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Marcus Moukakè : "Nous avons perdu un match mais pas la compétition."

Envoyé spécial à Tunis, Jacques Roux

 
AFRICAFOOT.COM : Marcus Moukakè, aujourd'hui c'est la défaite contre l'Espérance un but contre deux (1-2). Pensez-vous qu'on puisse compter sur le Canon de Yaoundé pour la suite de la compétition ?
Marcus Moukakè : Je pense qu'on peut compter sur le Canon de Yaoundé, vous avez vu de quoi nous pouvions être capables, malheureusement nous avons encaissé deux buts qui nous ont fait très mal. Je peux dire que je suis déçu après cette rencontre car nous avions bien posé le jeu en respectant les consignes tactiques de l'entraîneur, mais nous n'avons pas réussi à prendre les trois points de la victoire. Je savais que nous avions les moyens de bousculer cette équipe tunisienne après notre stage à Lokeren mais un relâchement en deuxième période nous a été fatal. Il faut maintenant penser à la suite de la compétition et oublier cette rencontre de Tunis qui doit aller dans les souvenirs. Vous savez, j'ai compris sur trois actions que j'avais la possibilité de prendre à défaut les défenseurs de l'Espérance de Tunis, ils n'étaient pas en jambe et ils avaient des difficultés à me retenir et parfois à revenir sur moi. J'ai donc décidé de les provoquer balle au pied pour les jauger, cela m'a permit de me retrouver dans des positions idéales pour conclure, malheureusement je n'ai réussi qu'une fois. En tout cas, nous avons perdu un match mais pas la compétition.
AFRICAFOOT.COM : Que s'est il passé lors du but que vous avez marqué ? Dans quel état d'esprit étiez-vous ?
Marcus Moukakè : J'ai accéléré en direction du gardien puis j'ai fais semblant de faire une passe à mon coéquipier pour tromper la défense tunisienne qui a d'ailleurs bien suivi le coup. Ensuite je me suis retrouvé devant l'excellent gardien de l'Espérance et tout s'est passé dans le regard que nous avons échangé et j'ai gagné. Jean Jacques est un bon gardien, il faut le reconnaître, il fait à lui tout seul, 60% de l'Espérance de Tunis, sans lui, la victoire serait la notre. J'espère qu'au match retour, il ne sera pas en forme car cela va être compliqué de lui marquer un but. Il a une bonne lecture de jeu et un bon placement, je suis content de l'avoir trompé sur ce coup car il avait remporté un duel face à moi quelque temps avant. Je peux donc dire que nous sommes à égalité de points en attendant le match retour.
AFRICAFOOT.COM : Tous les observateurs considèrent qu'après cette partie, vous êtes le meilleur joueur de la rencontre. Pensez vous avoir rempli votre mission ?
Marcus Moukakè : Le match d'aujourd'hui n'est pas essentiel, j'ai certes marqué un but mais pour les prochains, il faudrait que je fasse mieux. Je dois construire avec mes camarades une base solide qui nous permettra de faire un long voyage avec le Canon dans cette League des Champions. Nous avons tous l'envie d'aller loin, nous voulons arriver au moins en finale et nous savons que cela passe par une qualification en demi. Notre groupe est fort et nous le savons, c'est à nous de bien négocier les prochaines rencontres, je demande juste aux dirigeants de nous donner les moyens pour y arriver car des stages comme celui que nous venons de faire à Lokeren sont bénéfiques pour nous. Nous avons travaillé dans de bonnes conditions, loin de toutes les tracasseries qui nous minent le plus souvent et nous avions de bonnes installations pour nous entraîner. C'est dommage que nos terrains soient aussi mauvais, quand je vois les infrastructures de l'Espérance de Tunis, je me dis qu'il y a encore du chemin à faire au Cameroun. C'est dommage que nous soyons un champion d'Afrique sans infrastructures, je peux dire que cela n'est pas juste. Il y a quelque chose qui cloche. Après avoir joué sur des terrains de bonne facture, c'est très difficile pour nous, psychologiquement, de retrouver la réalité de chez nous, nous devrions avoir honte de l'état de nos stades qui ne donneraient envie à aucun footballeur évoluant dans l'hexagone ou même dans des pays comme la Tunisie, le Maroc, l'Egypte, de pratiquer le football. J'ai aussi entendu que le Burkina Faso avait de superbes terrains en herbe depuis qu'il a organisé la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 98). Et nous au Cameroun, nous n'avons rien, ce n'est pas juste, avec tous les efforts que font les joueurs.
AFRICAFOOT.COM : Quels sont les joueurs qui vous ont impressionné dans l'équipe de l'Espérance de Tunis ?
Marcus Moukakè : Daguy et Binyé. Je pense que s'ils continuent à travailler, ils pourront aller encore plus loin. Mais celui qui a le plus attiré mon attention, c'est Jean Jacques Tizié le gardien de but ivoirien, il est fort et j'ai beaucoup apprécié nos duels. L'Espérance de Tunis est une équipe qui a du répondant et qui permet de bien jouer au football, des adversaires comme cela font plaisir quand on les rencontre. Nous allons avoir de belles oppositions si cela continue de la sorte dans ce groupe. C'est dommage de ne pas avoir de contact avec ce genre de club pour des rencontres amicales, je crois des échanges se feront et l'on pourrait juger du niveau de chaque équipe. Nous devons nouer des contacts avec eux pour le futur, c'est important. Il faut aussi regarder du côté de l'Afrique de l'Ouest pour des échanges amicaux avant les compétitions, cela manque énormément sur le continent.
AFRICAFOOT.COM : Si je comprends bien, vous déclarez que l'Espérance de Tunis, est une bonne équipe… ?
Marcus Moukakè : Une bonne équipe est une grande équipe que l'on doit beaucoup respecter. Je ne le dis pas pour les flatter, c'est une réalité, regardez ce qu'ils ont bâti. N'importe quel footballeur camerounais serait heureux d'évoluer dans un club pareil, tout est fait pour mettre le joueur dans des conditions idéales de travail. Je ne sais pas si le reste suit, mais les installations sont bien visibles, tous les terrains d'entraînement sont éclairés, ils ont un hôtel (Hôtel du Parc), de toutes les façons, l'on sent une bonne organisation et les joueurs n'ont pas l'air de se plaindre. Et puis, ils ont un public formidable qui suit bien son équipe. Que demander de plus ? Il faut maintenant construire une grande équipe chaque saison, je crois que c'est le seul problème que les dirigeants doivent avoir car le reste n'est pas un souci pour eux. En tout cas, je les félicite.
Jacques Roux à Tunis

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