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Tribunes Officielles et Tribunes de Presse du Stade de l’Amitié de Cotonou: Les envahisseurs sont là !

Depuis le samedi 22 janvier, jour du match Bénin-Mali, les tribunes officielles et les tribunes de presse du "Stade de l’Amitié", jusqu’ici réservées aux seuls journalistes accrédités, sont envahies par un nombre incalculable de supporters de tous bords, particulièrement béninois, comme en témoigne la couleur jaune canari de leurs tenues et couvre-chefs. Ce mouvement ne tardera d’ailleurs pas à s’amplifier au fil des matches futurs, si personne ne songe à rétablir l’ordre. Les tribunes dédiées au public n’étant pourtant remplies, loin de là, que venaient-ils donc faire dans ces tribunes de presse? L’ombre y est effectivement bien agréable, contrairement aux tribunes du public, à ciel ouvert, où règne une chaleur torride. La chose est somme toute assez compréhensible…

Il appartient donc désormais aux responsables de l’organisation et de la sécurité du Stade de l’Amitié de renforcer les contrôles à l’entrée de ces tribunes de presse. Des badges mentionnant le mot «Presse» nous ont été distribués, avec beaucoup de difficulté et une longue attente pour certains journalistes. Ces badges seraient-ils donc inutiles? Certes, ils sont contrôlés par les militaires à l’entrée du stade, mais ensuite? La sécurité est pourtant présente à l’accès et dans les travées des tribunes de presse. Qu’elle fasse son travail et nous laisse faire le nôtre! Comment faire un reportage convenable, lorsque devant vous s’agitent des supporters gesticulants et bruyants ? Il est pour nous nécessaire d’observer et d’écouter dans de bonnes conditions, pour réaliser un travail de qualité, déjà réellement difficile au vu de l’impossibilité d’obtenir une connexion Internet au Stade, dont l’accès a été "volontairement" bloqué, pour une raison que nous ignorons, par la société des télécommunications nationales, l’OPTB. Messieurs les organisateurs, nous sommes venus dans votre pays, nous en repartirons bientôt, notre opinion faite, et la partagerons avec nos concitoyens. Alors, nous vous remercions de bien vouloir faire respecter notre travail, ce qui ne sera que bénéfique pour tout le monde, surtout pour cette compétition de jeunes qui a besoin de se faire connaitre.

En plus de cela, certains journalistes égyptiens portant des badges avec la mention "Dirigeants", ne comprenaient pas pourquoi, lors d'un contrôle, on voulait les empêcher de commenter la rencontre Egypte-Maroc depuis la tribune de presse, où ils n'avaient pas leur place. Il leur suffisait pourtant simplement de se mettre en conformité avec la CAF ou le COCAN, afin d'obtenir le badge qui convenait réellement à leur fonction. Il est utile de rappeler à ces derniers que dans leur pays, dont les stades ne sont pas équipés de tribune de presse, jamais ils ne se seraient comportés de la sorte, bousculant le directeur de la communication de la CAF, Suleimanu Habuba, qui ne faisait que son travail. Pour la petite histoire, ces deux journalistes ne se sont jamais officiellement inscrits dans les délais impartis sur les listes des demandeurs d'accréditations médias, c'est sans doute pour cela qu'ils arboraient des badges de dirigeants, car faisant partie de la délégation officielle. Envoyer une demande d'accréditation est l'affaire de cinq minutes et tous les journalistes y sont tenus, sans exception aucune, serait-elle égyptienne ! Nous ne pouvons nous empêcher de constater, une fois de plus, le mépris qu'affichent souvent certains Egyptiens envers les 53 autres (excusez-nous du peu...) pays d'Afrique, on a l'impression que pour eux, n'existe que l'Egypte, dans sa suprématie, et que les autres pays de notre continent ne sont que quantité négligeable. Tout le monde le sait, le vit et le subit, sans aucune réaction... nous ne pouvions laisser passer cela. Il est important de prendre des sanctions vis à vis de certains comportements non conformes aux règlements de la CAF, mais nous constatons, à chaque fois, que l'Egypte ne respecte pas ledit règlement. Les sanctions qui leur sont alors infligées leur semblent, comble de l'ironie, totalement injustifiées.
Comment peut-on seulement imaginer qu'un journaliste puisse agresser un haut responsable de la CAF, dans l'exercice de ses fonctions, qui lui rappelle tout simplement le règlement de l'organisme qu'il représente, qui l'emploie et à qui il doit rendre compte de la qualité de son travail ? Le directeur de la communication de la CAF s'appelle Suleimanu Habuba, qu'il soit Nigérian, Camerounais, Béninois ou Egyptien, il mérite le respect du à son rang et tout manquement au règlement de la CAF (en tribune de presse ou ailleurs) par un journaliste de n'importe quel pays, relève de son autorité. Le comportement de ces deux hommes réveille en nous le souvenir d'une image choquante et fort décevante d'une scène à laquelle nous avons assité en 2002, lors de la finale de League des Champions de la CAF au Caire. Les membres de la CAF et son président, Issa Hayatou, n'ont pu ce jour-là trouver de place pour assister à leur finale, celle de leur propre compétition. C'est tout simplement incroyable. Peut-on alors parler de mépris? Nous répondrons par l'affirmative, car l'Egypte n'en est pas à son premier forfait. Notre devoir est de porter à votre connaissance les faits et rien que les faits, sur un continent où le devoir de mémoire n'existe pas, ou tout du moins tend à disparaître. Nous osons néanmoins espérer qu'à l'avenir, les Egyptiens auront davantage de considération pour les NOIRS d'Afrique, car nous sommes tous sur le même bateau, même s'ils considèrent, et ils sont bien les seuls, qu'il existe une différence de "classe". De quelle différence et de quelle classe s'agit-il d'ailleurs ? Mais au fait, ont-ils tort de le croire? Sur un bateau, il y a des classes différentes (1ère - 2ème...)? La première classe étant plus onéreuse que la première, peut-être ont-il plus payé plus cher que nous pour bénéficier d'un traitement de faveur? Il paraît que tout se monnaye... Fort heureusement, il ne s'agit là que de quelques cas isolés, tous les Egyptiens ne sont pas de la même trempe... loin de là !

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