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Un
quatuor dissonant
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Tous les quatre -certes, il y en a d'autres- ont en commun d'avoir
changé d'équipe technique en pleine phase éliminatoire à la fois de
la Coupe du Monde et de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2002. Recherche
de plus d'efficacité ou manifestation politique visant une certaine
" coloration " de l'équipe étendard de la nation ? A cette question
les deux pays du continent champions olympiques répondent par une prime
aux services rendus : le Cameroun "sacre" Jean-Paul Akono, le Nigeria
encense Jo Bonfrere. Le Ghana et l'Algérie tergiversent entre recherche
de stabilité et volonté de rebondir dans la cour des grands.
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Le
Cameroun : c'est bon mais
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Jean-Paul Akono est cet entraîneur fils du pays qui remporte les
Jeux Olympiques d'été 2000 en Australie. Dans la logique d'une nation
reconnaissance, le destin des Lions Indomptables lui est confié. Remplaçant
ainsi le Français Pierre Lechantre, lui-même vainqueur de la Coupe d'Afrique
des Nations de la même année. Lechantre est " promu malgré lui " au
poste de Directeur Technique National. Il n'en demandait pas tant et
se bat toujours, semble-t-il, pour reprendre sa place au banc technique.
Quel actif pour Akono en terme de résultats ? Plutôt probant : le pays
est à la porte du mondial asiatique, menant son groupe avec douze points.
Mais les Camerounais à force de s'estimer " indomptables " ne veulent
plus simplement des victoires, ils exigent " de la manière ". Le ( mal
) heureux Jean-Paul Akono depuis sa prise en main des " Lions " ne fait
que gagner d'un ou au trop de deux buts à zéro. " Insuffisant ! " clament
les supporters qui demandent " sa tête " ! Exigeants à l'extrême pour
faire comprendre que le football est un jeu avec lequel on ne joue pas
au Cameroun. Exigeants avec l'équipe nationale, passifs à la limite
amorphe avec le championnat local, ils inondent Internet et la presse
spécialisée d'arguments démontrant l'incapacité de Jean-Paul Akono à
conduire l'équipe nationale. Rappelons qu'il n'a subi aucune défaite:
le football à deux vitesses dicte ici sa loi pernicieuse et joint à
celle-ci une dénivellation des opinions qui roulent bien en dessous
de la ceinture souvent, pour répondre au jeu des intérêts partisans.
Non seulement Akono gagne " petitement ", mais en plus au sein de l'équipe
nationale elle-même, des voix se font entendre qui seraient prêtes à
jouer sans s'encombrer les services d'un entraîneur. A quelle logique
obéissent ces illuminés ? Marc Vivien Foé (Lyon D1-France) n'en pense
pas moins devant les caméras : " Le Cameroun peut aujourd'hui s'en sortir
valablement sans entraîneur ". On en est là avant même d'avoir atteint
les demi-finales d'une Coupe du Monde. A quelle fièvre succomberont
le sens de la mesure et le respect des règles du jeu, si cela devait
se faire ? Dans l'intervalle, les jours d'Akono seraient comptés…
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Le
Nigeria : promesse non tenue
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Comme
le Cameroun qu'il a pour voisin et challenger sur tous les plans, le
Nigeria a lui aussi ses petits diables : après avoir auréolé le Néerlandais
Jo Bonfrere de toute sa confiance, il l'amène à la démission pour résultats
insuffisants et promesses non tenues. Le Nigeria est troisième avec
sept points dans une poule (Coupe du Monde) où le Liberia de George
Weah mène les hostilités. Bonfrere vainqueur des J.O d'Atlanta en 1996
sort par la petite porte au lendemain du match contre la Sierra Leone
- le 21 avril-qu'il perd zéro but contre un. Amodu Shaibu, Stephen Keshi
et Joe Erico, " les trois mousquetaires " locaux depuis longtemps à
l'affût, héritent grassement du dossier " Super Eagles ". Il va s'agir
pour ce collectif national de prouver que son équipe peut remonter la
pente et s'offrir une autre qualification en phase finale de Coupe du
Monde. Mais ces trois anciens adjoints de Bonfrere avaient déjà montré
leur incapacité à travailler ensemble pendant et après les Jeux Olympiques
de Sydney. Leur attitude antisportive ponctuée de querelles viles -entre
autres raisons- avait contraint les autorités politiques à créer une
commission d'évaluation des responsabilités des uns et des autres face
à la déconfiture des juniors nigérians en Australie. Keshi et les siens
ont-ils entre-temps mûri ? Se sont-ils assagis ? Peuvent-ils faire mieux
que Jo dans le laps de temps qui leur reste ? En tout cas les fils du
Nigeria sont aux commandes, le Blanc est parti.
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Le
Ghana : ambitions sans conviction
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Le Ghana lui, las de toujours chercher son chemin depuis quelques
années, avait vu en Cecil Jones Attequayefio le guide vers un peu d'espoir.
Lui-même nous avait confié son ambition d'être parmi les grands d'Afrique
en Coupe du monde à venir. La barre qu'il s'est fixée bien haut vient
de retomber sur sa tête. Il a été remercié et laisse le Ghana quatrième
d'un groupe où le Nigeria, la Sierra Leone, mais surtout le Liberia
et le Soudan affichent les mêmes appétits avec plus de réalisations
cette fois. Rendu à ce niveau -quatrième journée pour le Ghana- que
peut Osam Duodu, le talentueux septuagénaire qui avait en 1978 remporté
la Coupe d'Afrique des Nations et qui vient comme pour replâtrer les
lacunes de l'équipe de Cecil Jones ? Peut-il encore amener le pays d'Abedi
Pelé sur les plus hauts sommets ? Le Ghana attend son sauveur.
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L'Algérie
: trop de forces contraires
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Les sauveurs et les hauts sommets, les " Fennecs " d'Algérie n'en
rêvent plus. Depuis qu'ils se sont départis d'une bonne philosophie
de victoire qui mette en émulation les jeunes locaux et expatriés.
A l'image du pays tout entier, déchiré depuis 1992 par un contexte
social extrêmement sanglant, le Onze algérien recherche sa voix en
se privant des talents qui auraient concouru à une meilleure image
de son football, en remerciant à tour de bras les divers encadreurs
souvent appelés à grand renfort de publicité, sans s'assurer que leur
talent pèse du même poids que le bien qu'on en dit. Résultat : l'Algérie
marque le pas sur place. Passons sur une longue énumération à raison
d'un entraîneur " tous les trois mois " et ce depuis une dizaine d'année.
Le dernier en date, c'est Abdelghani Adjaoui. Sommé de faire sa valise.
Son remplaçant ? L'inénarrable Rabah Madjer. Malheureusement lui aussi
se fait attendre. L'homme aurait encore des obligations contractuelles
au Qatar et ne peut débarquer à Alger qu'entre mi-mai et mi-juin.
En l'attendant donc, les décideurs ont fait large place à Abdelhamid
Kermali. Et le pauvre, qu'est-ce qu'il en prend dans les filets !
Les " Fennecs " sont quatrième " avec quatre points au bas d'une échelle
de valeur où le Sénégal et le Maroc culminent avec neuf points chacun.
Rabah Madjer ? " Rien n'y ferra : tout le monde sait son talent. Mais
ces gens-là ne le laisseront pas travailler ", nous confiait encore
Lakhdar Adjali ex-attaquant des " Fennecs ". Comme lui, d'autres talents
jurent par Allah, qu'ils ne mettront jamais plus les pieds à l'équipe
nationale. " Trop de forces négatives se battent pour traîner l'Algérie
sportive au fond de l'oubli définitif ". Ils ne veulent pas y prendre
part, ils ne veulent plus y porter caution en donnant de leur temps
et de leur sueur à une nation peu reconnaissante.
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Gagner,
gagner, même au prix de se mentir à soi-même
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Ainsi va l'Afrique. Sur ses devants de force conquérante qui
exige davantage de respect devant les instances internationales (CAF,FIFA),
elle charrie d'énormes contradictions, véritables forces d'inertie.
Lasses de devoir un jour disparaître, ces forces d'inertie ne contribuent
pas moins au discrédit des seuls véritables acteurs que sont les joueurs.
Traités au rabais dans les grands clubs européens, ils traînent l'image
de moins que rien malgré leur immense talents. "Nous
lui avons donné la chance de s'en sortir en jouant chez nous " commente
sous cape un président de club français à propos d'un buteur camerounais.
Si quelque chose devrait changer sur ce regard condescendant des européens
sur les joueurs africains, l'impulsion partirait d'Afrique. Mais l'Afrique
a ses priorités. Même dénoncées par les mêmes joueurs qui ne cessent
de demander une gestion transparente des fédérations; un respect-culte
de la chose sportive ; une modernisation des structures et une politique
de relève par la formation désintéressée des jeunes en priorité pour
renforcer la qualité des championnats locaux, rien n'y fait. Car en
face de ces exigences, un énorme mur à deux étages : celui des supporters
qui demandent des victoires sans jamais forcer la main aux décideurs
qui détiennent les moyens de ces victoires; ensuite celui des décideurs
qui, loin d'être dupes, reconnaissent que le football est une mine
d'argent. Mais une mine qui ne doit profiter qu'à une poignée maintenue
hors de l'aire de jeu, en toute impunité. De tous ces dirigeants donc,
peu à ce jour sont honnêtes et crédibles. Et ils ont dans leur sillage,
des scandales en tous genres dont les moins surprenants restent ces
valises d'argent destiné aux joueurs
et qui disparaissent sans laisser de trace. Comment pouvoir gagner
dans ces conditions, sans se mentir à soi-même ? Comment pouvoir bâtir
le chemin des sommets sans un assainissement rigoureux de tous ces
cadres qui, agglutinés autour des joueurs avec un statut de fonctionnaires
professionnels qui paient des entraîneurs professionnels et mettent
paradoxalement toutes les barrières pour empêcher la mise en place
d'une professionnalisation des championnats locaux ! Mis à part les
pays du Maghreb et l'intéressant cas sud-africain. A ces quelques
moindres exceptions près, l'Afrique, quoi qu'on se dise, refuse le
développement de son football. Rien que ça !
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