| Evoquons d'abord le " lâchage
"de certaines" stars" du football africain (Abedi Ayew
Pelé, Goerge Opong Weah, Basile Boli, Roger Albert Milla
)
qui déclament à l'envi leur soutien à Joseph Blatter.
Un mot nous vient à l'esprit : absurde ! Mais, tout bien réfléchi,
connaissant les limites criardes de ces personnages, qu'on présente
comme des personnalités charismatiques, nous aurions tendance à
nous dédire en ajoutant : il y a finalement du sens dans l'absurde.
Ces gens-là ne maîtrisent aucun sujet et n'ont finalement
pour seul mérite que d'avoir su "taper dans un ballon".
C'est ce qui a fait leur charme furtif au plus fort de leur carrière.
C'est ce qui les rendait irrésistibles à bien des égards.
Hélas, aujourd'hui, ils se veulent intelligibles, mais sont désespérément
exotiques et pittoresques. Opportunistes, prévaricateurs, "affamés",
leur choix qui n'engage par ailleurs que leur ego est une imposture au
bon sens. Ils se trompent d'adversaire. Ils marquent en fait contre leur
camp. Pour des anciens footballeurs, c'est un comble ! Nous sommes ahuris
par la bêtise et la mégalomanie des uns, et choqués
par l'opportunisme sournois des autres. |
| Mais, au-delà du burlesque et de l'incongruité
de leur choix, ils nous livrent un regard éhonté sur les
profils emblématiques de notre époque, si perfide, si iconoclaste
et perverse, mais ô combien "matérialiste" ! Et,
cela le sieur Blatter le sait et a compris comment fonctionnent les Africains,
du moins certains Africains, prompts à "trahir" les leurs
contre quelques subsides et promesses éphémères.
|
| Jugez donc ! Des pays à l'instar
du Liberia, du Ghana, du Lesotho, de la Zambie et du Mozambique
ont décidé de soutenir le Suisse. D'autres nations marchandent
mezza-voce leur soutien au Président sortant de la FIFA, sans trop
le déclarer. Nous disons, c'est leur droit. Mais, nous objectons
: ils se trompent de combat. Pis, ils sont en retard d'une guerre. Ils
sont dans une quête inlassable : apprivoiser le matériel
à travers des compromissions. Ce tableau sombre peut provoquer
le mépris, peut-être l'ire, mais peut opportunément
nourrir l'intelligence et éveiller les consciences. A cet égard,
il est urgent de soutenir le candidat Hayatou face à la défection
des "siens". Il est temps de battre le rappel des troupes. |
Parlons des réalisations de
l'un et l'autre candidats. Commençons par Issa Hayatou. Nous pouvons
citer, sans être exhaustifs :
Le projet "
Meridien " qui consiste en un parrainage structurel et conjoncturel
par un pays européen d'une fédération nationale africaine,
fruit d'une coopération rondement menée entre la CAF et
l'UEFA, dont le Président, Lennart Johansson est fervent défenseur
de l'Afrique sportive.
La qualification
de cinq représentants africains en Coupe du Monde.
La création
et la réussite incontestable de la Champions League de la CAF:
succès sportif et financier.
La modernisation
de manière générale des structures manageriales de
la CAF.
Le succès
sans cesse grandissant de la CAN qui a cessé d'être une manifestation
confidentielle, pour accéder au rang d'événement
planétaire. Tous les observateurs l'ont constaté à
la CAN 2002 au Mali. " Un petit pays " qui a su relever un énorme
défi en organisant avec des modestes moyens une compétition
d'exception.
La libération
sans condition des footballeurs africains évoluant dans les championnats
étrangers pour cause de compétition internationale.
L'émergence
du football féminin
La compétitivité
indéniable des sélections de jeunes au niveau mondial
|
| Venons-en à Blatter. Qu'a-t-il
en réalité fait pour le continent ? Silence, on tourne !
On nous rebat les oreilles avec le fameux "Programme Goal" qui
est en fait une compilation de vieux projets qui concerne tous les cinq
continents, financé par les deniers de la FIFA. Les pays bénéficiaires
de ce programme se recrutent "curieusement" parmi ceux qui ont
déclaré leur soutien au candidat suisse. Que dire ? C'est
encore un électorat floué et cocufié. Aujourd'hui,
il promet la Coupe du Monde 2010 à l'Afrique ! Pourquoi ne l'a-t-il
fait pour l'édition 2006, "offerte" à l'Allemagne
? |
| Nous, à Africafoot.Com, nous
nous insurgeons haut et fort contre cette manière de faire. Notre
choix ne souffre d'aucune ambiguïté, nous soutenons la candidature
africaine, en l'occurrence celle de Issa Hayatou. Notre plaidoyer est
sans concession : il n'est pas négociable. Les enjeux sont multiples
: sportifs, politiques, culturels et
historiques. Nous en avons
conscience et en appelons à la raison des pays africains. |
| Et pour cause. A nos yeux, Hayatou,
c'est une certaine vision du football africain. Le verbe haut, pétillant,
capiteux, mais curieusement délicat et ambré, l'homme repose
son action sur le dialogue, l'écoute, le compromis sans compromission.
C'est un homme de devoir et d'action qui a su faire avancer l'Afrique
du football, même si elle n'a pas encore atteint la notoriété
à laquelle elle peut objectivement prétendre. Nonobstant,
cette Afrique-là au moins a acquis aujourd'hui au fil des compétitions
une respectabilité certaine. Certains rêvent sous d'autres
cieux de faire de la fragrance, évanescente et fugace de ce football,
leur propriété ! Un football dont l'essence fleure l'instinct
et l'instinct ne s'apprivoise pas. Cela, Hayatou l'a compris. Il a contribué
à l'imposer en y ajoutant une dose de professionnalisme, mais surtout
en impulsant l'émergence de structures capables d'assurer son évolution
vers plus de compétitivité. Bref, un football sans complexe
aucun. |
| En tous les cas, qu'il gagne ou qu'il
échoue, Hayatou aura marqué un grand coup et contribué
à équilibrer les forces dans le " macrocosme "
du football en se présentant à l'investiture de la FIFA.
Cela, Blatter, qui gère cette instance avec les attributs successoraux
légués par "son géniteur" João Havelange,
l'a deviné et il use sans compter de ses arguments habituels :
des projets, des promesses, des postes
pour demeurer. Nous ne sous-estimons
pas ses forces, loin s'en faut! Elles sont réelles, voire certaines.
En s'appuyant sur une maîtrise sans concession de la machine FIFA,
un système bien huilé et savamment entretenu depuis des
lustres, il peut prétendre avoir l'avantage sur son adversaire
Hayatou. |
| Face à ce constat, nous disons
: ne nous trompons pas de combat. Il s'agit de l'Afrique dans sa dimension
globale qui est interpellée à travers l'un de ses dignes
fils. L'enjeu premier : "poser des nouvelles perspectives pour ramener
la sérénité et la stabilité au sein de la
FIFA". Vaste programme. Alors, ne nous trompons pas d'adversaire.
Mieux, ne nous trompons pas "d'ennemi". Unissons-nous pour faire
gagner notre candidat, le candidat de la CAF, de l'UEFA et de l'AFC réunies. |
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