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Candidature de ISSA HAYATOU à la Présidence de la FIFA : Ne Ratons pas le Train de L'Histoire

Par Marcel Amoko


Le 29 mai prochain à Séoul, en Corée du Sud, l'Afrique du Football a rendez-vous avec l'histoire. Ce jour là, l'on saura, si après le ghanéen Kofi Annan, qui dirige l'Organisation des Nations Unies, un autre fils de ce continent, je veux parler du camerounais Issa Hayatou, peut prendre les rênes de l'une des institutions les plus puissantes de la planète, la FIFA, (Fédération Internationale de Football Association), sorte d'ONU du Sport en plus populaire. Nous ne nous attarderons pas sur les compétences du Président de la CAF, (Confédération Africaine de Football), qui la dirige de main de maître depuis 1988. Sa candidature qui bénéficie du soutien de plusieurs fédérations continentales (Europe, Asie...etc) et de celui de nombreux dirigeants du Football Mondial qui le côtoient depuis plusieurs années au sein des instances dirigeantes du football de notre planète, en est l'illustration la plus flagrante.
Non, ce qui est en jeu ici c'est la crédibilité de tout un continent, face à un choix historique. l'Afrique peut-elle, pour une fois faire bloc derrière un de ses fils? Les derniers évènements ne nous incitent malheureusement guère à l'optimisme. Issa Hayatou est camerounais on l'a dit, mais les attaques les plus virulentes contre sa candidature, sont venues de ses propres compatriotes. Commençons par les vieilles gloires du Football Camerounais, que sont Joseph Antoine Bell, et Roger Milla. Le premier parle d'une candidature "inopportune et opportuniste". Quand au second, il se complait dans une soi-disante neutralité qui ne trompe personne. Puisqu'il s'agit de football, nous nous bornerons à relever que l'attitude de ces deux personnages s'apparente à celle d'un joueur, qui s'évertuerait à marquer volontairement contre son propre camp.Heureusement que les joueurs ne disposent pas du droit de vote, mais l'effet psychologique et médiatique de ces prises de position est tout simplement désastreux.
Toujours à propos du Cameroun, les autorités politiques ont certes, par la voix du ministre de la jeunesse et des sports, celle du ministre de la culture - qui a assuré au candidat Hayatou du soutien de Monsieur Paul Biya -, et dans une moindre mesure, celle du président de la Fédération Camerounaise de Football, ont apporté leur ''soutien total" à Issa Hayatou, mais l'on aurait aimé entendre le Président de la République Paul Biya sur ce sujet. Or jusqu'à présent, (à notre connaissance du moins), il n'a pas trouvé du temps pour recevoir le Président de la CAF, question de témoigner du soutien de la nation camerounaise à un de ses fils, et encore moins pour faire une déclaration officielle dans ce sens. Espérons que ces manquements sont passagers, et que toutes les personnes concernées reviendrons à de meilleurs sentiments le plus rapidement possible, car le temps presse et nous avons besoin de savoir... Que dire alors du soutien de Basile Boli, Georges Weah, Abedi Pelé ou encore David Mayebi (Vice-Président de la FECAFOOT) à l'adversaire de Issa Hayatou, le Suisse Joseph Sepp Blatter? Simplement qu'il relève d'une vision obtuse des choses et (ou) d'intérêts bassement personnels et matériels, qui n'honorent pas leurs auteurs.
Quant à la récente réunion de 23 fédérations organisées récemment en Libye, un pays qui se gargarise pourtant d'être à l'avant-garde de l'Union Africaine, avec pour objectif
d'apporter leur soutien à la candidature de Sepp Blatter, il vaut mieux en rire. Il est temps, et même grand temps que nous autres africains comprenions que notre destin ne se résume pas à tendre éternellement la main, et à courber l'échine. Nous pouvons, et nous devons nous aussi, influer sur le cours de l'histoire, et chaque occasion manquée pour faire entendre notre voix, est un échec collectif.
La candidature de Issa Hayatou à la présidence de la FIFA, est l'un de ces moments d'histoire que nous n'avons pas le droit de rater, alors de grâce, que toutes les brebis égarées reviennent au bercail, et qu'ensemble nous nous dressions comme un seul
homme derrière "notre" candidat". Il y va de notre honneur, de notre fierté
et de notre crédibilité à tous.
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