W.C. Dames - Chili 2008 Archives

Les Lionnes juniors à l’assaut des Super Falcones juniors du Nigeria

Epargnées au premier tour des éliminatoires de la Coupe du Monde junior qui aura lieu au Chili cette année, les Lionnes juniors du Cameroun croiseront la difficile formation nigériane le 6 avril prochain à Abuja. La délégation camerounaise quittera le pays le 3 avril 2008 pour Abuja, au Nigeria. La sortie de nos jeunes filles vient relancer le débat sur l’organisation du football féminin qui patine encore au Cameroun.

En stage depuis plusieurs jours à Yaoundé, sous la direction des mêmes entraîneurs, Enow Ngachu et son adjoint Bahoken Marie, les Lionnes juniors du Cameroun sont déterminées à en découdre avec des Super Falcones, qui ont toujours dominé leurs aînées. Elles sont tenues de le faire pour espérer une place sous le soleil du Mondial chilien. Pour réussir son coup, Enow Ngachu a mis l’accent sur le regroupement défensif et les contres, mais malgré les dispositions prises, rien ne sera facile pour nos jeunes pouliches qui feront leur première apparition sur la scène internationale. Toutes les joueuses convoquées pour la préparation de cette rencontre capitale ont fait le stage des seniors contre la Tanzanie, lors de la qualification pour la CAN prévue en Guinée en 2008, il y a quelques jours. Le coach Enow, qui est partout à la fois, nous a avoué que sept joueuses juniors avaient effectivement joué contre la Tanzanie, parmi les 18 convoquées en senior.Le staff technique a programmé deux séances d’entraînement par jour pendant la préparation, une en matinée contre les garçons, au stade annexe omnisports et l’autre dans l’après-midi, au stade Ahmadou Ahidjo, strictement entre les filles et leurs coaches. Apparemment, il n’y a pas grand-chose à relever dans la préparation des filles, même si les moyens alloués aux femmes sont toujours limités. Le problème de l’âge n’est pas encore à l’ordre du jour, celui des passeports qui s’est toujours posé semble être oublié, et pour une foi, il n’y a pas encore trop de grincements de dents. Après ce deuxième tour, les Camerounaises disputeront encore une rencontre qualificative, si tout se passe bien. Le match aller contre le Nigeria aura lieu à Abuja le 6 avril 2008 et le retour le 20 avril du même mois, au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé. Toutes les chances sont du côté des Camerounaises, au vu de la programmation, mais il faudrait d’abord négocier le tournant d’Abuja ce week-end.

L’organisation hésitante du football féminin.

Depuis plusieurs années, le football féminin est organisé par la commission nationale du football féminin, qui est dirigée par une présidente elle-même nommée par le président de la Fécafoot, beaucoup plus par affinité que par une quelconque compétence dans les affaires du football. La présidente de la commission travaille dans un flou artistique avec des collaborateurs directs et des présidentes de commissions provinciales. La grande présidente reçoit chaque année, à la veille des compétitions féminines, des budgets qu’elle gère à sa guise, sans rendre de comptes à qui que ce soit. Jusqu’ici, le football féminin fonctionne à travers des regroupements qui n’ont pas de sens : il y a des championnats provinciaux, puis un championnat dit national, où on rassemble en moins d’une semaine les champions des provinces à Yaoundé pour désigner le champion de la saison. Dans ces regroupements barbares avec une seule catégorie, les filles disputent deux à trois rencontres par jour, tout ceci parce que la présidente nationale ne veut pas dépenser d’argent en prolongeant le séjour des équipes prises en charge. A côté du championnat, la coupe se joue après un tirage au sort et avec des règlements qui sont toujours sujets à contestation chaque année. En attendant le renouvellement des commissions permanentes, qui sont des cellules amicales du président Iya Mohammed, c’est madame Rose Nyobé qui bénéficie encore des grâces du président de la Fécafoot, et qui dit à qui veut l’entendre qu’elle reste et demeure présidente de la commission nationale du football féminin, tant que son prince Iya est en place. C’est tout dire!

Iya Mohammed déjà en campagne.

Après les balbutiements et l’abandon du football des jupes et robes, où le phénomène du lesbianisme est déjà un fait établi, la fédération camerounaise de football a pensé, lors de son assemblée générale du 29 mars dernier, à mettre enfin en place un championnat national de première division de football féminin, un championnat national de deuxième division de football féminin, avec de nouveaux règlements, dont celui de la coupe du Cameroun de football féminin. En adoptant ces textes le week-end passé, une fois de plus, la fédération procède par tâtonnement pour trouver la formule qu’il lui faut dans l’organisation de ses compétitions. Mais on sait qu’elle est la championne des innovations éphémères. Le championnat de D1 par poule, les championnats à 20 et en une poule de 18, les inters poules pour l’accession en D1 et le championnat de D2 par province ont été expérimentés sans succès. Aujourd’hui, la D2 régionale, la super D2 et les inters poules ont disparu. En D1, le championnat est passé à 16 et on prétend à Tsinga qu’il sera ramené à 14 en 2009, pour rattraper les standards internationaux. On attend maintenant de voir jusqu’où iront les réformes du football féminin et à partir de quand elles prendront corps. Mais toute l’agitation observée à la Fécafoot prélude déjà les élections prévues dans cette association l’an prochain, Iya Mohammed prépare déjà son terrain, mais comment ? En tâtonnant…


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2/04/08