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Dombolo, Election à la CAF, Lions Indomptables…. Un air de déjà entendu, une impression de déjà vécu.
"L'avenir a ceci de fâcheux, qu'il est arrivé avant que nous ayons eu le temps de nous y préparer."

Par Jacques Tidji


"L'avenir a ceci de fâcheux, qu'il est arrivé avant que nous ayons eu le temps de nous y préparer". Ce n’est pas une nouveauté ! La Coupe des Confédérations a lieu dans quelques jours. Mais, le représentant africain, le Cameroun, fidèle à sa réputation, semble atermoyer et improviser. Quels Lions Indomptables pour cette compétition, dont on sait depuis des mois qu’elle aura lieu à cette période de l’année? C’est le black out du côté de la fédération camerounaise de football. A la rédaction d’Africafoot, nous nous mobilisons, en cohérence avec notre esprit fondateur, pour assurer la meilleure couverture possible de cette compétition de niveau mondial qui se déroulera en France du mercredi 18 au dimanche 29 juin prochain. Rappelons qu’elle marque le retour d’une des grandes nations africaines de football sur la scène internationale, le Cameroun, qui, on l’espère représentera dignement le continent, malgré ses éternels problèmes d’organisation interne. La condition première dépend de la préparation de cette compétition. Les nombreux supporters espèrent ne plus revivre les scènes épiques qui ont précédé la Coupe du Monde 2002. Il suffit pour s’en inquiéter, d’observer les tergiversations d’un staff technique, en convalescence, avec une direction administrative en coma dépassé, et une presse nationale, toujours au bord de l’hystérie. « On finit toujours pas récolter les fruits de ce qu’on a semé ». Nous espérons que, pour une fois, les responsables camerounais à tous les niveaux auront pris la pleine mesure de la situation et les dispositions nécessaires pour éloigner les Lions Indomptables, des tentations habituelles, que sont la gente féminine, les finances et le Dombolo…
Koffi Olomidé et Calixte Beyala
Ah ! Le Dombolo, parlons-en ! La musique et le football font décidément bon ménage. La dernière livraison de l’artiste congolais Koffi Olomidé, que publie le label "Next Music", dégage, il est vrai une belle énergie, à chœurs vivants et de support mélodique acceptable. Mais, globalement elle a un goût de réchauffé, avec une intonation parfois, de déjà entendue à l’image des Lions Indomptable dont on attend toujours le rajeunissement des effectifs. Le verbe créateur, la parole performative d’hier semblent avoir laissé la place à une série de litanie sans fondement musical, frisant le griotisme : "toi Eto’o, toi Mboma, Rigobert Song etc…" peut-on entendre au détour d’un refrain mille fois repris ! L’idée de l’auteur était certainement de reconstituer un tandem efficace avec un Quartier Latin nouvelle vague, avec le secret espoir que la vivacité des mots réveille l’inspiration mélodique et la voix d’antan, en offrant un raffinement musical, qui sorte les chansons de l’ornière du Dombolo classique, rythme usé, dont on a abusé. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. C’est une expérience musicale peu passionnante, pour une fois.
A l’exception de la chanson d’ouverture du Cd numéro 2, "Inch’Allah", on a bien du mal à retrouver le Koffi qu’on aime, plein de surprise et d’animations originales. Un double opuscule cohérent, mais, moyen, au regard de deux décennies de succès ; décevant à l’aune des pépites du passé. Sur fond de reprise engourdie, la gravité acide de la voix d’Olomidé se joue d’un plaidoyer en lingala, qui se veut équilibré entre dérision de la concurrence aphone, et conviction affichée d’être le numéro un. Koffi semble n’avoir rien perdu de son sens de la formule, disions-nous : "toi Eto’o, toi Mboma, toi, Rigobert Song…" De vous à moi, le reste n’a malheureusement pas la même verve. A notre avis, les épreuves de la vie, la stagnation artistique, le poids des rides font planer une impression diffuse de tonalité crépusculaire d’un artiste qui a vécu. La suite est une véritable sieste mélodique, la même rumba lancinante, monotone, insipide, rétrograde et anachronique. Avec un finish qui rappelle curieusement la mélodie désormais célèbre de 1er Gaou, la chanson culte de nos amis de Magic System. Bref, ce double album est loin d’être à ranger au rayon de bonnes surprises de l’année. Quelqu’un faisait remarquer, "c’est tout de même curieux, que, chez Koffi Olomidé , il n’y ait jamais de femmes à la partie vocale!" On ne résiste pas à l’envie de lui répondre, mi-cynique, mi-ironique : "chez Koffi, les femmes sont bonnes pour tourner les reins dans les vidéo-clips. Tiens, serait-il misogyne ? Depuis le temps que nous le connaissons, cela ne nous était jamais venu à l’esprit de lui poser la question!" Cela rappelle le rôle peu gratifiant de la femme africaine, dans le dernier roman de la Camerounaise Calixte Beyala, "femme nue, femme africaine," présenté comme une œuvre "d’érudition érotique," qui n’est en fait que le catalogue des frustrations de l’auteur qui gagnerait à se faire psychanalyser au lieu d’étaler ses tares existentielles sur la place publique au nom de la femme africaine. L’inanité et la volatilité des glorioles télévisuelles feront, nous l’espérons, oublier rapidement, cette parenthèse sans gloire de la littérature africaine. Inch ‘Allah ! Comme le dirait Koffi dans l’un des titre-phares, de son double album "Affaire d’Etat".
Khadafi Junior et Ismaïl Bhamjee
Oui, Inch’Allah comme l’auto-proclamation officieuse du fils Khadafi qui voudrait briguer le poste de président de la CAF, qui est aussi une "affaire d’Etat." Au renoncement pépère, le fils du Guide Suprême semble préférer l’ambition continentale. Mais, à observer son parcours sinueux, nous avons le sentiment, que, son ambition, aussi légitime fut-elle, devrait reposer au panthéon de l’ineptie et des gags de l’année. Familier en absurdité, abonné au rayon du ridicule, le fils Khadafi est un jeune homme sec, un peu pressé qui dépense son argent en investissement de prestige. Pressé d’arriver, pressé de faire entendre sa voix, celle de son pays, la Libye. Il a indiscutablement beaucoup d’énergie, mais elle n’est canalisée, ni portée par un projet lisible, cohérent. Des idées singulières, passionnées, mais qui portent la marque de la déception et de la dépression. Manifestement, c’est quelqu’un qui doit s’ennuyer et cherche à s’occuper en occupant l’espace médiatique. De vous à moi, sa candidature anecdotique, malgré le soutien financier, qu’on devine aisément colossal de son géniteur, ne mériterait pas qu’on s’y attarde. En revanche, celle du milliardaire botswanais Ismaïl Bhamjee, membre du comité exécutif de la CAF, semble cristalliser la scission et le malaise récents observés au sein de la famille du football africain, à l’occasion de l’élection au poste de président de la FIFA. Il est vrai qu’ils sont nombreux, ceux qui militent pour la pluralité des candidatures et le respect des opinions fussent-elles dérangeantes. Pour notre part, nous avons du mal, dans cette affaire, à percevoir le rôle que joue l’Afrique du Sud, candidate officielle à l’organisation de la Coupe du Monde 2010, soutenue ouvertement par Issa Hayatou, président en exercice de la CAF.
Issa Hayatou et la CAF
Lequel Hayatou, président sortant de la vénérable instance africaine, vient d’annoncer sa candidature pour un cinquième mandat consécutif, lors d’une conférence de presse à Yaoundé, la capitale de son pays d’origine. Les trocs de bons procédés fleurissent depuis lors. Soyons lucides ! Le fait n’est pas passé inaperçu. On aura remarqué au passage que l’élection manquée au poste de président de la Fifa a causé des dommages collatéraux durables au sein de la famille du football africain. Les opinions du continent autour du football ont subi distorsions et déloyautés à cause de la prise de position de leurs dirigeants en faveur de l’adversaire du candidat africain, Blatter, qui n’a pas manqué de distribuer des subsides ici et là. Pis, la calomnie reprend ses airs de toujours avec l’aide des éditorialistes de tout bord pour tisser ses rets indémêlables. Heureusement, la distance naturelle d’Hayatou, au demeurant, homme discret par culture, affable par nature, ne corrode jamais ce qui fait sa force : une connaissance incontestable du football africain et mondial. Il a toujours avoué sa croyance absolue dans le pouvoir salvateur du travail collégial. Et, les observateurs lui en savent gré.
Au regard de la concurrence déclarée ou non, Hayatou part avec un avantage incontestable : le large panorama de ses réalisations au niveau de l’organisation, de l’économie, de la politique du football africain qui s’est hissé depuis une décennie au niveau des meilleurs. Nous ne reviendrons pas sur le contexte dommageable dans lequel s’est déroulé la dernière élection à la tête de la FIFA. Mais, nous ne résistons pas à la tentation de rappeler que le candidat Hayatou, avait fait de la lutte contre la corruption, son cheval de bataille. Avant son arrivée à la tête de la CAF, la corruption morale s’était appropriée des organes internes de cette instance, sans un examen préalable. Aujourd’hui à la CAF, on parle d’éthique et de partage de valeurs. Une action réformiste qui s’est accompagnée d’une harmonisation du calendrier des compétitions du football africain. D’aucuns, à l'image de l'Indien Botswanais, Ismaïl Bhamjee, ont ouvertement accusé le président Hayatou de "diviser la famille du football". Sa récente tournée à travers le continent a apporté la preuve, s’il en était, que les efforts de son équipe équitablement répartis sur l’ensemble du continent commencent irrémédiablement à porter leurs fruits. Sa notoriété et sa légitimité en sortent grandies. Adoubé par la presse, confirmé par les quatre dernières élections brillamment emportées à la tête de la Fifa, Hayatou se présente comme le candidat de la continuité et du consensus. Il s’agit désormais pour lui, d’ancrer son action dans la durée tout en évitant de déborder les limites de temps et d’espace. Et, pendant ce temps, on continuera à danser le Dombolo, le pétrole continuera à couler en Libye, et le "Cameroun restera toujours le Cameroun".
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