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CAN 2002 : Tant Qu'il Existera des Footballeurs Africains …

Par Jacques Roux

Le défenseur ghanéen du Bayern de Munich, Osei Kuffour, le défenseur marocain de Fulham, Roumani Ouaddou Abdesllam et l'attaquant congolais de Monaco, Shabani Nonda ont quitté mercredi dernier (23/01/02), le Mali et la Coupe d'Afrique des Nations. Osei Kuffour et Roumani Abdesllam ont été exclus par leurs fédérations pour indiscipline. Le premier refusait de porter les mêmes équipements sponsorisés que ses coéquipiers, le second pour avoir semble-t-il blessé volontairement un de ses partenaires lors d'une séance d'entraînement. Le troisième Shabani Nonda, a déserté l'équipe à la suite d'un désaccord avec le staff médical qu'il voulait soudoyer pour rejoindre Monaco.


Quels que soient les motifs de ces départs précipités, ils sont condamnables. Tout comme sont condamnables les décisions arbitraires que certains dirigeants prennent par incompétence ou autoritarisme. Le port du maillot national est un devoir sacré. Il représente cette terre que l'on doit bénir, cette frontière que l'on doit protéger, ce drapeau que l'on doit respecter … Des valeurs qui ne doivent pas disparaître surtout en ce temps de Mondialisation de la planète. Ces trois joueurs stars adulées dans leur pays et dans le continent sont plus populaires que certains chefs d'Etat. Ils sont le rêve au quotidien de millions d'enfants dont le football reste une des voies pour combattre la misère. Kuffour, Ouaddou, Nonda sont les enfants d'hier qui avaient comme stars les Salif Keita, Laurent Pokou, Roger Milla, Rabah Madjer … Il est inconcevable de couper court au rêve que caresse le bambin de Bamako, Mopti, Sikasso, Segou ou de Kayes.
Cette coupe d'Afrique des Nations qu'ils ont quittée a une Histoire qui leur est peut être inconnue parce que l'on veut que notre continent à défaut de perdre son âme, perde sa mémoire sportive. La compétition a été conçue à travers son instance, la Confédération Africaine de Football (CAF), pour unir toute la terre d'Afrique et faire oublier, l'espace d'un mois, les problèmes idéologique, ethnique, religieux qui la divisaient… Parallèlement, dans les sphères internationales de la balle ronde, des dirigeants dévoués et sincères s'impliquaient inlassablement au fil des ans pour obtenir le même statut que ceux des autres continents. Comme par exemple le nombre d'équipes participantes à la Coupe du Monde.
La présence des joueurs professionnels à la Coupe d'Afrique des Nations est devenue un droit malgré les obstacles et menaces dressés par les clubs professionnels (Certains joueurs comme Bassir et Fahmy (Maroc), Olufadé (Togo) ont été placés sur la liste des transferts par Lille). Et les départs de Kuffour, Ouaddou, Nonda ne peuvent qu'écorcher l'image des équipes nationales et ne manqueront pas d'être exploités par ceux là même qui les emploient. Mais, la Coupe d'Afrique des Nations qui est à sa 23 ème édition a connu bien des épreuves. Et elle survivra toujours et encore tant qu'il existera des footballeurs professionnels qui n'hésiteront pas à braver le courroux de leurs clubs pour apporter de la joie au grand village africain. Quant aux autres, qu'ils prennent garde de ne pas perdre leurs âmes. La carrière d'un footballeur est tellement courte et il va falloir revenir sur terre, leur terre qui n'est autre que cet Afrique qu'ils ont balayé d'un revers de la main. Messieurs, n'oubliez jamais d'où vous venez, et surtout qui vous étiez avant d'obtenir le statut qu'est le vôtre aujourd'hui.
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