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Coupes
d’Afrique des clubs : Le Football, qui s’en soucie ?
Par Faouzi Mahjoub |
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on
du continent ont droit à un dessert de goût : les finales
des Coupes d’Afrique des clubs. La dernière en date, disputée
le 13 décembre au stade international du Caire devant 70 000 fanatiques
et une pléthore de ministres égyptiens, qui a opposé
Nadi Ezzamalek, quadruple vainqueur de la Coupe des champions (1984, 1986,
1993 et 1996) au Raja de Casablanca, triple champion (1989, 1997 et 1999)
a accouché d’une souris. Elle s’est caractérisée
par une indicible médiocrité dans le jeu et par des excès
de toutes sortes : agressivité incontrôlée, brutalités,
simulations
répétées …, plongeant dans l’inconfort
un arbitre (le Libyen Abdulkarim Shelmani) hésitant et frileux.
Un tir lointain expédié, en désespoir de cause par
le demi cairote Thamer Abdelhamid et dévié dans sa cage
pour le gardien "Rajaoui" Chadli décida de l’issue
d’une bataille remportée par le club local (1-0). Et comme
s’il fallait boire le calice jusqu’à la lie, la "cérémonie"
de la remise du trophée donna lieu à une monstrueuse pagaille
; un annonceur asiatique eut le culot de "squatter" le podium
et d’accrocher un message publicitaire juste au-dessus de la tête
du président de la CAF, bien esseulé au milieu d’un
bataillon de dignitaires, de dirigeants et d’intrus. Dérive
impensable en finale de Ligue de champions d’Europe, mais passons… |
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fut
loin d’être à la hauteur de l’enjeu sportif dont
personne d’ailleurs ne semblait se soucier. Nadi Ezzamalek a "joué"
uniquement pour s’emparer de la grosse galette désormais
offerte au vainqueur : un million de dollars (environ 655 millions FCFA).
Son couronnement (qui, n’en déplaise aux supporters de Nadi
al Ahly, en fait le club le plus titré du continent) procède
d’une logique : celle du pognon. |
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bs
et notamment la Ligue des champions, les équipes font assaut de
médiocrité, alors que la valeur individuelle des joueurs
africains n’a jamais été aussi cotée. Il n’est
pas excessif de dire que dans ce domaine essentiel qu’est la qualité
du jeu, la différence qui sépare les équipes gagnantes
(souvent nord-africaines) des plus mal classées est infime. La
raison de ce nivellement est évidente : sur le plan collectif,
sur le plan tactique, toutes les équipes pratiquent - à
quelques nuances près – le même système souvent
copié sur un modèle européen (4-3-3, 3-5-2 ou 5-5-1).
Il n’est pas étonnant que le spectacle soit d’une désolante
uniformité, puisque les adversaires en présence utilisent
la même tactique et que le sort des matchs se joue le plus souvent
sur une erreur accidentelle (le but de Thamer) ou un exploit individuel
explicable par l’ambiance. |
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![]() Parce qu’il y a des différences dans la somme des valeurs individuelles ? C’est vrai pour des formations faibles. C’est vrai aussi parce que les clubs nord-africains conservent leurs meilleurs éléments (Ezzamalek a un effectif à 100% égyptien) et en recrutent d’autres ailleurs (cf. l’Espérance de Tunis) et que les clubs subsahariens, hauts de moyens, ne peuvent pas s’opposer à l’exode de leurs talents. C’est faux pour la plus grande partie des engagés dans les compétitions inter-clubs comme l’Asante Kotoko de Kumasi, l’ASEC d’Abidjan, le TP Mazembe, la Jeanne d’Arc de Dakar, les Kaiser Chiefs, Orlando Pirates ou le F.C. Sundown… Qu’est-il donc arrivé, par exemple, à la Jeanne d’Arc de Dakar et à Ezzamalek pour connaître des sorts si différents ? Quel est aujourd’hui le facteur qui départage des équipes ,
similaires sur le plan tactique et de valeur à peu près
identique sur les plans technique et physique ? Ce facteur est psychologique
et se nomme confiance ou manque de confiance. Il explique les "séries
noires" de la majorité et les "séries roses"
des "happy few". Mais dans le football nivelé d’aujourd’hui,
d’où naît la confiance ? De la conscience acquise par
les joueurs de la valeur de leur équipe, valeur qui se manifesterait
par une supériorité écrasante dans la qualité
de son jeu (que sont les fringants Académiciens de Jean-Marc Guillou
devenus depuis leur démonstration de février 1999) ? Cette
explication est exclue puisque la qualité du jeu est uniforme.
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es
pour acquérir les joueurs, les rémunérer et les récompenser.
Dirigeants, entraîneurs, supporters et médias sont convaincus,
comme tout le milieu du football, que l’argent est le facteur déterminant
du succès. Pas d’argent, pas de confiance ! Et sans vouloir
sous-estimer l’efficacité des clubs nord-africains, la valeur
de leurs individualités, le niveau de leur encadrement, comment
ne pas constater que la confiance qui est la leur depuis cinq ans, repose
d’abord sur les millions de dollars, de livres, de dinars ou de
dirhams que leurs dirigeants récoltent par diverses voies et mettent
à leur disposition. Et comment ne pas ajouter que cette base est
assez fragile pour nous inciter à nous extasier devant des équipes
qui dans le domaine essentiel du football n’apportent rien de plus
que leurs rivaux ? A l’exemple de l’Espérance de Tunis
qui se flatte d’avoir l’un des plus gros budgets du continent
mais qui n’est pas parvenue, depuis 1997, à remporter la
Ligue des champions, échouant par deux fois en finale en 1999 et
2000. La vérité du terrain est heureusement là pour
remettre les choses au point. |
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Mobutu
à Lubumbashi et Mohammed V à Casablanca….La responsabilité
de la dégradation des aires de jeu incombe à l’autorité
de tutelle, aux responsables des fédérations et des clubs.
Et disons-le : il y sans doute plus terrains gazonnés valables
en Ile-de-France que dans toute l’Afrique occidentale ou l’Afrique
équatoriale ! A l’issue de la demi-finale de la Ligue des
champions Raja -ASEC disputée dans un véritable bourbier
et remportée par des "Raja oui"
qui ont fourni des efforts physiques stupéfiants, certains confrères
nous rétorquèrent que le terrain était le même
pour les deux équipes. Curieuse justice qui oublie le principal
intéressé : le football. Cette réponse prouve combien
ses auteurs ont peu de considération pour le football et le jeu.
Tout technicien averti doit refuser de jouer sur des terrains …impraticables,
c’est une attitude légitime. Les organisateurs des compétitions
inter-clubs ont pour obligation de protéger le jeu et de veiller
à l’état des terrains et au pire à sanctionner
les clubs ne respectant pas un cahier des charges. Une bonne pelouse =
le respect du jeu. Mais qui s’en soucie? |
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| Faouzi Mahjoub | |
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