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La guerre de sept mois vient de prendre fin au Cameroun. Cette drôle
de guerre qui opposait par partisans interposés, le Français
Pierre Lechantre au Camerounais Jean-Paul Akono. Tous deux entraîneurs
de football se battant respectivement pour reprendre et/ou conserver
les rênes de la sélection nationale: les Lions Indomptables.
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Au lendemain des victoires qu'ils ont remportées la même
année 2000 sur des terrains de jeu de grandeur et d'intérêt
différents, l'un en janvier au Nigeria, l'autre en septembre
en Australie, avec des équipes sensiblement identiques, le premier
a été dépossédé de ses attributs
d'entraîneur sélectionneur -tout en conservant son poste
de Directeur Technique National-, et le second hissé au sommet
de la hiérarchie des cadres techniciens du ballon rond, en se
voyant octroyer le destin de l'équipe senior.
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Par cet acte, le ministre de la Jeunesse et des Sports du Cameroun
qui nomme et démet les entraîneurs nationaux, venait de
créer un dramatique précédent. Il faisait sur le
même banc un frustré - le champion d'Afrique -, un joyeux
- le médaillé d'or olympique-, tout en provoquant à
dessein sur l'ensemble du pays, beaucoup de commentaires et de basses
manuvres. Un mélange hétéroclite qui finit
par obliger l'un et l'autre entraîneurs -devenus antagonistes-
de se battre officiellement pour l'honneur. C'est alors qu'on fit entrer
la presse sur l'aire de jeu, et dans son sillage des pots de vin. "
Guerre larvée chez les Lions; Le banc technique à couteaux
tirés; La sérénité fout le camp chez les
Lions; Akono ne fait pas l'affaire; Lechantre c'est qui? Lechantre avait
déjà entraîné quelle équipe avant
le Cameroun? " Des phrases mais surtout des titres qui vont rivaliser
de tonalité.
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Des
mots et des points de vue qui se voudront inaltérables, viennent
argumenter. Tous prétendront tenir le bon bout et se voudront
l'opinion même de la vérité sur une réalité
plus ou moins grave qui désormais faisait le siège de
l'une des équipes les plus performantes de l'heure en Afrique
et dans le monde. L'hydre de la division venait d'infiltrer le symbole
même de l'unité des Camerounais autour d'un idéal.
Aux sirènes de rue, l'occasion était donnée de
montrer aux yeux du monde l'autre visage des Camerounais: des intrigants.
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Au
bout de cette guerre d'usure dans laquelle les mots et les coups volèrent
bien bas, c'est Jean-Paul Akono qui finit par jeter l'éponge
le 9 mai 2000, pour, dit-il, préserver sa sécurité
et celle de sa famille. Dans la même foulée, une semaine
plus tard -le 18 mai- au terme d'une réunion -qui aurait mis
trois heures- avec les officiels politiques et sportifs du Cameroun,
Pierre Lechantre revient aux affaires avec cette fois" les pleins
pouvoirs ".
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Un camp a donc gagné. Mais a-t-on réellement identifié
le vrai perdant? Le gagnant est-il sûr d'avoir réellement
gagné dans cette affaire? Même s'il est noble de pouvoir
à cette heure féliciter celui qui, de ses propres mots,
dit devoir son retour à des "gens bien placés",
il convient immédiatement de signaler que les partisans du démissionnaire
disent ne pas vouloir se laisser faire. Autrement dit, on reprend les
mêmes belligérants et on recommence. Pour quels buts? Est-ce
toujours pour la noble cause sportive qu'on verse tant de sueur, de
salive et d'encre? J'en doute. Puisqu'il est admis que désormais
ce ne sera plus le meilleur des profils qui prendra la direction des
Lions, que tous ceux qui peuvent arriver à la tête de l'équipe
nationale camerounaise n'y devront leur place qu' "aux gens bien
placés", accordons-nous de voir demain débarquer
d'autres têtes plus anonymes que la présente.
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Entraîner
les Lions devient donc une victoire en soi. Qu'en sera-t-il des vrais
victoires que tout le monde attend de l'équipe sur la pelouse?
Ne se trompe-t-on pas d'objectif ? Puisque tout semble indiquer que
si rien n'est fait pour corriger les travers qui se sont érigés
en méthode et valeur, le bilan des compétences, la somme
des victoires déjà mis sous le boisseau aujourd'hui, ne
seront plus parmi les critères d'étude du dossier et de
la signature des contrats avec les entraîneurs.
Les réseaux. Les Lobbies. La manipulation de la presse.
Les parti-pris. Seront alors définitivement les maîtres-mots
du nouvel ordre sportif camerounais. Une chose sera certaine cependant
les Lions ne gagneront plus. 
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