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ENQUETE SUR L’ASSASSINAT DE YOUSSOUF SAMIOU "CAMPOS": Le D.G.P.N donne les résultats

Par Aurélien Yves Sèkpon à Cotonou

Le Directeur Général de la Police Nationale, le Commissaire Alley Abassi Ibrahim, a donné jeudi dernier (27/01/05) une conférence de presse dans les locaux de sa direction. Occasion pour lui de livrer les résultats de l’enquête sur l’assassinat du gardien des Ecureuils juniors, Samiou Youssouf dit Campos. Les résultats de l’enquête sur l’assassinat de Samiou Youssouf dit Campos ont été révélés lors de cette conférence de presse. Six personnes ont été arrêtées au total, dont les trois meurtriers. Le gardien des Ecureuils juniors a succombé des coups et blessures portés sur la partie vitale de son corps par des malfrats spécialisés dans le vol de portables.

La version des faits du côté de la police

Au lendemain du match Bénin # Nigeria (0-3) et plus précisément dans la nuit du dimanche 16 janvier 2005, peu après 21 heures, le nommé Youssou Samiou dit Campos, gardien de but de l’équipe nationale de football junior du Bénin, a quitté, à l’insu de ses coéquipiers et de l’encadrement technique, l’hôtel Eldorado où toute l’équipe béninoise est logée et s’est dirigé vers la plage. Il a emprunté un couloir situé entre l’hôtel Alédjo et l’hôtel Eldorado. Il s’est fait raccompagner par une amie d’infortune qui l’attendait dans cette zone obscure. C’est à cet endroit que des bandits, de jeunes malfrats organisés et spécialisés dans les agressions de plage et dans les vols de téléphones portables ont profité de l’obscurité pour s’attaquer par derrière aux deux amis. Après avoir tenté d’assener un coup de machette à l’homme qui a subitement riposté, les agresseurs n’ont plus alors hésité à se ruer ensemble sur lui pour lui porter des coups à des parties vitales, à la tête et au visage. La victime, Campos, s’est écroulée et ils ont réussi à le neutraliser. Ils ont ainsi pu lui soustraire deux téléphones portables et ils ont porté des coups sur la jeune fille, qui s’est enfuie immédiatement en évitant de justesse la hargne des agresseurs qui, dans leur réplique précipitée, ont abandonné la victime baignant dans son sang, sur la plage déserte et obscure. Alertés du drame par la jeune fille, les gendarmes de garde à l’intérieur de l’hôtel, appuyés par la patrouille de police du secteur qui a été immédiatement appelée, ont pu réquisitionner un véhicule pour transporter la victime gravement blessée à la Clinique Boni d’Akpakpa. Transféré en urgence au CNHU Hubert Maga pour des soins, Youssouf Samiou dit Campos décède le 17 janvier 2005 peu avant 11 heures.

Enquête et résultats de la police

Depuis la nuit de cette infraction grave ayant entraîné la mort de Campos, la police nationale a ouvert une enquête contre X. Les recherches ont été orientées spécialement dans les milieux des plages et des pistes de vol de téléphones portables se sont révélées très sérieuses. Ainsi, les objets volés ont été retrouvés et des personnes suspectées ont été interpellées pour fin d’enquête. Les opérations menées avec diligence par la police avec le soutien du parquet à conduire l’interpellation et à l’arrestation de 6 personnes, dont les 3 meurtriers, ainsi que les objets appartenant au défunt, à savoir les téléphones portables et les sandalettes. Ainsi donc la participation et la responsabilité de ces malfrats apparaissent définitivement effectives dans le drame survenu à Campos et sa copine le 16 janvier. En faisant le rapprochement et le recoupement de tous les faits, la police confirme que les informations étaient vraiment fondées. Par ailleurs, les résultats de l’enquête révèlent que l’amie de Campos n’est pas mêlée au drame. Elle est par contre une des victimes.

Mises au point

Le directeur général de la police nationale n’a pas manqué de mettre en cause certaines allégations selon lesquelles l’agression de Youssouf Samiou est soit la conséquence d’une quelconque rivalité entre le nord et le sud, soit l’issue dramatique d’un règlement de compte entre les clubs ou entre joueurs, ou un acte de vengeance de supporters béninois fanatiques, déboussolés par la qualité du premier match livré le joueur. Campos n’est pas non plus tombé dans un piège à lui tendu par une femme quelconque. Les deux amis se connaissaient depuis et ils se téléphonaient fréquemment. Campos n’est ni l’objet d’un sacrifice humain afin que le Bénin, pays vodoun, puisse gagner la Coupe. La vérité, c’est peut-être un coup de destin : Campos et son amie se sont retrouvés au mauvais endroit, au mauvais moment. «Toute personne se trouvant dans ces circonstances aurait subi le même sort», a conclu le commissaire Alley Abassi Ibrahim.

 

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