| EDITO - NEWS |
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Un
entraîneur frustré par un ministre inconséquent
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Bernard Simondi. Français. 47 ans. Quinze ans de professionnalisme en tant que joueur en France, dont huit ans en première division (Laval, Tours, Saint-Etienne) et sept en D2 (Toulon). Après cette carrière de joueur bien remplie, ce natif de Toulon embrasse celle d'entraîneur et prend en charge l'encadrement du centre de formation de l'AS Saint-Etienne. Une saison et demi, puis c'est le grand saut vers l'extérieur : l'Arabie Saoudite. Il a en main Al Nacer (D1) pendant un moment, mais est obligé, pour des raisons personnelles, de revenir en France. Aux côtés de Rolland Courbis, il entraîne la formation de sa ville natale, Toulon (D1) en 1990-1991. De Toulon qui essuie une série de contre-performances, il arrive à Grenoble (D2) qu'il quitte aussi quelques mois plus tard au terme d'un imbroglio administratif interne qui dessaisit Grenoble de sa deuxième division. Créteil (banlieue parisienne) lui ouvre ses portes avec pour mission de booster les performances de ce club de la Nationale Une et de le faire monter en deuxième division. Mission qu'il remplit à la perfection. |
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Un
homme d'expérience
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| Mais une fois de plus son destin va changer. Alors même qu'il savoure encore les joies de la montée de ses jeunes poulains en D2, il est contacté par Salifou Camara, président de la Fédération Guinéenne de Football (FGF) en juin 2000. La Guinée est à la recherche d'une valeur sûre capable de mener le Syli National (nom de baptême de son équipe nationale) vers le sommet des deux compétitions dont la préparation secoue tous les états majors des équipes nationales d'Afrique: la Coupe du Monde 2002 et la Coupe d'Afrique des Nations (Mali 2002) de la même année. Saisissant l'opportunité qui lui est offerte, et après avoir défini le profil du poste et la fonction qu'il devait occuper avec son employeur, Bernard Simondi s'envole pour Conakry et y entame son double travail de Directeur Technique National et d'Entraîneur Sélectionneur. Première mission: faire l'état des lieux des compétences. Les footballeurs guinéens sont disséminés un peu partout à travers les cinq continents. Il faut aller les voir sur place, les sensibiliser, les amener à rejoindre le onze national pour les deux échéances somme toute nobles. Le tour de l'Afrique est fait en quelques jours, suivent l'Europe et le reste du monde. |
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Des
résultats palpables
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| Du retour de ce long périple, Bernard Simondi fait son rapport, et pense avoir constitué l'équipe qu'il faut pour une Guinée qui gagne. Il a raison. Dès les premiers matches, les résultats suivent. Ils sont honorables. Mais coup de théâtre: le 29 janvier 2001, M. Abdelkader Sangaré, ministre des sports au gouvernement guinéen décide de dissoudre l'équipe de Salifou Camara qui l'a engagé comme entraîneur. Un acte qui compromet tout le travail commencé par le technicien français. Cela au moins pour deux raisons. La première -nous l'avons soulignée dans notre dernier éditorial: l'ingérence du ministre des sports dans le fonctionnement interne de cette association sportive autonome, devra inévitablement appeler de vives réactions de la Fédération Internationale de Football (FIFA), le garant s'il en est, du respect des engagements des pays membres quand à l'indépendance des associations. Ces réactions prévisibles sanctionneront inexorablement l'exclusion de la Guinée de toutes les compétitions internationales supervisées de près ou de loin par la FIFA. |
| Deuxième raison : l'acte du ministre aura constitué un véritable travail de sape tant dans le moral des joueurs que dans celui de l'équipe technique du Syli National. Car en effet, quelle tactique peut se mettre en place si personne ne sait en quels termes est écrit l'avenir immédiat de l'équipe nationale? Quelle motivation peut encore habiter les différents joueurs s'ils ignorent ce que deviendront les efforts qu'ils n'ont cessé de déployer depuis des mois? En fait cette dissolution a définitivement appelé à une démobilisation psychologique de tous les véritables acteurs du football de ce pays. Irons-nous rappeler qu'au moment de la dissolution de la Fédération Guinéenne de Football (FGF), le Syli National menait la danse - pour ce qui est des éliminatoires Zone Afrique de la Coupe du Monde- en tête de sa poule avec sept points devant les Bafana Bafana Boys d'Afrique du Sud? Qu'il se classait second en tête de liste des équipes possiblement qualifiées pour la Coupe d'Afrique des Nations qui se jouera au Mali en janvier prochain? |
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Un
entraîneur déboussolé
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| De passage en France où il venait annuler tous les rendez-vous liés à l'organisation d'un tournoi amical entre la Guinée et une série de clubs professionnels européens en vue de sa préparation des éliminatoires de la Coupe du Monde, nous avons pu mesurer l'ampleur du mal que vivait le coach Bernard Simondi. L'homme que nous rencontrons est autant surpris que désorienté. L'entraîneur national de Guinée paraît déboussolé face au devenir incertain d'une formation du Syli National dont les automatismes se sont mis en route dès le premier match avec lui. Il nous a paru indécis quant à son propre avenir dans un pays où les hommes politiques ont décidé de ne plus considérer le football comme un jeu obéissant à ses propres règles. Mais comme un pantin politique serti d'intrigues et de basses manuvres. Avec Simondi, nous avons voulu en savoir davantage sur le fonctionnement des instances sportives au pays de Abdoulaye "Titi" Camara, le virevoltant attaquant de West-Ham (D1anglaise). En quelles lettres écrire - à moyen terme- l'avenir du football en République de Guinée ? A la question de savoir si les accusations du ministre Sangaré qualifiant la FGF de " laxisme, de manque de résultats et de mauvais encadrement " justifiaient un acte aussi grave, Simondi répond sans détour que le sort et fonctionnement de la Fédération guinéenne n'a jamais statutairement dépendu que des élus seuls qui la composent. |
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La
Guinée entre le marteau et l'enclume
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Ce point de vue tombe à pic au moment où la FIFA (26 février) donne enfin son ultimatum tant attendu à la Guinée. L'organisation qui siège à Zurich (Suisse) demande à la République de Guinée de rétablir le bureau dissout de la Fédération Nationale avant au plus tard le 3 mars 2001(Minuit). C'est-à-dire : d'annuler le nouveau bureau qui vient d'être mis en place avec la bénédiction du Secrétaire général de l'ancienne équipe monsieur Ali Bangoura, reconduit dans ses fonctions. La FIFA prévoit, si ce délai n'est pas scrupuleusement respecté, d'exclure immédiatement la Guinée de la compétition en cours. Pour commencer |
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Le
dossier Guinée ayant ainsi avancé, il nous a paru impérieux
de vous proposer cet entretien avec le Sélectionneur National
de ce pays d'Afrique de l'ouest. Un échange d'idées
qui vient restituer la part de responsabilités de chacune des
parties dans cette malheureuse affaire -notamment l'ancienne équipe
de monsieur Salifou Camara, la nouvelle bénie par les
autorités politiques locales, et puis le ministre Abdelkader
Sangaré lui-même, auteur de cette cacophonie. Un
entretien qui voudrait également rappeler une fois de plus que
le seul enjeu majeur qui vaille la peine d'être resitué
hors de ce tumulte, est et demeure l'avenir de la Guinée au
sein de la grande famille du football international. La Guinée
qui devrait, au cas où tout rentrait dans l'ordre, rencontrer
son principal challenger du Groupe E qu'est l'Afrique du Sud entre le
9 et le 11 mars - dans le cadre de la cinquième journée
du deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du Monde.
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La
raison ramènera-t-elle le ministre à la seule décision
qui mérite d'être prise, c'est-à-dire rétablir
le bureau déchu dans ses droits? La raison fera-t-elle comprendre
à M. Sangaré qu'une chance est offerte à
une jeune génération de footballeurs guinéens de
marquer peut-être les esprits pendant cette Coupe du Monde 2002,
et que par son seul entêtement, cela risque de ne pas avoir lieu?
Peut-être devrait-on - comme le suggère Bernard Simondi
- en appeler à l'arbitrage du Président de la République
de Guinée, le Général Lansana Konté
en personne, pour sauver les intérêts supérieurs
de son pays en jeu ?
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Obligeons-nous
ces questions, mais laissons le choix aux décideurs de suivre
le chemin qui leur paraît le meilleur. Pour le moment je vous
convie à lire intégralement l'interview
de Bernard Simondi, un entraîneur frustré par un ministre
inconséquent.
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| Retrouvez l'édito précédent de Thierry Mouelle II |