Hier. |
Au lendemain de Mali 2002 , l’une des plus brillantes épreuves
de Coupe d’Afrique des Nations de Football, nous écrivions
: «les lampions se sont éteint lentement tels des lucioles
s’évanouissant au lointain dans la pénombre bamakoise.
Les clameurs du public se sont tues. Le silence si lourd est devenu bruyant
et assourdissant. L’espace d’un moment, on croit avoir rêvé.
Tellement la fête fut intense». Nous continuions : «Pour
combattre cette sensation pesante de nostalgie, on erre dans les rues
devenues désertes. Parfois, on reconnaît les vestiges de
cette invraisemblable frénésie qui s’est emparée
pendant plus d’un mois de tout un pays. On s’arrête
pour discuter avec les uns, on ressasse des souvenirs qui paraissent étrangement
si lointains, avec les autres. Quelques détails anecdotiques surgissent
au détour d’une conversation.» Après la
Coupe du Monde de Football 2002, en Corée et au Japon, nous avons
écrit : «Merci le Sénégal ».
Avant cela, rappelons-nous, quelques jours avant le rendez-vous asiatique,
nous nous engagions en ces termes: «Les vents de la rumeur chuchotant
les histoires les plus folles ont fini par révéler certaines
liaisons et dérives dangereuses au sein de la FIFA. Le temps passant,
inexorable et imperturbable a fini par apporter son lot de faits les uns
plus confondants et accablants que les autres. C'est désormais
de notoriété publique, dame corruption habite la maison
FIFA en compagnie d'un impotent, le clientélisme et d'une grande
absente, la transparence dont le spectre hante les couloirs et les recoins
de l'instance du football mondial. L'équipe si omnipotente et omnisciente
de Blatter a fini par se rendre compte qu'il y a péril en la demeure.
Les faits sont têtus et les témoignages sans appel. On oscille
entre le désir de "vérité" et la passion
de l'ignorance comme Œdipe qui s'est aveuglé pour se punir
de son aveuglement. L'histoire a rattrapé le successeur de Joao
Havelange à la veille d'une élection capitale, celle qui
désignera le prochain président qui dirigera la planète
football: Sepp Blatter ou Issa Hayatou ! Le Suisse y joue sa survie, le
Camerounais, son avenir. »Nous le savions, derrière ce «
grand massif, doué d’une apparence de condotierre, [qui]
offrait une bonhomie souriante que rien ne semblait entamer ». |
Et
maintenant ? |
Après l’élection fatidique au poste de président
de la vénérable FIFA, cette momerie des temps modernes,
Blatter, « épigone de soi-même » plébiscité
grâce aux subsides distribués ou promis ici et là,
trône toujours dans le fauteuil de gourou du football mondial. Force
est de constater que malgré l’agitation médiatique,
malgré les volets de bois vert, malgré tout le bruit qui
a été fait au sujet de la gestion du Suisse, la vitesse
de rotation de la planète n’a pas été modifiée.
On se surprend même à constater que le ballon du football
est toujours aussi rond et Blatter, toujours président de la FIFA.
Et Hayatou dans tout ça ? Il demeure président de la CAF.
Pour combien de temps encore ? Seul l’avenir nous le dira. Quel
contraste saisissant tout de même, entre le destin tumultueux de
Blatter et la tolérance, proche de la naïveté qui caractérise
son adversaire d’hier ! Qu’importe, la saison est repartie,
avec elle, de nouvelles aventures. |
Et,
AFRICAFOOT ? |
Africafoot, fidèle à sa ligne éditoriale, indépendante,
résolument panafricaine, irréversiblement combattive , définitivement
progressiste, cette saison encore, sera présent partout où
l’Afrique du football est engagée. Consciente des enjeux
que représente ce sport, cette industrie aujourd’hui, notre
rédaction peut rassurer les sceptiques. A travers le réseau
de tous nos correspondants et chroniqueurs, nous resterons fidèles
à nous-mêmes : informer, interroger, proposer. Cette saison
encore, davantage qu’hier, nous serons sur tous les fronts auprès
des footballeurs africains sans exclusive. Nous avons conscience de ce
que cela signifie : plus de disponibilité, plus de moyens, plus
de célérité. Il nous arrive d’avoir des passes
d’armes avec quelques irréductibles, mais c’est toujours
à fleuret moucheté. C’est aussi cela le sport. Nous
en profitons d’ailleurs pour remercier tous ceux qui croient en
nous et ils sont de plus en plus nombreux. Notre bilan plaide pour nous.
Nous plaçons l’avenir sous le signe de la crédibilité.
Notre motivation étant de vous informer... Soyez des nôtres
! |
Retrouvez
les éditos précédents  |