Exclusif Archives
Serge DEVEZE (sélectionneur national des Ecureuils Juniors): «Nous voulons aujourd’hui prendre notre revanche face au Nigeria, en finale»
Africafoot.com: Enfin deux jours de repose, après un dur labeur, qui vous a menés à la qualification pour la Coupe du Monde et à la demi-finale de cette CAN junior.

Serge Devèze: Avec toute cette pression et tous les problèmes que nous avons subis pendant cette compétition, nous en avions bien besoin. Nous nous sommes accordés un jour complet de récupération, puis avons à nouveau travaillé ce matin. L’état d’esprit des joueurs sera déterminant pour la suite du tournoi. Les garçons ne veulent pas lâcher le morceau, car ils sont près du but. Après avoir perdu le premier match contre le Nigeria, nous avons retrouvé nos esprits et nous voulons aujourd’hui prendre notre revanche face au Nigeria en finale.

Africafoot.com: La confiance règne donc au sein des Ecureuils…Pour aborder une compétition de ce genre, une équipe est composée de 18 joueurs. Au fil du tournoi, il faut surveiller la santé et la forme des joueurs. Qu’en dit votre médecin ?
Serge Devèze: Nous n’avons pas eu de réels problèmes de blessures, en dehors de Florent Raïmy qui sera, je pense, rétabli pour le match de mercredi. Avant la Coupe d'Afrique des Nations juniors, nous avions fait un stage de préparation au Ghana, où nous avions joué cinq matches d’affilée en trois jours. Nous sommes donc prêts à affronter ce genre de situation. Avec du travail et un peu de chance, nous espérons aller jusqu’au bout, car les garçons le méritent.
Africafoot.com: Nous avons élaboré les statistiques du premier match du Bénin contre le Nigeria, vous en avez certainement fait autant. Quel bilan avez-vous dressé de cette rencontre ?
Serge Devèze: Les garçons appréhendaient l’événement. Les trois quarts d’entre eux n’ont jamais joué devant autant de public. Le Président de la République était présent, l’enjeu était de taille. Nous avons eu beaucoup d’occasions durant le match, que nous aurions peut-être pu concrétiser si nous avions été moins tendus. De plus, l’expérience de l’équipe nigériane leur a été profitable. Le Mali en a fait les frais également. Il faut maintenant s’attendre aux mêmes problèmes en Coupe du Monde. Mais cela fait partie de l’apprentissage des jeunes, qui seront appelés à jouer plus tard en sélection nationale. Toutefois, ils ont bien redressé la barre lors du second match, malgré une pression plus forte, mais différente. La perte de leur camarade a su également les motiver.
Africafoot.com: Vous avez donc bien envie de retrouver le Nigeria en finale…pour remettre les pendules à l’heure !
Serge Devèze: Après le premier match, nous nous sommes tous réunis. Campos était encore parmi nous. Nous en avons conclu que nous n’avions pas été à la hauteur de notre vraie valeur. Le seul moyen d’y remédier est donc de nous retrouver face à eux en finale. Mes sentiments actuels sont fait de joie et de mélancolie. La vie d’un enfant ne vaut pas une victoire sportive. Le sport continue, certes, mais ces garçons n’oublieront jamais. Je déplore ce qui s'est passé, j'espère que la police retrouvera les coupables et les présentera au peuple. Ils méritent une humiliation pour que cela serve d'exemple.
Africafoot.com: Lors de votre prochain match, vous serez face à une équipe égyptienne, qui n’est pas vraiment expérimentée, mais qui a sa propre façon de jouer. Quelle interprétation faites-vous de cette équipe égyptienne ?
Serge Devèze: J’ai visionné trois de leurs matches. Contre l’Angola ou le Maroc, cette équipe ne prend pas beaucoup de risques, elle attend son adversaire, qui possède de très bons joueurs de contre, mais dont la défense me paraît un peu perméable. A nous de jouer en fonction de ces paramètres, d’être attentifs, et surtout de jouer à l’africaine. Si nous jouons à l’européenne, nous rencontrerons des problèmes. Gardons donc notre état d’esprit, comme contre la Côte d’Ivoire, en étant toujours attentifs, surtout en défense, pour ne pas leur laisser le champ libre. Les Egyptiens ont de bons joueurs, mais ils subiront la pression du public et de l’adversaire. Nous espérons qu’ils ne supporteront pas tout cela. Ils semblent assez fatigués, alors que nous avons bien récupéré. A nous de montrer que les stages que nous avons effectués avant la compétition ont été utiles.
Africafoot.com: L’équipe égyptienne est probablement possible à battre. A un groupe comme le vôtre, qui s’est véritablement soudé après la disparition de Campos, qu’avez-vous l’intention de dire avant ce match ?
Serge Devèze: Le plus dur est déjà fait. Nous avons atteint notre objectif. Ce n’est pas pour autant qu’il faut en oublier la compétition en cours. L’esprit de Campos plane au-dessus d’eux et ils continueront pour lui. Ce sont des garçons sérieux. Ils ont eu hier une journée de repos, malgré cela, ils se couchés à 22 heures, car ils savent qu’un match important les attend. Je suis entraîneur depuis 20 ans. Ce que nous venons de réaliser, personne ne l’avait jamais réussi auparavant. Nous sommes partis de rien et avons finalement battu des équipes qui, fondamentalement, sont meilleures que nous. Notre motivation et notre combativité ont été essentielles dans notre parcours et nous sommes ici, tout comme les autres équipes, pour remporter cette compétition. Je ne m’inquiète pas trop pour le match de mercredi, car ils seront très motivés et soutenus par le public. Nous ne répéterons pas les mêmes erreurs que lors de notre premier match, où la concentration nous a fait défaut. Une CAN dont le pays organisateur arrive en finale, c’est extraordinaire et j’espère de tout cœur que nous y parviendrons.

Réagissez...