail sérieux en direction de la population, l’amenant à accompagner le mouvement dans notre pays parce que dans l’organisation d’une CAN, il n’y a pas que le football mais il y a aussi l’aspect financier, économique qui doit nous préoccuper et préoccuper également les responsables de la CAF. |
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Africafoot.com: En procédant de quelle manière ? |
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Bernard Hounnouvi: Si l’opération se solde par un déficit, un très grand déficit, cela n’encourage pas la CAF à encore se réunir dans les pays où elle n’arrive pas à faire rentrer des fonds. Donc il y a un travail de fond de préparation à faire au niveau de nos différentes populations pour que dans les pays où la CAN serait organisée, qu’on en tire les leçons pour amener les gens vers les stades… Puis, on notera également le décès de notre gardien de but, une triste et fausse note car c’était le gardien titulaire de l’équipe. Il a été agressé par des bandits. Cela lui a coûté la vie. Un gardien de but qui, on était sûr, aurait trouvé un contrat à la fin de la CAN. Il aurait étalé tous ses talents, compétences. Mais Dieu en a décidé autrement. C’est vraiment dommage… |
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Africafoot.com: Avez-vous d’autres remarques à formuler ? |
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Bernard Hounnouvi: Oui, c’est bien le public que nous remercions, parce qu’il a été discipliné. Avant la compétition, nous les avons invités à la discipline, à la tolérance, au fair-play, à l’acceptation de l’autre, car le football est un facteur de rassemblement de tout le peuple : unité, rassemblement. L’Unité Africaine passe par le football. Nous disons un grand merci aux forces de l’ordre, guides, hôtesses qui ont suivi les délégations sportives avec le respect des consignes dans la plus grande discipline. Nous remercions également la CAF, notamment le Président Issa Hayatou, qui a tenu à ce que la compétition s’organise à tout prix, au Bénin et qui nous a soutenus dans toutes les actions, aux organisations internes. Nous sommes reconnaissants à toute sa délégation et nous restons à leur disposition pour qu’ils nous aident à mieux organiser notre football et à mieux valoriser notre pays à travers les compétitions qu’elle organise dont elle voudrait bien nous confier…Merci aux dirigeants politiques et administratifs, notre chef de l’Etat, le général Mathieu Kérékou et son gouvernement (Ministre des sports) qui ont bien voulu accepter d’accompagner ce mouvement en finançant intégralement la compétition, en mettant tous les moyens à notre disposition. Il est vrai que c’est insuffisant mais c’est un effort que le gouvernement a fait, car notre président, le général Mathieu Kérékou, est très attaché à toutes les questions de la jeunesse mais malheureusement, il est limité par les moyens dont il dispose. Nous faisons partie des pays les moins avancés, mais il a su faire ce qu’il a pu et nous avons utilisé à bon escient ces moyens et je suppose que nous sommes satisfaits de l’organisation avant, pendant et après. Si quelqu’un se sent offusqué, qu’il veuille bien nous excuser pour tout ce que nous lui avons fait. Nous promettons de nous corriger, de corriger les lacunes avec les critiques objectives, constructives que cela soit entendu qu’il s’agit d’une organisation de CAN ou autres… |
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